‹ Mantinée et l'Arcadie orientaleChapitre 49 sur 73 · L’ALLIANCE DE 30 ANS AVEC SPARTE : SOUMISSION ET OPPOSITION · texte numérisé non relu

L’ALLIANCE DE 30 ANS AVEC SPARTE : SOUMISSION ET OPPOSITION

Malgré ces incidents, le moment n’était pas fort propice à une Les Mantînéens rentrée en scène des séparatistes. Athènes, après avoir dépêché a 1 exp<;d,tlon Alcibiade au secours des démocrates argiens (i), eut d’autres ( ‘ j'./ projets en tète. L’expédition de Sicile servit de dérivatif aux affaires du Péloponnèse. Quant à Sparte.il lui suffit de n’être plus harcelée sur ses domaines. Déjà l’effet moral de la défaite de 418 était en grande partie évanoui. Ainsi la peur de déplaire à Sparte n’empêcha pas, en 413, Mantinée de répondre aux demandes d’Alcibiade. Le brillant stratège jouissait dans cette ville et en Arcadie d'une grande popularité. Son crédit détermina environ 230 citoyens à se joindre au corps expéditionnaire des Athéniens en Sicile (2). Argos, de son côté, fournit 300 hoplites. Cette attitude amicale flatta le peuple athénien. La situation personnelle d’Alcibiade en fut améliorée (3). On savait que les Péloponnésiens l’avaient suivi par attachement à sa personne ; on craignit de les voir déserter si on lui retirait le commandement après l’affaire des Hermès et des Mystères (4). Cependant, grâce aux précautions dont on usa pour séparer Alcibiade de son armée, le départ du chef favori eut lieu sans indisposer les auxiliaires.

On les voit participer à la bataille de Syracuse placés à l’aile droite (été 413;. Nicias, dans sa harangue, leur réserve un mot aimable. Que devinrent-ils après le désastre de l’armée athénienne? s’échappèrent-ils? furent-ils vendus? Thucydide les a perdus de vue dans l’infortune de ses compatriotes.

(1) Sur la défaite, des Lacédémoniens à Oinoé ou Ornéai par les troupes argéo-laconiennes en 388, voy. p. 412, note 4.

2) Thucydide compte en bloc 230 Mantînéens et mercenaires arcadiens • Mccvtiveojv xxl [AtcÔoç/Opwv (VI, 43, (il. — VII, 57) : Mavxtvvj; Zi xocl àÀXoi ’Vpxaowv aiïQooôpot, i~ t Tiù; àîi —qXeiugu; cstffiv à—oos'.xvjaÉvo'j; eÏcoOotc; tïvac. Cette phrase assimile les Mantinéens aux autres mercenaires. Les hoplites mantinéens partirent à titre privé, embauchés par Alcibiade. Sparte n’y pouvait trouver à redire. D’autres stipendiés Arcadiens figuraient dans l’armée ennemie, au service dcf Corinthe (Thucyd. Vil, 20,57). Le contingent argien était, au contraire, expédié par l’État. Il doit être compté parmi les alliés indépendants ( ol Z à~o ;op.u.ay'x; aÙTOVoy.ot). Les deux autres classes d’auxiliaires formaient les &7r/|xoot et les [AidOotpôpo!. (Thucyd. VI, 57.) — Sur les obligations militaires d’Argos envers Athènes, voy. ib. VIII, 20. — Peutêtre le Praxitèle, ancien Mantinéen devenu citoyen de Syracuse et de Ca marina, qui consacra à Olympie une statue exécutée par le fils d’Hagélaïdas, était-il un de ces mercenaires mantinéens fixés en Sicile? (Arch. Zeit. 1877, p. 49. — Collitz-Beclitel. Dial. In&chr. 1200).

(3) Thucyd. VI, 29.

(4) Thucyd. VI, 61. — VI, 68.

Mauvais vouloir des Mantinéens à l’égard de Sparte.

