‹ Manreze du pretreChapitre 255 sur 297 · Osée · texte numérisé non relu

Osée

celui de la grâce et celui de la gloire. Mesurons l'immensité de cette succession.

La première largesse que Dieu vous octroie, dans le monde de la nature, c'est l'univers lui-même, car l'homme a été fait pour Dieu et toutes choses ont été faites pour l'homme. Comme j'aime à contempler le Seigneur, ordonnant les splendeurs de la création en pensant à vous, semblable à une mère qui prépare le berceau de son nouveau-né avant de lu donner le jour! Quelle ivresse en son cœur déjà paternel quand, suspendant le soleil au firmament, il se disait : Ce sera pour réchauffer la nudité de l'homme, pour féconder ses campagnes et pour illuminer son palais ; quand, semant les étoiles dans les plaines éthérées, il se disait : Ce sera pour servir à ses contemplations et à sa compagnie dans le silence des nuits; quand, creusant les abîmes de l'Océan, il se disait : Ce sera pour mettre sous ses yeux un tableau de mon immensité, et pour le porter d'un pôle à l'autre en le berçant; quand, soulevant les montagnes et faisant germer les premières moissons, il se disait : Ce sera pour lui fournir des ombrages, des sommets enchanteurs et sa nourriture à jamais.

Ah! comme Dieu est touchant, dans les heures qui précèdent la création de l'homme, inspectant les magnificences du monde, pour qu'elles répondent à nos besoins; puis, quand il s'est assuré que chacun de nous aura ici-bas la place d'un berceau et d'une

tombe, nous laissant tomber de ses entrailles dans cette extase de tendresse paternelle : Faciamus hominem ad imaginem et similitudinem nostrami. Hélas 1 mes vénérés confrères , après que Dieu eut achevé ce magnifique ouvrage, il s'applaudit, parce que ce qu'il avait fait était bien! Qu'il me soit permis de le contredire. Non, Seigneur! ce que vous avez fait n'est pas bien, car le monde est à nous, et nous ne sommes point à vous encore!

Mais qu'est-ce que le monde de la nature comparé à celui de la grâce, dont l'amour de Dieu nous a aussi dotés? Ici, les horizons de la rédemption se montrent à moi ; la figure adorable de l'Homme-Dieu se lève à mes regards; cieux et terre, disparaissez! magnificences de la création, cachez-vous!

Le monde de la nature, c'est l'homme introduit comme roi dans ce palais qui s'appelle l'univers; le monde de la grâce, c'est Dieu entrant comme roi dans ce palais, plus beau que l'univers, qui s'appelle l'homme. La première œuvre fut la création, ou la naissance des mondes ; la seconde, c'est l'incarnation et la transsubstantiation, qui sont la naissance de Dieu. Eh ! qu'était-ce que la lumière naturelle sortie de cette parole : Fiat lux! à côté de ces illuminations bien supérieures, que le soleil de justice a fait briller au firmament des âmes ? Que sont les merveilles des sept

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