‹ Manreze du pretreChapitre 252 sur 297 · la · texte numérisé non relu

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à d'idéales abnégations; alors, on voit des princes s'ennuyer de l'empire du monde et rêver la vie à deux dans un coin ignoré du désert; et, quand l'amour a tout donné, il devient ambitieux en ce sens qu'il cherche ce qu'il pourrait donner encore, car, étendant son vouloir bien au-delà de son pouvoir, il sacrifie, non-seulement tout ce qu'il a, mais tout ce qu'il sait imaginer. Remerciez Dieu, car lui aussi vous a aimé avec des transports dont le délire a scandalisé la raison du monde. Un jour, il vous aperçoit du sein de sa gloire, et il se prend à languir en mesurant la distance qui vous sépare de lui; alors, comme un enfant royal que l'amour met en fuite, il quitte la demeure de son père pour s'en venir, humble et pauvre, vivre en un même exil auprès de vous. Quand Dieu sera vu donnant la main à la nature humaine, au sein d'une patrie si indigne de lui, que se passera-t-il dans les pensées de la terre et des cieux? Les cieux se révolteront, car c'est la lointaine perspective d'un Dieu revêtu de notre chair, selon quelques docteurs, qui fit reculer les adorations superbes de Lucifer ; la terre blasphémera, et son orgueilleuse raison, en passant devant la crèche et devant la croix, branlera la tête avec un sceptique mépris : méconnu, insulté dans les profondeurs de sa pensée incomprise, Dieu n'a que ce dédommagement de l'amour quand même : Deliciœ meœ esse cum filiis hominum ' .

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