Galat
« Diligenter adverte motus naturae et gratisc : vix a spiritual! homine discernuntur, ideo sub specie boni multi falluntur.
« Natura callida est, et se semper pro fine habet; sed gratia simpliciter ambulat, et omnia propter Deum agit, in quo et finalifer requiescit.
« Natura non vult mori, nec premi, nec superari ; gratia vero studet mortificationi propriae, sub disciplina amat teneri, atque propter Deum omnibus humiliter parata est inclin ari.
« Natura pro suo commodo laborat; gratia non quid sibi utile, sed quod multis proficiat, magis considérât.
« Natura libanter bonorem et reverentiam accipit ; gratia autem gaudet pro nomine Jesu pati contumeliam.
« Natura respicit temporalia, gaudet ad lucra terrena ; sed gratia attendit ceterna, non inhseret temporalibus, quia tbesaurum suum in cœlo constituit.
« Natura inclinât ad creaturas, libenter aliquod solatium habet externum ; gratia trahit ad Deum et ad virtutes, et in summo bono super omnia visibîlia quaerit delectari.
« Natura gaudet de amicis multis, arridet potentibns, blanditur divitibus ; gratia autem et inimicos diligit, favet magis pauperi quam diviti, compati tur plus innocenti quam potenti.
« Natura omnia ad se reflectit, gratia autem ad Deum cuncta reducit, unde originaliter émanant.
« Natura appétit scire sécréta, et nova audire, et exterius apparere-, gratia non curât nova, nec curiosa percipere, docet sensus restringere, vanam complacentiam devitare, non vult se nec sua praedicari, sed Deum in donis suis optât benedici.
« Gratia, supernaturale donum, proprie electorum signaculum, et pignus salutis seternœ, hominem de carnali splritualem efficit.
« Quanto, igitur, natura amplius vincitur, tanlo major gratia infunditur, et interior homo seeundum imaginera Dei reformatur.
« Domine Deus meus , concède mihi hanc gratiam ut vincam pessimam naturam meam, trahentem ad peccata et ad perditionem.
« 0 vere cœlestis gratia ! sine quà nihil possura facere ; nulla dona naturae sunt ponderanda; nihn artes, nihil ingenium, nihil eloquentia valent apud te, Domine.
« Gratia magistra est veritatis, doctrix disciplinée, lumen cordis, solarnen pressuras, fugatrix tristitise, nutrix devotionis, productrix lacrymarum.
« Quid sum sine ea, nisi aridum lignum, stipes inutilis ad ejiciendum ?
« Tua ergo me, Domine, gratia semper praeveniat et sequatur, mihi enim sufficit, cseteris non obtentis quse desiderat natura. » Amen. {De Imit. Christ., lib. III, c. 54.)
Comment l'homme naturel devient surnaturel.
La vie de foi fera cette transformation. Vivre de foi, c'est faire toutes ses actions dans l'union intime avec Dieu, et dans la persuasion profonde des mystères ou des dogmes que l'Église nous propose et confirme par l'autorité de Jésus- Christ. C'est agir en conséquence de tout's les croyances de la religion. Celui-là vit de foi qui, dans ce jeune enfant qu'il vient de baptiser, considère un enfant de Dieu purifié d'une grande tache, auquel le ciel vient de s'ouvrir pour lui donner une place parmi les anges. Celui-là vit de foi qui, dans le tribunal sacré de la pénitence, se tient comme un représentant de Jésus-Christ, revêtu de pouvoirs divins,
d'une autorité suprême pour lier ou délier avec sagesse. Celui-là vit de foi qui, devant le saint tabernacle, est absorbé dans l'amour en pensant aux merveilles qu'il opère. La foi lui fait dire et redire : Mon Dieu est là, mon Dieu est là sous de faibles apparences; il a daigné, à ma voix, abaisser les cieux, descendre bien bas, se faire bien petit : mais plus il s'abaisse, plus il est grand; plus il s'anéantit, plus il a de puissance et plus il est Dieu. Oui, mon Dieu est là, mon Dieu est là 1 Je l'adore, je le remercie, je l'aime, je me donne à lui.
Vivre de foi, c'est prier en esprit et en vérité ; administrer les sacrements en esprit et en vérité ; visiter les malades en esprit et en vérité, les consoler par les promesses de Jésus-Christ; catéchiser les enfants dans les sentiments de Jésus-Christ les appelant à lui, leur donnant ses bénédictions et leur promettant son royaume. Vivre de foi, c'est monter tous les jours au saint autel pour célébrer l'auguste sacrifice, comme si c'était la première messe.
