‹ Manreze du pretreChapitre 80 sur 297 · Joan · texte numérisé non relu

Joan

gardienne au milieu des pampres de leurs coteaux : Posuet^unt me custodem in vineis'1.

Qui pourrait nier son empire sur la nature? Du haut de Notre-Dame-de-Fourvière, elle veille sur le cours des grands fleuves; du haut de Notre-Dame-de-la- Garde, elle plane sur les colères de la mer. Elle est médecin sous la voûte de certains sanctuaires, elle est phare et pilote sur les côtes de l'Océan, elle est thaumaturge à l'autel de Notre-Dame-des- Victoires , elle est à la fois sœur de l'espérance, sœur de la charité, sœur de la miséricorde en ses divers pèlerinages. Dieu en a fait la grande bienfaitrice de la douleur physique pour attirer à elle le siècle de la philanthropie ; il en a fait la maîtresse des lois de la nature pour confondre le siècle des découvertes naturelles, et, si vos orgueilleux docteurs de village vous demandent quelle force peut commander aux énergies si glorifiées de la création, répondez-leur : C'est la vierge de Lourdes, de la Salette et de Verdelais.

Les autres saints, en effet, ne font guère de miracles qu'un demi-siècle avant ou après leur canonisation ; Marie sème des siens la longue série des siècles

chrétiens. Quand son action est finie sous un vocable, elle recommence sous un autre. On dirait de mille vierges différentes, mais c'est la même qui se transforme sans changer, ou plutôt qui ne change que pour

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