Durant les années suivantes, si Mantinée disparaît de l’histoire active, on sait que ce ne fut point aux dépens de sa dignité. Sparte avait profité des revers d’Athènes pour reconstituer l’ancienne symmachie péloponnésienne, mais cette fois avec quelques tempéraments (1). Après 413, avec la guerre de Décélie, la Grèce revenait en arrière aux temps antérieurs à la paix de Nicias. Des auxiliaires péloponnésiens suivent les armées lacédémoniennes en Attique, dans les îles, en Asie (2). Mais la participation personnelle des États alliés à ces expédi tions lointaines n’est pas mieux connue que pour les périodes précédentes. D’une manière générale, Mantinée remplit de fort mauvaise grâce les obligations de son pacte. Était-elle requise de partir en campagne, tous les prétextes lui semblaient bons pour refuser le service. Suivant en cela l’exemple souvent donné par les Spartiates, elle soulevait fort à propos des cas de conscience, invoquait l’êxe^sipt'a ou trêve sacrée olympique, etc... (3). Lorsqu’enfin elle se trouvait à court d’échappatoires et qu’il lui fallait s’exécuter bon gré malgré, ses troupes s’acquittaient à dessein si mal de leur service, que les Lacédémoniens osaient à peine se fier à de pareils auxiliaires. Arrivaitil à Sparte quelque mésaventure, les Mantinéens ne savaient pas se défendre d’une joie mal dissimulée. En revanche les succès de Sparte ne leur inspiraient que du dépit (4), Cette attitude eut, à la longue, le don d’exaspérer les Lacédémoniens. Ils patientèrent pourtant. Même après l’écrasement d’Athènes,

(1) Thueyd. VIII, 3. — Cette seconde ligue fut organisée avec plus de méthode que par le passé, à l’imitation du système attico-délien. Pour payer leur flotte, les Lacédémoniens imposèrent à leurs alliés des taxes représentant la valeur des vaisseaux de guerre. Les Arcadiens furent taxés en bloc avec les Pelléniens et les Sicyoniens, pour 10 vaisseaux. Les villes pouvaient aussi, moyennant indemnité, se racheter du service, en cas d’expédition lointaine (Xén. Hell. VI, 2. 16).

(2) Sievers, Geschichte Griech., p. 149, affirme la participation des Mantinéens à l’expédition d’Agésilas en Asie. Mais aucun texte ne les désigne nommément: ils se confondaient dans les rangs des auxiliaires Arcadiens.

(3) Les Lacédémoniens se laissaient facilement duper par des prétextes de cet ordre. Les Argiens abusèrent souvent de leur crédulité en déplaçant le mois sacré Carnéen : ils le faisaient tomber juste au moment où les Lacédémoniens allaient les envahir, et ils obtenaient un armistice. Les Lacédémoniens se retiraient, par peur du sacrilège. A la fin, comprenant qu’on les bernait, ils se firent autoriser par Zeus olympique à passer outre (Xén. Bell. IV, 7).

(4) Xén. Hell. V, 2.

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ils n’osent s’immiscer dans les affaires intérieures des villes alliées pour leur imposer des lois à leur gré. C’est ce que Lysias constate formellement dans son discours sur la Constitution de Phormisios, prononcé eu 403 après la chute des Trente (1). La terreur des Lacédémoniens inspirait alors à plusieurs Athéniens le désir de certaines concessions. Quelques démocrates paraissaient disposés à transiger pour une constitution semi-démocratique où l’on sacrifiait à la peur de recommencer la guerre, les principes d’égalité absolue. Lysias s’élève contre ces lâches capitulations : il leur oppose l’attitude indépendante d’Argos et de Mantinée. De ces deux villes, la lre n’est pas plus forte qu’Athènes, la2raen’a guère plus de 3000 hommes à mettre sur pied ; leur territoire est à portée de leur puissant ennemi, et cependant elles l’obligent à compter avec elles et à les ménager pour n’avoir pas à les anéantir.'! Les faits connus confirment cette éloquente antithèse, mais pour aboutir à une conclusion pratique bien différente de celle qu’indique l’orateur.