Pour vivre de la vie de foi, il faut se nourrir de prière et d'oraison, aY présence de Dieu, de fréquentes élévations du cœur vers le :el, de visites au Très-Saint Sacrement, de dévotion à la très-mainte Vierge et d'examen de conscience. Sans examen de conscience, on ne vit que de la vie d'égoïsme. Dans l'examen et le retour sérieux sur soi-même se trouvent l'abnégation, le dévouement, la foi.
Au prêtre homme de foi, comme aux anges, Dieu est son élément et son aliment de chaque jour. Advienne une contrariété, une chose humiliante : il a bientôt jeté un regard sur son crucifix, et il a dit dans le fond de son cœur : Mon cœur est prêt, Seigneur, mon cœur est prêt : Paratum cor meum. Domine, paratum cor meum; paratum ad prospéra, paratum ad adversa. Et avec le saint homme Job, il est consolé en disant : Que le nom du Seigneur soit toujours béni ! 0 mon Dieu ! donnez-moi de vivre du pain de la foi, pain
nourissant, substantie!, et qui fait vivre pour l'immortalité : Quivivit et crédit in me, nonmorielurinxternum. Justus meus ex fide vivit; quod si subtraxerit se, non placebit animx mex. Domine, adauge nobis (idem.
(Souvenirs du séminaire.)
SIXIEME JOUR
Le Prêtre et Marie.
Journée du Prêtre dévot à Marie.
Durant nos oraisons, méditons-nous quelquefois l'intérieur de Marie? « Dans cette solennité, écrit le Père de Condren, nous honorons Marie en eile et en tous ses rapports, c'est-à-dire en toutes ses grandeurs et abaissements intimes ; puis, en tout ce qu'elle a été en Jésus-Christ, dans les saints au ciel, dans les âmes en la terre, et en toutes les opérations qu'elle a encore à faire dans l'Église de Dieu. »
Sommes-nous fidèles à offrir le saint sacrifice dans les intentions de la Très-Sainte Vierge, heureux d'appartenir à cetle association de prêtres qu'un saint jésuite du dixseptième siècle appelait, les chapelains de Notre-Dame , lesquels s'unissaient pour remettre le fruit de leur messe à l'auguste Reine du Ciel, « ;afin, disaient-ils, que le Fils de Dieu montât vers son Père en qualité d'hostie, par les mains très-pures de Celle dont il s'était servi pour descendre vers nous ? »
Nous tenons-nous en garde contre cette disposition un peu janséniste de certains prêtres, qni sont fatigués de
la popularité de Marie, qui craignent toujours qu'elle ne soit trop glorifiée, et qui, en s'opposant systématiquement à toutes les dévotions nouvelles en son honneur, semblent nier l'existence des révélations privées ?
D'un autre côté, n'appartenons-nous point à cette catégorie de dévots précipités qui se prononcent sur certains miracles de Marie pendant que les juges ecclésiastiques se réservent, et qui oublient que les révélations privées, tout comme la révélation générale, doivent, pour s'imposer a notre confiance, avoir des critériums de certitude dont lo premier est l'autorisation des évèques, en attendant la décision du Pape ?
Avons-nous aimé à méditer souvent les beaux témoignages de la tradition sur la distribution de toutes les grâces par le ministère de Marie ?
Sommes-nous agrégés aux confréries des deux scapulaires de Notre-Dame au Moni-Carmel et de l'immaculée- Conception, et fidèles aux pratiques nécessaires pour en gagner les indulgences !
Appartenons-nous à quelque congrégation de la sainte Vierge, et nous mettons-nous à même de recueillir les faveurs spirituelles qui y sont attachées ?
Portons-nous habituellement sur nous une médaille miraculeuse ou autre image de Marie?
Récitons-nous tous les jours le chapelet, ayant soin de méditer, pendant ce temps, sur les saints mystères pour soutenir notre attention ? Le portons-nous habituellement sur nous ? Faisons-nous cette prière avec la paroisse le jour du saint Rosaire? La rendons-nous respectable aux yeux des fidèles, en expliquant l'excellence de ses formules et la beauté de son origine ?
Après notre visite au Saint-Sacrement, sommes-nous exact à faire notre visite à la très-sainte Vierge devant l'autel qui lui est consacré ?
Avons-nous sanctifié le samedi et la veille de ses fêtes par quelques prières ou mortifications en son honneur?
Avons-nous propagé, parmi nos paroissiens, ses principales dévotions ?
N'avons-nous pas laissé tomber ou négligé de fonder des congrégations sous son vocable, afin d'éviter des inconvénients, qui sont mille fois moins déplorables que nos incuries et nos préventions intéressées à cet égard ?
Avons -nous décoré l'autel de Marie, parmi tous ceux de notre église, de manière à fixer particulièrement l'attention et à intéresser la piété publique en faveur de ce culte privilégié ?
