‹ Manreze du pretreChapitre 257 sur 297 · Rom · texte numérisé non relu

Rom

qu'il lui rend. L'Écriture nous représente la vie céleste comme une gravitation éternelle de l'âme de clartés en clartés; notre vie de charité a quelque chose de cette béatitude, car elle nous ravit, de sommets en sommets, jusqu'à des hauteurs infinies. Nous allons compter les ascensions que la charité dispose dans notre cœur : Ascensiones in corde suo disposuitK

Et, d'abord, la charité; c'est-à-dire notre amour pour Dieu, est, dans l'ordre des sentiments pieux, le plus désintéressé. Faire le bien, parce qu'il y a un paradis qui le récompense et une conscience qui le couronne par ses intimes témoignages, c'est respectable, mais égoïste et personnel. Éviter le mal et faire le bien, sans autre ressort que l'amour du bien personnifié dans le souverain bien lui-même, c'est l'idéal de la dignité humaine et de la pureté dans notre hommage religieux. Une femme pécheresse, dont la pénitence a lavé la mémoire, disait à Louis XIV : « Sire, Dieu m'est témoin que ce n'est pas le roi que j'aime en vous, mais l'homme, et je voudrais que vous fussiez le fils de votre jardinier pour avoir la possibilité de vous le prouver. » Prêtre! pardonnez-moi d'emprunter à la chronique des sentiments profanes le ressort capable de faire monter le niveau des nôtres, mais je suis honteux de voir que si peu d'entre nous sont capables d'aimer Dieu sans retour vers eux-mêmes. Sans doute, nous no

Page 1