‹ Manreze du pretreChapitre 242 sur 297 · Galat · texte numérisé non relu

Galat

communier à Celui qui est à la fois l'ami de tous les hommes et la source de toutes les vertus. Quel secours et quelle consolation, dans les détresses de l'âme, que cette invocation : Cor Jesu sacratissimum ! ora pro nobis. Le Sacré-Cœur est la sauvegarde et l'abri du monde actuel en ses suprêmes indigences; donnons-lui nos bonnes résolutions à garder.

Un saint disait : Un Dieu nous aime ! il est temps de mourir. A notre tour, concluons que puisque le Sacré- Cœur nous aime , il serait bien temps de le lui rendre. Cependant, que voyons-nous parmi les prêtres? où sont ceux qui portent un cœur battant à l'unisson de celui de Jésus? Hélas! les jours présents sont si mauvais, l'avenir est si incertain, notre ministère est si peu compris, notre âme souffre de tant de vides, comment pouvons-nous vivre sans aller nous reposer souvent dans les profondeurs bienfaisantes du Sacré- Cœur? Mais, tandis qu'il palpite pour nous au tabernacle et jusque dans nos mains, une courte adoration en sa présence nous fatigue, une oraison jaculatoire à son adresse épuise notre dévotion.

Mon Dieu! comme nous avons vite fini avec vous, tandis que nos divagations sans vous ou loin de vous ne finissent pas ! Cœur mille fois plus adorable qu'adoré, qui n'avez pas cessé un instant de battre pour moi, comme je suis effrayé du petit nombre d'heures que je vous ai consacrées! je vous confie aujourd'hui ma retraite, ma paroisse, ma vie, mon éternité, et je

m'abîme dans l'océan de votre amour, où l'enfer ne viendra jamais me chercher, parce que la tiédeur ne saurait m'y atteindre.

Ici, mon cher confrère, je vous indiquerais encore, comme pratique de préservation, la dévotion à la trèssainte Vierge, si je n'en avais déjà fait l'objet d'une instruction spéciale; mais, puisque j'ai remis une de vos mains dans la main de Marie, laissez-moi remettre l'autre dans celle de saint Joseph. Entre ces deux protecteurs de sa faiblesse, comment le prêtre pourrait-il chanceler? Joseph, dont les prières sont au Ciel ce qu'elles furent sur la terre : des commandements pour Jésus. Joseph, époux de Marie, duquel on peut dire comme du fils de Jacob : Constitua eum dominum domûs suce et principem omnis possessionis suce*; Joseph, choisi de Dieu pour dominer une créature distinguée entre toutes les autres par une conception immaculée, un enfantement virginal, une mort d'amour, une résurrection anticipée, une triomphante ascension ; Joseph , associé à la gloire de la divine paternité, puisqu'il tient, par délégation du Père éternel, ses droits sur le Verbe incarné conversant avec les hommes ; Joseph , comptant vingt-trois rois parmi ses ancêtres, et mille fois plus d'illustration encore dans le ciel que sur la terre; Joseph, qui fut, comme le prêtre, gardien de Jésus, maître de Jésus,

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