‹ Manreze du pretreChapitre 256 sur 297 · Gen · texte numérisé non relu

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premiers jours comparées à celles des sept sacrements? et les astres jetés dans les splendeurs de l'espace comparés aux constellations de bienheureux qui peuplent le ciel de l'éternité? Quasi stellœ in perpétuas œternitates.

Non, non, Adam, par qui s'opéra la multiplication corporelle, n'était pas si beau que notre sacerdoce, source de la génération spirituelle. La première Eve, qui. fut coupable de péché, le cédait à Marie, qui fat immaculée et refuge des pécheurs. Le- paradis terrestre est moins abrité contre le mal que la sainteté de l'Église, l'homme innocent moins prodigieux que l'homme réparé, Dieu créateur moins séduisant pour le cœur de sa créature que le Dieu rédempteur. Et, cependant, vous dominez dans cet empire par la toute-puissance de votre ministère. Vous en êtes le propriétaire comme chrétien, le souverain comme prêtre, et, tandis qu'il vous faut des sueurs pour féconder la nature , il vous suffit d'un acte de votre volonté pour faire fructifier le royaume de la grâce. 0 amour de mon Dieu! comme vos générosités sont difficiles à comprendre! mais comme les ingratitudes d'un cœur sacerdotal sont moins compréhensibles encore !

Montons un échelon de plus ; nous voici au troisième domaine de votre apanage : le monde de la gloire. Je vous ai dit en quoi il consistait; n'essayons pas de mesurer par des redites les incommensurables félicités que Dieu prépare à ceux qui l'aiment : Quœ prœpa-

ravit JDeus diligentibus eum^. Seulement, n'oublions pas que si le monde de la nature et celui de la grâce font rapidement leur temps, le monde de la gloire sera éternel, et vous aurez une vague idée de l'héritage que l'amour divin vous réserve quand, sur le point d'entrer dans cette possession inamissible, vous vous retournerez une dernière fois vers les tentations de la terre en leur jetant ce défi : 0 faim, ô nudité, ô glaive, ô persécutions, ô épreuves de la vie et de la mort! jamais plus vous ne me séparerez de l'amour qui me comble de ses richesses aujourd'hui ! Quis nos separdbit a charitate Christi2.

Mon Dieu! à la vue de cette carrière que votre amour vient de parcourir, depuis les collines éternelles jusqu'à la croix, et de ces trois mondes qu'il vient de me départir, en témoignage des sentiments que je lui inspire, comme je suis honteux des disproportions de ma réciprocité ! O modèle ô juge, ô type adorable des prêtres ! je serais désespéré de mourir sans vous aimer, et je ne sais pas commencer à vivre en vous aimant 1

Tandis que Dieu s'abaisse dans l'amour qu'il nous donne, voyons comment l'homme s'élève dans celui

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