‹ Manreze du pretreChapitre 249 sur 297 · Matt · texte numérisé non relu

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précepte du sentiment le moins susceptible de commencer et de finir par ordre? Nullement; mais c'est que l'amour envers Dieu, dit la théologie, réside dans la volonté, non dans le cœur ; il n'est pas une sensibilité éphémère, il est une disposition de l'âme ; aussi la charité a été définie par l'oracle des écoles : une certaine amitié entre Dieu et l'homme. Pourquoi une amitié plutôt qu'un amour? Pour marquer qu'elle est une paisible entente plutôt qu'une passion, car l'amour, avec ses orages, n'établit pas toujours l'accord entre ceux qu'il unit, tandis que l'amitié est une parfaite conformité de deux volontés sympathiques.

Ajoutons -le, cependant, s'il est explicable que l'amour de Dieu nous soit prescrit, rien n'explique qu'il y ait eu besoin de nous le prescrire. Comprenezvous que Dieu soit le seul être obligé d'imposer l'affection qui lui est due, et capable d'accepter cette réciprocité mendiée par des prières et par des menaces ? Et quel est le père qui se contenterait d'être aimé par charité? Dans quelle autre famille pourrait-on promulguer un pareil précepte, sans faire pleurer le père et rougir les enfants? Ah ! si, à la forme de ce précepte, je reconnais le Seigneur, à la nécessité qui l'inspira, ô prêtre! je ne vous reconnais pas. Sans doute, cette loi est un hommage pour votre cœur puisqu'un Dieu le désire, mais elle est une accusation, aussi, puisqu'il a été obligé de le demander.

Nos ergo diligamus Deam quoniam ipse prior dilexit nos 1 : la conséquence est rigoureuse, parce qu'elle est moins un sacrifice du cœur que sa loi et sa pente, et parce qu'elle s'impose au nôtre comme la moralité logique de ces exercices. Voulez- vous, en effet, les résumer dans une résolution qui les renferme toutes, qui soit comme la fleur d^s semences jetées dans votre âme, et l'abrégé de tout ce sujet : Nos ergo diligamus Deum. Il y a dans le seul mot amour un charme électrique qui stimule l'attention des auditoires profanes, car rien ne captive autant les hommes que l'histoire de leur propre cœur. Eh bien 1 voici le roman sublime, que l'âme du prêtre ne doit cesser de parcourir; c'est le récit des deux amours les plus étonnants qui se soient rencontrés : celui de Dieu et celui de l'homme. Deux idées vont nous servir de jalons et de limites dans cette courte exploration d'un vaste espace : 1° combien l'amour de Dieu pour nous le fait descendre ; 2° combien notre amour pour Dieu nous fait monter.

Il y a peu d'affections , dit un moraliste célèbre, auxquelles l'amour-propre ou l'intérêt n'ajoutent quelque chose. Pour mieux subjuguer les égoïsmes de

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