Prov
maison. C'est Marie qui le berçait clans ses bras d'une chair sans tache; c'est nous qui le portons, malgré les souillures de la nôtre, du tabernacle à la sainte Table, au chevet des mourants et aux processions triomphales des cités.
Un saint des premiers siècles répondait aux proconsuls lui demandant qui il était : « Je m'appelle Christophore! » Il n'est pas un de nous qui ne puisse dire avec le même orgueil : « Je suis celui qui porte Jésus-Christ 1 » Seulement, cette félicité qui eut un terme si prompt dans la vie de Marie, n'aura d'autre terme, dans la nôtre, que la possession éternelle du paradis. C'était la pieuse gardienne de Nazareth qui réglait les journées de Jésus et qui dirigeait ses mouvements ; c'est nous qui assignons au même Dieu ses heures de sortie, ses heures de réception, ses heures de solitude et d'exposition, et qui avons hérité de l'autorité de sa mère sur sa grandeur obéissante et cachée.
Remarquez en passant que la garde de Marie était continue, et que, pendant le sommeil, pendant la prière, pendant le travail, elle aimait à se poser en adoration devant son Fils en répétant avec l'épouse sacrée : Pulcher es dilecte mi 1 ! d'où il apparaît que vous êtes tenus à la même assiduité, ô adorateurs d'office placés auprès du saint Tabernacle! et que votre journée est coupable, si vous l'achevez sans venir veiller et