A la fin, Sparte, voyant que l’opposition dans le Péloponnèse ne Expédition contre désarmait pas, se résolut à faire un exemple. Ce fut aux Éléens Élis (4oi-398>. qu’elle s’en prit tout d’abord. Ce peuple s’était montré non moins réfractaire que les Mantinéens; comme il mêlait Zeus olympique à ses affaires, les Spartiates, très respectueux des choses religieuses, se voyaient avec peine frappés d’excommunication, exclus des fêtes et voués au mépris public. De plus, la démocratie, à Élis, sous l’impulsion d’un homme hardi et intelligent, Thrasydaios, n’était guère disposée à pactiser avec les fauteurs de l’oligarchie. Élis arrondissait son territoire aux dépens des villes voisines, réduites à l’état de périèques. Agis reçut l’ordre de réunir l’armée fédérale et de la mener contre Élis. Les Athéniens eux-mêmes durent se joindre aux alliés; Corinthiens et Thébains refusèrent leur concours. Les Mantinéens furent contraints de marcher contre leurs amis (2). Élis, réduite, fut

(1) Lysias. Etepl ttjç IIoaite.V/;. 7.

(2) Sur cette expédition, Xén. Hell. III, 2, 21. — Diod. XIV, 17, 34. ----- Pausan, III, 8. — Xénophon dit : (III, 2, 2o) : d'jvïdyxrîuovTO tw Aycoi 7tXt)V BotMTÜv xai Koptv6.wv o’i tî iXXoi dûauia yoi Tcivrs; xai ot ’A07)vxîoi. Il y eut deux campagnes successives les Éléens après le départ d’ Agis, arrêté par un tremblement de terre, envoyèrent des députés à toutes les villes qu’ils savaient mal disposées envers Sparte. — Au même moment, des mercenaires mantinéens guerroyaient en Asie, parmi les Dix-Mille ; dans une fête donnée à Kotyora par les stratèges en l’honneur des Paphlagoniens, leur danse nationale fit sensation (Xén. Anab. VI, 1.— Voy. plus haut, p. 349).

MANTINÉE ET l’ARCADIE ORIENTALE.

annexées la Ligue lacédémonienne (398). Cette rigoureuse exécution coupa court aux velléités indépendantes des petits États; mais la terreur n’était pas un bon moyen de se concilier leur affection et de ranimer leur zèle chancelant, soulèvement L’autorité de Sparte ne fit aucun progrès. En 395, les ThécontresParte(395). ))ajns ie constataient quand ils tentèrent d’entraîner les Athé- Campagne njens dans la coalition corinthienne : « Quel peuple reste encore

contre I liebes 1 2 3 4 5 6

de Lvsandre attaché aux Lacédémoniens? Les Argiens? Mais n’ont-ils pas été et de Pausanias. de tout temps leur ennemi? Les Éléens? Mais ne viennent-ils pas de se les aliéner en leur enlevant des villes et une grande partie de leur territoire? Que dirons-nous des Corinthiens, des Arcadiens, des Achéens? Cédant à leurs instances, ils ont partagé, dans la guerre qu’ils nous faisaient, leurs travaux, leurs dangers et leurs dépenses; mais, dès qu’ils eurent exécuté les volontés de Sparte, quelle part ont-ils eue à la puissance, aux honneurs, aux richesses (1)? » La coalition, subventionnée par le satrape Tithraustès, réunissait des forces imposantes : celles d’Athènes, de Thèbes, de Corinthe, d’Argos. Il y eut en Grèce une levée générale de boucliers : Sparte fit marcher ses auxiliaires. En 395, Pausanias, à la tète d’une armée dirigée contre Thèbes, installa à Tégée son quartier général et lança des convocations aux villes voisines : Mantinée dut obéir (2). Arrivé trcp tard à à Haiiarte au rendez-vous fixé par Lysandre, le ioi fut condamné à mort. Il s’échappa de Sparte, trouva un refuge dans l’asile d’Athéna-Aléa à Tégée, où il finit ses jours. De là il entretint des intelligences avec ceux que Xénophon appelle les prostates du peuple de Mantinée : ces relations devaient lui servir plus tard (3).

