Cant
prier devant le céleste captif qui s'est commis à votre tutelle. Enfin, voulez-vous un dernier trait à votre avantage dans ce parallèle pieux? Il fut des heures tristes où Jésus échappa à la garde de sa Mère pour se livrer tout entier aux choses de son Père; mais, quoique votre garde ne soit pas si tendre que celle de Nazareth, jusqu'à la fin des temps Jésus s'est promis aux tabernacles où vous lui commandez : Ecce ego vobiscum sum, etc.
Comme Marie vous êtes gardiens de Jésus, comme vous elle est aussi gardienne des saints troupeaux. La Mère d'un Enfant royal partage, dit saint Basile, les titres et les pouvoirs de son Fils; d'après cette loi, si Jésus est le prince des Pasteurs, Marie doit en être la Reine. Aussi, bien avant le patron du diocèse, avant celui de la paroisse, avant l'Ange gardien de chacune de vos brebis et de chacun de vos agneaux, il est une céleste protectrice qui veille sur votre bergerie, je veux parler de la Mère du Sauveur.
Oh! que n'y comptez-vous davantage, pasteur relâché, qui vous fiez tant à votre sagesse et si peu aux secours d'en haut! Vous ne savez plus que faire, dites-vous, de votre troupeau errant et dispersé sur les montagnes? Eh bien! après avoir travaillé, gourmande, conjuré en vain, consacrez vos rebelles à Marie, et déchargez-vous de votre houlette dans ses mains. Oui, le soir, quand vous avez visité le Très-Saint-Sacrement, faites une station à l'autel voisin, entrez en colloque
avec cette souveraine souriante, qui trône au-dessus, les bras ouverts; j'en prends à témoin votre cœur et le mien, il n'est pas de découragement, pas de tristesse qui résiste aux êpanchements de ce suave tête-à-tête.
Ah ! nous recherchons souvent l'intimité de la femme dans la douleur, parce qu'elle a la main plus légère pour toucher aux blessures vives : eh ! quelle femme plus habile à consoler et guérir que la céleste Mère î n'allez donc pas lui dérober des confidences et des pleurs qui lui appartiennent.
Mais qu'ai-je ouï dire? Vous êtes flétri par l'injustice de l'opinion, et ceux que vous étiez venu sauver, ont tâché de vous perdre! Dans les angoisses d'une telle agonie, contemplez-la, cette créature immaculée, bien plus maltraitée que vous encore par l'opinion des hommes, car Joseph voluit occulte dimittere eam1, et rappelez-vous qu'elle n'opposa aux injurieux soupçons qu'un humble silence. Ah ! c'est bien à vous, que l'on attaque si librement et qui avez si peu la liberté de la défense, victimes aux lèvres scellées, confesseurs muets sous les coups de latribulation, c'est à vous que semble dédiée cette invocation d'un docteur : 0 Maria fides eorum \quibus opus est silentio^l
Enfin, vous criez, et le flot de l'iniquité monte plus haut! vous appelez, et vos brebis s'en vont plus loin ; au