S. Laur. Just. de Triumph. Christi agone
son langage fut une énigme pour ceux qui l'entendaient. Étrange inintelligence, dont parait frappé l'Évangéliste qui la raconte : Et ipsi nihil horum inteilexerunt, erat verbum istucl abscondituni ab eis, et non intelligebant qux dicebantur1. Les apôtres, dit saint Bonaventure, étaient ici l'image de ces pasteurs qui ne pénètrent point le mystère de la croix et ne le voient pas dans son vrai jour : Apostoli in hoc gerunt figuram ignorant ium prxlatornm2.
(P. Chaignon, Méditations.)
Amonr de la croix nécessaire au prêtre.
Les apôtres ont reçu et tous les prêtres reçoivent, pour première et essentielle mission, celle de prêcher un Dieu crucifié, d'annoncer aux hommes le mystère de la croix, comme la seule source de leur bonheur, l'unique fondement de leurs espérances, l'infaillible moyen de leur salut : Nos autem prxdicamus Christum crucifixum3. Saint André ne le fit jamais avec une autorité plus irrésistible que lorsqu'il fut lui-même crucifié : Cruciftxus crucifixum prxdicabat. L'obligation de porter sa croix est dans l'Évangile une vérité fondamentale ; mais cette vérité, il n'appartient pas à tous de la prêcher ; elle n'a pas la même grâce dans la bouche de tous ; les hommes ont une opposition secrète à en être instruits par ceux qui ne la pratiquent pas ; ils se révoltent contre celui qui, jouissant des douceurs de la vieose leur parler de vie pénitente et mortifiée... Qu'a fait saint André? Pour prêcher la croix, il s'est mis lui-même sur la croix. Voilà ce qui a donné à sa prédication, non,