Gen. i
dernier, la chair de l'homme fut placée sur des autels ; durant le siècle présent, elle a reçu, de la philosophie matérialiste, des apothéoses cyniques, et les lointains contre-coups de ces saturnales de la pensée ont imprimé les stigmates du sensualisme à toutes les classes, même à la vie du clergé.
En voulez-vous la preuve? Passons au presbytère. Pour peu que la ville soit grande, ou que soit riche la paroisse, il tend à se changer en un séjour de luxe où tout éblouit de magnificence, excepté les exemples du pasteur. Là, nous fléchissons souvent le genou sur des tapis, l'oraison n'en est pas plus fervente ; les murs s'embellissent, les hommes se détériorent; les ministres du surnaturel se soignent au lieu de se sacrifier ; le confortable met, de toutes parts, la mortification en fuite, et, cependant, les prêtres qui sont à Jésus- Christ, ne sont pas ceux qui habitent des boudoirs élégants, qui mangent, boivent et dorment comme les opulents du siècle, ce sont ceux qui crucifient leur chair : Qui Christi sunt carnem suam crucifiocerunt*. Ah! mes vénérés confrères, saint Bernard expirant demanda pardon à son corps des rudes traitements qu'il lui avait infligés. Quelle honte pour nous, à l'heure dernière, d'avoir à renverser une si belle amende honorable ! et quelles réparations nous devrons à notre âme si souvent abandonnée aux oppressions de la matière f