Enfin, avons-nous célébré le mois de Marie avec pompe, faisant, à cette occasion, des frais de préparation suffisants, soit dans les ornementations, soit principalement dans notre parole, pour attirer le peuple à la cérémonie et les cœurs à la mère de Dieu ?
0 ma Souveraine ! ô ma douce Princesse ! ô sublime Régente des deux mondes de la nature et de la grâce, qu'un de vos serviteurs appelait : « La première odeur du ciel », vous êtes, après Jésus, notre première espérance de la terre ; recevez mon amende honorable de mes infidélités à votre égard.
Ici, récitez, en esprit de réparation et de consécration, la prière : O Domina mea ! ensuite nourrissez votre piété par la lecture des exemples suivants :
Comment on Pasteur peut renouveler sa paroisse par la dévotion à Marie.
Ce pasteur était entré dans une paroisse où la licence des mœurs ne connaissait pas de frein ; les crimes de ses habitants semblaient élever un cri jusqu'au ciel. Ce pasteur, avant d'entrer dans ce lieu où Satan régnait en souverain,
prit la sage précaution de placer le pasteur et le troupeau sous la puissante protection de Marie ; et il n'a pa^ tardé d'en ressentir les salutaires effets; il a vu avec consolation sa personne révérée, ses pieux discours écoutés avec une oreille attentive. Encouragé par ces heureux commencements, il a élevé sn ce lieu l'étendard de Marie; il a convoqué autour de ce signe sacré la pieuse confédération des âmes saintes, et une révolution totale s'est alors opérée dans les mœurs de ses habitants. Le sexe a revêtu les ornements de la modestie, la jeunesse a connu un frein dans ses plaisirs, les vieillards ont repassé dans l'amertume de leur cœur toutes les prévarications de leur vie ; et bientôt cette paroisse a été changée, renouvelée, saintement renversée par la nouveauté de la pénitence. Ce pasteur était navré de la douleur de voir la cabale des méchants armés contre lui, faire naître sous ses pas des obstacles sans nombre contre toutes les entreprises que lui suggérait son zète pour la gloire de Dieu et l'exaltation de son Église Toutefois, il ne pouvait désespérer d'une œuvre qu'il avait commencée après de ferventes prières, et avec je ne sais quelle assurance que l'Esprit de Dieu mettait dans son cœur, que Jésus et Marie l'avaient pour agréable ; et voilà qu'au moment où tout espoir semblait évanoui, les événements ont pris une autre face; il a vu les obstacles s'aplanir et disparaître devant lui, et un succès inattendu a surpassé ses espérances.
(Discours pour les retraites ecclésiastiques, par M. Boyer.)
Effet que produit dans la paroisse la vue d'un ai.i. de Marie bien orné par la piété du Pasteur.
Oh ! que ce moyen, mis en œuvre par les saintes industries du zèle, est efficace pour alimenter la piété envers la
Mère des mères ! Dans le temple, où préside ce pieux pasteur, s'élève un pieux oratoire sous l'invocation de Marie ; une blancheur éclatante dans les linges, une propreté parfaite dans les pauvres ornements de l'autel, une noble simplicité dans les vêtements sacrés, voilà les présents que l'indigence du père et des enfants offre à Marie; et souvent elle les préfère à l'or, aux pierreries et à toute l'opulence des offrandes de la cité. C'est là qu'un saint prêtre aime à passer les doux moments que lui laissent les loisirs de son ministère; c'est là qu'il vient se consoler de ses peines. L'exemple de sa piété, les vives exhortations de son zèle y attirent un nombreux concours de fidèles, qui se succèdent à toutes les heures du jour. 0 le beau spectacle, et qu'il est agréable et consolant pour le cœur ! Le pieux voyageur qui en est témoin ne peut s'empêcher de s'écrier : Ici habite un pasteur aimé de Dieu et chéri de son troupeau ; que de saintes pensées ont été formées au pied de cet autel ! que de larmes pieuses y ont été répandues ! c'est bien de là que montent vers le ciel cet agréable encens de la prière et ces désirs du pauvre que Dieu exauce toujours. Malheur à moi parce que mon cœur est appesanti ! Oh ! si j'avais la candeur, l'aimable simplicité de ces âmes pures ! Mais, vous le savez, Seigneur, mon cœur vous dit tout ce qu'ils vous disent ; il vous demande tout ce qu'ils vous demandent, de vous aimer, d'accomplir votre volonté sainte. Que si, au contraire, après quelques pas dans la nef sacrée, l'œil de l'étranger apercevant un autel dressé en l'honneur de Marie, le trouve dans un état de délabrement qui l'afflige, que pensera-t-il de ce pasteur? Pourra- t-il croire que celuilà aime le Fils, qui donne à la Mère une preuve si déplorable de son indifférence ? (Jbid.)
Dévotion de quelques suints Prêtres à. Marie.