‹ Manreze du pretreChapitre 267 sur 297 · I. Luc. 1, 78. — 2. Luc. 1, 78. — 3. Ps · texte numérisé non relu

I. Luc. 1, 78. — 2. Luc. 1, 78. — 3. Ps

N'avons -nous pas occasionné des murmures, perdu des influences, compromis peut-être notre position dans la paroisse, en négligeant certains devoirs de civilité pastorale, par incurie, par ressentiment ou par immortification ?

Avons-nous montré un front serein en face de toutes les exigences et de toutes les importunités, nous préservant à leur égard, même de ce premier froid que saint Vincent de Paul recommande de combattre en présence des pauvres, et craignant peu l'abus qu'on peut faire de notre mansuétude, en comparaison des effets que nous produirions par l'intimidation?

N'avons-nous pas violé la discrétion qui convient à un confident public, à un dépositaire juré des secrets sacramentels, en parlant et en jugeant souvent d'après nos seuls souvenirs de confession ? Ne sommes-nous pas un pasteur répandu en paroles , qui laisse déborder à flots , sur ses lèvres, les confidences d'autrui, ses jugements téméraires, et les intempérances d'un cœur toujours vide à force de s'épancher ?

Aspirons-nous à devenir un de ces prêtres distingués par le tact et la pondération de la conduite, qui tiennent charitablement les autres à leur place, sans descendre jamais au-dessous de la leur, et qui se font respecter, même par ceux qui refusent de leur obéir?

Enfin! quel sujet d'humiliation et quel renversement si, au lieu d'être serviable à nos paroissiens, nous exploitons leurs services à notre profit, exigeant qu'ils s'imposent gratuitement des sacrifices de temps et de peine corporelle pour nous, tandis que nous ne savons jamais nous déranger pour eux, au mépris de cette parole d'un serviteur sublime des âmes : Omnium me servum feci '.

0 mon Sauveur ! ô mon aimable Maître ! les vertus sociales sont la fleur, le conseil de la vertu de charité ; apprenez*

•1. Cor. 9,19.

moi à les étudier dans votre cœur d'où elles émanent 1 qu'elles deviennent la parure et le parfum de mon sacerdoce pour que je puisse vous donner tous les cœurs qu'elles me donneront, et accordez-moi de ne jamais mettre le pied dans le monde sans me poser ces questions d'après lesquelles s'orientait, en pareil cas, la conscience d'un de vos saints : An liceat, an deceat, an expédiât ?

Il ne m'est pas possible de me départir de cette règle, ô Pasteur éternel! sans oublier vos exemples et cette sagesse de votre Apôtre : Factus sum injirmis infirmus, ut infirmos lucrifacerem; omnibus omnia factus sum ut omnes faceretn salvos1.

EXEMPLE DE CE QUE PEUT SUR UN GRAND HOMME LA DOUCEUR d'un CURÉ

Notre âge se rappelle encore la célébrité dont jouissait, il y a un quart de siècle, un homme qui avait porté dans les œuvres de la chirurgie une intrépidité d'àme aussi rare que la précision de sa main. Cet homme, déjà vieux, vit entrer dans son cabinet une figure simple, grave et douce, qu'il reconnut aisément pour un curé de campagne. Après l'avoir entendu et étudié quelques instants, il lui dit d'un ton brusque, qui lui était naturel : « Monsieur le curé, avec cela on meurt. » Le curé répondit : « Monsieur le docteur, vous eussiez pu me dire la vérité avec plus de ménagement ; car bien qu'avancé dans la vie, il y a des hommes de mon âge qui craignent de mourir. Mais, en quelque manière qu'elle soit dite, la vérité est toujours précieuse, et je vous remercie de ne me l'avoir point cachée. » Puis, posant sur la table une pièce de cinq francs préparée d'avance, il ajouta : « Je suis honteux plus que je ne puis le dire de si mal témoigner ma reconnaissance à un homme comme Monsieur le docteur

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