‹ Manreze du pretreChapitre 270 sur 297 · SAINT BERNARD · texte numérisé non relu

SAINT BERNARD

Parmi les vertus qui abondaient dans le cœur si pieux de Bernard, il en est une qui domine toutes les autres : c'est la piété filiale ; fleur délicate, éclose dans son enfance, et qui s'était gracieusement épanouie aux rayons d'amour d'une mère pleine de tendresse, Mais quand cette mère disparut du monde, son image ne le quitta point; elle plana devant ses yeux comme le reflet d'un idéal dont le type sublime était au ciel. Il aimait sa mère ; et l'amour de sa mère terrestre lui fit mieux comprendre, mieux goûter, mieux aimer la mère divine; et cet amour, si naturel aux âmes bien nées, se dilatant de plus en plus à mesure qu'il se purifiait davantage, s'éleva dans saint Bernard jusqu'à la plus haute puissance.

La vénération filiale pour Marie, la céleste Mère des chrétiens, caractérise d'ailleurs la piété des plus grands serviteurs de Dieu, ceux-là surtout qui, à l'instar de saint Jean l'Évangéliste, entrent dans une union plus étroite avec Jésus-Christ, et sont admis dans la familiarité et dans la vie intime de l'Homme-Dieu. (Vie, par le P. Ratisbonb.)

Saint Bernard fut si excellemment le docteur de la dévotion à Marie que certains historiens libres -penseurs l'ont accusé de l'avoir inventée. Entre beaucoup d'ouvrages d'une piété inspirée envers la Mère de Dieu, il a composé le Memorare. Un jour, entrant dans la cathédrale de Spire, au milieu d'un concours immense, où se trouvait l'emDereur Conrad III et les seigneurs de sa suite, il ajouta au chant du Salve, par une illumination soudaine, ces trois invocations : 0 démens ! o pia 1 o dulcis Virgo Maria ! Depuis,

la liturgie les a conservées comme faisant partie de la même prière.

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