J. d'Avila
gourmandons si souvent les illusions, apprécier les progrès de nos âmes par les lyrismes désordonnés de notre jeune imagination. Ce qui mesure la grandeur du prêtre, ce ne sont pas ses ivresses religieuses, ce sont ses efforts ; et vous avez avancé du côté de Dieu, non pas de toute la paix versée à votre âme, non pas de tous les hommages décernés à votre zèle, non pas de toute la ferveur de votre oraison, non pas de toute la renommée de votre ministère, non pas de toute la hauteur de votre extase, non pas même, si vous êtes thaumaturge, de toute la grandeur de vos miracles, mais de toute la violence que vous vous êtes imposée : Tantum proftcies, quantum tibi ipsi vim întulerisK Retenons bien ces notions élémentaires de la vie surnaturelle, et publions-les souvent à l'oreille d'un monde qui ne les connaît point.
Par conséquent, prenez garde, vous, pour qui la piété est un enchantement qui colore la vie, non un creuset qui la purifie : vous pourriez bien n'être qu'un artiste, au lieu d'un prêtre fervent ; un disciple de Chateaubriand, non un homme intérieur. Mais vous, au contraire, pour qui la piété est une station perpétuelle sous les armes et une guerre sans trêve contre vous-même, réjouissez-vous ; au moins, vous n'êtes pas exposé à ce fléau de notre époque, la piété de tempérament. Ah ! mes vénérables confrères, ce