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II MANRÈZB. 28
Sans compter que, des abaissements de l'Incarnation, il se laisse tomber dans les obscurités insondables de l'Eucharistie, d'où il répond à toutes les profanations, à tous les étonnements, à toutes les ingratitudes de ce monde : Ecce ego vobiscum sum omnibus dlebus.
Ainsi, il y a une phase dans l'histoire de l'amour divin pour nous et de notre réciprocité envers Dieu, qui s'appelle la folie de la croix. Aussi, tandis que les grands hommes du paganisme s'appelèrent des sages, ceux du christianisme s'intitulent des fous : Nos stulti propter Christum*. Défions-nous donc, en mesurant les vertus que pratique notre sacerdoce, mes vénérés confrères, d'une tempérance qui pourrait bien n'être que l'exclusion de l'amour.
Enfin, voulez-vous que je vous dise la dernière démarche de [la charité divine, le terme suprême de ses condescendances? Dieu vous a aimé jusqu'à la mort. S'il est, ici-bas, un homme capable d'expirer d'affection pour une créature, nous vouons à sa mémoire un culte mélancolique et tendre; eh bien! Jésus est du nombre de ces incompris à qui l'amour a coûté la vie, et, du haut de sa croix, jetant le défi à tous les rêves, à tous les rivaux qui lui disputent votre cœur, il leur dit : Majorent charitatem nemo habet 2. Prenez, en effet, votre crucifix ; demandez-lui qui lui a