‹ Mantinée et l'Arcadie orientaleChapitre 64 sur 73 · TOPOGRAPHIE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE

chant en plaine, la rivière est ausitôt entraînée dans un sillon obliquement dirigé du S. -O au N -E. Ce lit n'a rien d arti ticiel ; les berges en sont adoucies, et il a toujours existé ainsi dans les temps historiques. On pourrait, matériellement, diriger le Saranda-Potamos dans le marais de Taka en le saisissant dès sa sortie, pour le dériver vers Kamari. Mais alors il faudrait l’enfermer entre des levées de terre ou dans une profonde tranchée pour l’empêcher d’inonder torrentiellement toute cette partie de la plaine, dont la déclivité est assez rapide. Si donc M. Audrain. à première vue, a pu concevoir un projet de ce genre et en faire part à M. Bérard (Bull, de Corr. hellén. XVI, p. 534), il n’a pas dû tarder à y renoncer. En fait, étant donné cette pente, si la rivière avait suivi la direction de Kamari, la force du courant aurait creusé un lit dans le talus où s'appuie ce village. Or, on n'en voit aucune trace sur le terrain.

Une autre preuve que la direction naturelle du Saranda-Potamos est bien du côté de l’Est, c’est que le katavothre de Taka est un exutoire des plus médiocres, un boyau étroit qui ne suffit même pas à évacuer les apports du torrent de Valtetsi- La vraie solution du dessèchement de la plaine consisterait à dériver les eaux de Taka à la fois dans la boucle de Varsova et dans la Mantinique, en rejoignant par un chenal le milieu du lac et le ruisseau de Mertsaousi. Ce chenal suivrait le lit du ruisseau de Youno et atteindrait 7 à 8 mètres de profondeur à l'endroit le plus élevé de son parcours, c'est-à-dire au seuil d’ibrahim- Efïendi.

La seconde question soulevée par le texte de Pausanias, à savoir la communication entre le katavothre de Taka et les sources de Franco- Vrysi, se résout aussi très nettement par la négative. Le fond du katavothre exploré par MM. Martel et Sidéridès est à 612" d'altitude, et les sources à 654“ (1).

Les autres questions relatives au cours commun de l'Alphée et de l’Eurotasont été examinées par M. Loring (our. cité. p. 69-70; carte de la plaine de Franco-Vrvsi, pi. IIj.

3°) Carte du terntoire de Mantinée (pl. X).

La base de cette carte est un agrandissement au double de la carte de l’État-major français au 200000e, complété avec les données du Carton spécial delà plaine de Tégée et de Mantinée au 150 000e, carton joint à l’atlas de Y Expédition de Marée. J'ai aussi eu communication de la minute au 50 000e. qui est au Dépôt de la Guerre. Le plan dressé par la Mission française des travaux publics et qui comprend Toute la lon-

lj Les Abimes, p. 501. — Le képhalari correspondant au katavothre est peut-être celui de Koniditsa, à 12 kil. au X. de Sparte : il est à 255111 d’altitude, d’après la cote que m’a communiquée M. Quellennec.

APPENDICES

gueur de la Haute Plaine, depuis Taka jusqu’au khani de Bilaï, a fourni les cotes du fond de la plaine avec d’exactes indications sur la direction des principaux cours d’eau. Le travail de nivellement, subordonné au projet de dessèchement, est complet pour la Tégéatide, inondée des deux côtés ; mais, pour la Mantinique, il est limité à la partie basse contiguë au Ménale. Le site même de Mantinée reste en dehors. Je n'ai pu figurer le relief en courbes de niveau. Les éléments de ce travail font absolument défaut, et je n’avais ni les moyens ni le temps de l’entreprendre. La minute du Carton spécial de l’État-major est bien dessinée en courbes de niveau, mais ces courbes ont été tracées à vue d’œil et ne correspondent pas à des relevés précis. L’altitude absolue de la Haute Plaine résulte des études du chemin de fer de Myli à Tripolis, ce qui a permis à la Mission française de substituer des cotes exactes de nivellement aux anciennes cotes barométriques. Ainsi, la cote de Mantinée est de 630 mètres et non de 600, comme l’indique la Carte de l’État-major au 200000e. Ces détails ne sont pas superflus. Il fallait les établir avec précision, en raison de l’importance fondamentale de la topographie sur le régime des eaux, sur l’habitabilité, et, par suite, sur l’histoire, dans un bassin fermé à faible déclivité. Entïn, pour les noms et la répartition des katavothres, j’ai trouvé de précieuses indications dans les rapports et les croquis de M. Sidéridès, consignés et commentés par M. Martel dans son livre sur Les Abîmes, ch. XXVIII.

Page 1