LES ORIGINES DE L’ÉTAT MANTINÉEN
Tout ce qu’on sait de positif sur les origines des deux grandes républiques de la Haute Plaine, c’est qu’elles débutèrent par le régime que les Grecs appelaient xaxà xcopiaç et xaxà 3/,ii.ouç. On a vu que les dèmes mantinéens étaient au nombre de cinq, dont les noms nous sont inconnus. Il semble qu’il y ait unegradation dans la formation des petits États grecs et dans leur marche vers la centralisation.
Tout à fait à l’origine, on distingue le régime des bourgades x co [J. ai (vici). La xà> p.r, n’est qu’un hameau, résidence de la famille ( yévoç) qui exploite son domaine collectif, sous l’autorité patriarcale du chef de famille. Cette agglomération ne se rattache à ses voisines par aucun lien politique, mais tout au plus par des liens moraux. La communauté de race se manifeste, en certains jours de fête, par la réunion des habitants de plusieurs bourgades autour d’un sanctuaire vénéré. Tel est l’état primitif xw;jl7|3ôv, xaxà xco^aç, qu’Aristote considère comme l’embryon de la vie politique (1).
Stades successifs de
la formation des Etats grecs.
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TixoÀeiç.
(1) Arist. Polit. I, 1,8. — Cf. Strabon, 337.
Le second stade est représenté par l’état xaxà SvjjAouç. Le dème {jiagus) résulte de l’augmentation des familles, obligées de se démembrer : c’est une association familiale, tantôt concentrée sur un même point, dans une agglomération unique, développement de la xoSg-T) primitive, ou bien répartie au dehors en un certain nombre de secondaires. Le dème porte en général, soit le nom du chef-lieu primitif, soit celui de l’ancêtre commun dont tous ses membres sont issus : tels les dèmes tégéates des Botachides et des Apheidantes (1). Le dème forme déjà une commune, dont le chef, le démiurge , est probablement assisté par un conseil. Il s’administre lui-même, sans souci de ses voisins : tel est du moins le régime que les Lacédémoniens restaurèrent dans la Mantinique après le diœcisme de 385 (2).
Cependant l’isolement des dèmes, les uns par rapport aux autres, les mettait dans de mauvaises conditions d’existence. Dans ces bassins étroits de l’Arcadie orientale, le régime des eaux imposait l’entente aux cultivateurs des différentes parcelles du territoire. De plus, les nécessités de la défense contre les ennemis voisins devait conduire les dèmes à l’association. Il se forma ainsi de petites confédérations, des <7uaxYlp.axa 8%cov ou syntélies : chaque dème conservait son autonomie pour les affaires intérieures, mais tous se concertaient en vue de la défense du pays, participaient aux charges communes de la milice et de quelques travaux publics, et reconnaissaient des chefs communs en cas de guerre. A dater de ce moment, si ce n’était pas encore la cité, c’était du moins une personne morale qui naissait à la vie historique. Le plus souvent, l’autorité était accaparée par une puissante famille, installée dans une forte position, sur une hauteur dominant tout le pays. Le maître du château-fort assurait la protection du canton et donnait asile aux habitants si le territoire était envahi. Cette citadelle (tttôXiç, wToXieSpov, ndXiç) (3)
(1) Pausan. VIII, 45, 1. — Cf. Guiraud. Prop. fonc., p. G9.
(2) Tel est aussi le stade où paraissent s’ètre attardées quelques peuplades arcadiennes qui n’arrivèrent pas il s’unifier, mais restèrent à l’état sporadique (çTtopâSTjv) jusqu’à la fondation de Mégalopolis. Les dèmes des groupes ethniques, désignés par les noms de Ménaliens, d’Eutrésiens, de Parrhasiens, de Cynuriens, formaient autant de communautés indépendantes les unes des autres. Existait-il entre elles un lien politique, une civitas? On ne saurait l’affirmer. (Voy. Busolt : Griech. Gesch. I, p. 701.)
(3) Thucyd. II, 13 : Il àxpÔTtoXiç 7j vu-/ oùa a, ttôXiç T|V. — Cf. Pausan. I, 20, 6. — Plut. Pélopid. 18, I. xà; y-:-, àxpoTroXs'.; stxis '.x3>; o\ xgxs ttôXeiç (ov&aa^&v.