Guerre L’année suivante, les Mantinéens figurent avec les Tégéates de Corinthe dans l’armée d’Aristodémos, parent et tuteur du jeune Agésipolis. (394-387). .Mais ils ne prennent point part à la bataille de Némée, ayant sans doute invoqué comme cas de dispense une fête religieuse (4). On les retrouve mêlés aux opérations des Lacédémoniens autour de Corinthe, contre les mercenaires d’Ipliicrate (5). Cette guerre devait être pour eux une pénible corvée. Quoique braves et reconnus pour tels entre tous les Arcadiens (6),

(1) Xén. HeU. III, 3.

(2) Seule, Corinthe se déroba (Xén. HeU. III, o, 17).

(3) Xén. HeU., V, 2, 3.

(4) C’était le cas des Phliasiens (Xén. HeU. IV. 2, 16).

(5) II). IV, 4, 1 et 17.

(6) Diod. XV, 12.

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il leur répugnait de verser leur sang pour une cause odieuse. Un jour que les confédérés, assiégés dans Léchéon (392), faisaient une sortie contre les admirables peltastes du stratège athénien, les Mantinéens, assaillis par une grêle de traits, se replièrent aussitôt et prirent la fuite en laissant quelques morts. Les Lacédémoniens en tirent des gorges chaudes, disant que les alliés avaient aussi peur des peltastes que les enfants des Croquemitaines (1). Xénophon répète avec joie cette bonne facétie. Il refuse d’admettre à cette opportune reculade un autre motif que la poltronnerie. Il lui parait inouï que des gens aient eu quelque répugnance à se faire tuer sans raison pour ses chers Spartiates, et n'aient pas méprisé les troupes d’élite de sa patrie! Un mas sacre de peltastes athéniens eût fait bien plutôt son affaire ! Si quelqu'un mérite un jugement sévère, n’est-ce pas l’historien laconomane qui en est venu à cet oubli du patriotisme et de l’impartialité?

Au reste, les bravades lacédémoniennes réservaient à leur admirateur une forte déconvenue. Les « Croquemitaines » s’avisèrent à quelque temps de là (390) (2) de faire trembler l’orgueilleux Agésilas, l’idole des laconomanes.Une more lacédémonienne tomba sous leurs coups victime de son imprudence. Très routiniers, les Spartiates n’avaient pas assez de souplesse pour s’adapter à la nouvelle tactique. Bien qu'ils ne fussent pas « des enfants », ce désastre les terrifia. Ce fut au tour des Mantinéens de railler leurs railleurs. Ils ne s’en firent pas faute. A tel point qu’Agésilas, ayant jugé prudent de rapatrier les débris de sa troupe, repartit pour Sparte en suivant la route d’Orchomène et de Mantinée. Il régla ses étapes de façon à n’entrer dans les villes où il devait cantonner qu’à la nuit tombante, pour en repartir au lever du soleil. A Mantinée, il s’attendait à être accueilli par des sarcasmes mérités. Pour épargner à lui-même et à ses soldats cette dure épreuve, il consacra un jour entier à la marche entre Orchomène et Mantinée, distantes au plus de trois heures. Il arriva dans la ville la nuit et prit soin d'éviter tout contact avec la population (3). La joie des Mantinéens devant cette

(li Xén. Bell. IV, 4, 17. wç ol <juuu ayoi ooSoTv-o tou; — m:— sp

uopuLOva; —a Capta.

(ii Toute lu chronologie de ces événements oflre peu de certitude. Voir la discussion des dates dans Peter. Zeitlafeln (1er griech. Geschichte , p. 108, nle 183.

(3) Xén. Hell. IV, 3, 14 et 18.

