Ephes. 5, 25, 26, 27. — 2. Ephes
compose est comme une portion de lui-même, comme le complément de son être adorable, et grâce à cette fusion de vie, on peut dire de l'un et de l'autre avec l'Esprit-Saint : Ils paraissent être deux, mais dans le fond ils ne sont qu'un, c'est-à-dire Jésus-Christ, qui transforme en quelque façon son Église en lui-même : Ipsum dédit caput supra omnem Ecclesiam, aux est corpus ipsius, et pleniludo ejus omnia in omnibus adimpleturK
Telle est donc la gloire de l'Église; le titre et la dignité d'épouse de Jésus-Christ lui appartiennent, soit parce que l'Apôtre l'appelle le corps du Sauveur, ce qui ne convient qu'à une épouse, soit parce que l'amour* de l'Homme-Dieu pour elle est offert aux époux chrétiens comme le type de leur propre amour.
(Règles de la vie sacerdotale, par Mgr Plantier.)
Le Prêtre doit à l'Église an amour de préoeeupatlon.
Oui, un amour de préoccupation. Le plus impérieux besoin des affections ardentes est de songer à l'objet vers lequel elles se portent; son image les obsède sans cesse et les poursuit partout, t Voyez, dit Bossuet, la divine Épouse, cette Église même dont nous parlons I Elle ne pense qu'à son Époux; elle n'est occupée que de son Époux. Nuit et jour il lui est présent, et même pendant le sommeil elle veille encore pour lui : Ego dormio, et cor meum vigilat2. » Jésus-Christ n'est pas moins occupé de son Église que l'Église n'est occupée de Jésus-Christ; dès avant l'origine deg siècles, il la voyait; c'est elle qu'il considérait dans la
1. Ephee. I, 22, 5$, — %, Oant. 5, 2, — Boaeuet, II* Sei-mon pour l'As- $«mp., I™ paitie.
synagogue qui en fut la mère, suivant l'expression de saint Augustin ; son esprit et sa sagesse n'ont pas non plus, depuis le Calvaire, d'autre sollicitude; elle est et sera toujours le fond de tous ses conseils, le terme de tous ses desseins, le centre et le but de toutes ses œuvres, l'unique souci de sa providence. C'est assez dire que nous aussi, qui sommes ses représentants auprès de l'Église, nous devons, comme lui, concentrer sur elle la plénitude de nos pensées. Nulle vision ne doit. nous être plus habituelle; et nous méconnaissons, dans son caractère essentiel, dans son instinct principal, l'amour auquel elle a droit, si elle n'absorbe la sève la plus active de notre intelligence. Et, pourtant, si impérieux que puisse être ce devoir, ne nous arrive-t-il pas trop souvent de le trahir? Combien s'en trouve-t-il parmi nous qui fassent à l'Église, dans leurs pensées, cette part de privilège? Où sont ceux qui pourraient dire que son souvenir est te charme de leurs jours et le rêve de leurs nuits?
Nous songeons, je le veux, à cette portion d'elle-même qu'on appelle notre paroisse ; il nous est impossible de n'y pas donner quelque attention. Mais étendons-nous fréquemment nos idées au-delà de cette étroite circonférence? Nous est-il ordinaire d'envisager, dans l'unité du grand corps auquel il appartient, ce membre particulier dont nous avons la charge? Bien plutôt notre tort n'est-il pas de ne voir que ce membre tout seul sans le replacer dans le tout divin dont il fait partie? Quand nous arrive-t-il de prier pour l'ensemble de l'Église, spontanément, par l'inspiration propre de notre cœur et l'entraînement, pour ainsi dire, naturel de notre amour? Ne faut-il pas, pour nous porter à le faire, que l'Église agite elle-même devant nous son image, en nous prescrivant d'exprimer ses sentiments ou de recommande* ses besoins à son auguste Époux? Et encore, dans ces circonstances ordinairement assez rares et toujours fugitives, y pensons-nous avec sérieux comme à un être réel et qui il manrkze. 32
498 LE PRÊTRE ET i/ÉGLISE.
nous est cher? Et, enfin, quand ces moments sont passés, quand, par l'ordre de l'autorité, nous avons récité quelques oraisons, accompli quelques cérémonies dans l'intérêt de l'Église, son ombre ne s'efface-t-elle pas à l'instant même de notre mémoire pour n'y faire, après comme auparavant, que des réapparitions intermittentes et passagères? Oui, mes vénérés confrères, nous devons le dire à notre confusion : l'Église ne tient qu'une place subalterne et presque dérisoire dans les sollicitudes de notre esprit ; elle devrait en être l'hôte le plus familier, et c'est à peine si nous l'admettons au vulgaire honneur de s'y abriter, de loin en loin, quelques heures sous la tente. (Le même.)
Le prêtre doit & l'Église an amour de tendresse.
La tendresse se compose de deux sentiments, dont le premier est une curiosité mêlée d'inquiétude. Vous avez un ami jeté par la Providence sur des rives lointaines; l'Océan vous en sépare. C'est un besoin pour vous d'en apprendre des nouvelles. O vents des cieux! racontez-moi ce qu'il fait et ce qu'il éprouve ! ô vagues des mers i demandez à celles de vos sœurs dont les flots battent les bords qu'il habite, ce qu'il est devenu, ce qu'il doit devenir, et vous me le direz! Voilà votre vœu, voilà votre langage intérieur. C'est aussi ce que fait l'Église pour son divin Époux, a Mes pensées ont cherché dans le silence des nuits celui que mon àme adore, et je ne l'ai pas trouvé. Je me suis dit alors, j'irai par la ville, et je chercherai encore. J'ai rencontré les sentinelles qui gardent la cité, et aussitôt je leur ai fait cette question : Avez-vous vu celui que chérit mon àme? Num quem diligit anima mea vidistis 1 ? »