I. Matt
LE PRÊTRE ET i/ÉGLISE. 501
sensible aux désolations qui viennent du dedans, et partent de ceux que l'Apôtre appelle les domestiques de Dieu : Domestici Dei i, les familiers de la foi : Domesticos fidei 2.
C'est assez qu'une colonne du sanctuaire s'abatte dans l'erreur ou la fange, c'est assez que des courants d'impiété ou d'hérésie s'établissent et circulent au sein des peuples, c'est assez que les mœurs s'altèrent dans telle ou telle société chrétienne, et qu'on y change contre un plomb vil l'or précieux des vertus héréditaires, c'est assez pour qu'il perde la paix et le bonheur. Le visage épîoré de l'Église trouble chacune de ses journées et de ses nuits par des apparitions douloureuses. Ce n'est pas autour de lui qu'elle souffre, mais au loin. C'est en Russie, en Allemagne, en Italie, aux États-Unis, en Australie, aux Indes, en Chine, n'importe. A travers la double immensité des continents et des mers, il la voit comme si elle était là; il entend ses plaintes, il compte ses soupirs. Tous les coups qui la frappent le meurtrissent lui-même et ouvrent la source de ses pleurs. Il en détrempe sa couche comme le Roi-Prophète, et très- souvent, à force de douleur, il s'estimerait heureux de mourir ! (Le même.)
Le prêtre doit à l'Eglise un amour laborieux et actif.
Modèles magnifiques (les Pères de l'Église), mes vénérés confrères! -mais en même temps modèles obligatoires! L'amour dont ils furent embrasés pour l'Église doit passer dans nos cœurs, et, si nous voulons le reproduire en entier, nous avons trois choses à faire. Premièrement, nous devons méditer tous ces titres solennels ou touchants par lesquels