Passage d'Agésilas M animée (390).

troupe déconfite manquait de prudence. Ils ne surent pas exulter avec hypocrisie. C’était un grave forfait : on le leur fit bien voir. Campagne Bientôt après (été 388), Sparte, avaut de partir en guerre d Agesipohs C0D|re Athènes et la Béotie, entreprit de réduire Argos. Cette

en Argohde : les . * °

Mantinéens place ennemie, maîtresse de Corinthe, menaçait les armées dont ravitaillent Argos elle coupait la retraite, et la Laconie qu’elle pouvait harceler (388). après le départ des hoplites lacédémoniens. Déjà en 391, Agésilas avait poussé une pointe en Argolide (1) : Agésipolis réunit l’armée fédérale à Phlious et tenta de refaire les campagnes d’Agis et d’Agésilas (2). Les Mantinéens firent passer du blé aux Argiens, réduits à la disette par la destruction de leurs récoltes (3). Ils n’y mirent pas assez de mystère et les Lacédémoniens eurent vent de cette fraude. L’expédition manqua. Agésipolis, découragé, déclara les présages défavorables et se retira (4).

(1) Xén. Hell. IV, 4, 19.

(2) Xén. Hell. IV, 7, 2 et suiv.

(3) Xén. Hell. V, 2, 2.

(4) Curtius ( Ihst . gr. trad. Bouclié-Leclercq, IV, p. 240) admet qu’il y eut dans cette campagne une bataille sérieuse entre les Lacédémoniens et les Argiens assistés par les Athéniens à Oinoé, village situé sur la route de Mantinée à Argos (Prinos), dans la gorge du Charadros. Pausan, I, 13. 1. X, 10, 4 — (et peutêtre Plut. Apophl. lucon. var. 7) parle, en elïet, d’un combat à Oinoé. Les Athéniens l’avaient fait peindre; le tableau se voyait au Pœcile; les Argiens en avaient consacré des offrandes à Delphes. C’était donc une victoire célèbre. Or, plusieurs objections peuvent être faites contre l’attribution à Oinoé d’une bataille de cette importance. 1" Ni Xénophon, ni Diodore, ne mentionnent le fait; Pausanias n’en dit rien dans sa description du village d’Oinoé (II, 23, 2); 2" la situation d’Oinoé dans la montagne n’est guère favorable à une bataille rangée (Ross. Reisen, p. 133); 3“ on ne voit pas comment ni à quelle époque les Lacédémoniens auraient pu se rencontrer dans la gorge du Charadros avec leurs ennemis; tandis qu’ils attaquèrent souvent l’Argolide en partant de Phlious. Or, Thucydide (VI, 7) et Diodore (XII, 81) donnent des renseignements très précis sur un autre bourg d’Argolide, Ornéai, situé entre Phlious et Argos (au S. du village de Léondi, dans le ravin de l’Ornéas). Il fut choisi à cause du voisinage de Phlious (ville alliée de Sparte) en 417 par les Lacédémoniens comme place de refuge des oligarques argiens bannis d’Argos ; ils les y installèrent avec une forte garnison. Les Argiens et les Athéniens (Athènes venait d’expédier à Argos, 40 trirèmes avec 1200 hoplites), vinrent ensuite attaquer la place ; ils tuèrent ou chassèrent et la garnison lacédémonienne et ceux qu’elle devait protéger Ce succès, survenant après la défaite de Mantinée, dut exciter beaucoup d’enthousiasme à Athènes. Je crois donc à une confusion dans l’esprit de Pausanias, ou à une erreur de copiste, qu’explique la ressemblance des deux noms. Il faudrait donc, à mon avis, lire Ornéai au lieu d’Oinoé aux livres I, 13, 1 et X, 10, 4, et rayer de l’histoire la légendaire bataille d’Oinoé. — [Depuis la rédaction de cette note a paru le tome III de la I Iricchische Geschichte de Busolt. Le savant auteur s’applique, après tant d’autres, à résoudre cette énigme (p. 323, note 3). Pour lui, la bataille d’Oinoé se place en 436. Or, Thucydide n’en dit mot. Je ne crois donc pas devoir retirer mon hypothèse.]

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