‹ Manreze du pretreChapitre 60 sur 297 · De Imit. Christ · texte numérisé non relu

De Imit. Christ

n'est point assez pour un prêtre de cette foi vulgaire qui marche sans rien voir; élevons-nous jusqu'à celle qui s'immole sans rien sentir. Il importe peu que nous n'ayons pas les délectations de la bonne conscience, pourvu que nous possédions cette paix qui est la seule félicité terrestre promise par Notre -Seigneur à la vertu, et qui habite nos âmes, d'après saint Thomas, tant que la charité n'en est pas sortie : Pacem relinquo vobis, pacem mearn do vobisK

De la sensualité morale, le prêtre naturel passe à la sensualité physique, et il se compose une vie pleine d'alliages, où le bien-être de la conscience et celui des sens, unis dans des proportions savantes, semblent narguer cette double loi imposée à toute chair qui veut entrer en participation de la vie surnaturelle : Mortificate membra vestra quœ sunt super terram2. Regnum cœlorum vim patilur, et violenti rapiunt illud 3.

Jadis, le corps était courbé par la foi commune sous la suprématie de l'âme, et l'homme se tenait, en face de sa chair, dans cette attitude de roi qui lui fut donnée au commencement, quand Dieu lui dit : « Tu domineras, et tes appétits seront sous tes pieds : Dominaberis, et erit subtcr te appetitus tuus^. » Mais, au siècle

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