IUd
tourner vers leur crucifix et pleurer amèrement. On les a entendus dire avec de profonds soupirs : « Elle est donc perdue, cette pauvre âme, pour laquelle mon Sauveur est mort!... » Et alors, incapables de soutenir cette pensée, ils se jetaient à genoux et priaient pour la conversion de ce pécheur1. Au lieu d'une âme, ô prêtre! représentez-vous rptte multitude presque infinie d'âmes séparée? de Dieu par le poché; et ensuite, repassant le long enchaînement d'opprobres et de tourments endurés par Jésus-Chrit, comptez ses pas dans les rues de Jérusalem et sur la voie du Calvaire, ses larmes, ses gémissements, toutes les gouttes de son sang, ses épines, ses clous, les crachats qui souillent son visage...; ressentez vivement les douleurs de son corps sacré, la tristesse et les angoisses de son cœur, et ditesvous à vous-même : Toutes ces souffrances sont perdues pour Jésus-Christ par rapport à ces âmes , si elles ne sont pas sauvées. Elles n'en recevront aucun bien durant toute l'éternité; elles seront même incomparablement plus tourmentées que si le Fils de Dieu ne s'était jamais incarné pour elles. Compatissez à cette immense affliction du Cœur adorable de Jésus. Entendez-le vous dire par l'un de ses prophètes : Videte si est dolor sicut dolor meus; et par un autre : In vacuurn labovavi. « J'ai vécu dans la pauvreté, je meurs dans le mépris et les tourments les plus cruels ; tout cela pour sauver ces âmes, et je ne les sauverai pas ! pour détruire l'arrêt prononcé contre elles par la justice de mon Père, et elles n'en seront que plus sévèrement condamnées ! Ames infortunées, pour savoir combien je souffre, il faudrait savoir combien je vous aime. Mourir sans vous sauver, verser mon sang pour vous, avec l'affreuse prévision que, par l'abus que vous en ferez, il demandera vengeance contre vous..., voilà de toutes mes souffrances la plus intolérable;