‹ Mantinée et l'Arcadie orientaleChapitre 8 sur 73 · L HYDROGRAPHIE SUPERFICIELLE · texte numérisé non relu

L HYDROGRAPHIE SUPERFICIELLE

tion des katavothres, situés à l’extrémité des lits torrentiels.

Deux observations préalables expliquent la répartition des cours d’eau dans la cuvette centrale : l’inclinaison du tond, de l’Est à l’Ouest, qui dirige et accumule toute la masse liquide à la base du Ménale. C’est sur cette paroi qu’a porté l’effort principal des eaux en quête d’une issue. En séjournant au pied de la muraille, elles s’y sont creusé une sorte de rainure de quelques mètres plus basse que le milieu de la plaine ; c’est comme un couloir latéral, où elles circulent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, et sur lequel s’ouvrent les portes de sortie des katavothres. 2° La structure de l’Alésion, simple levée d’une couche de calcaire blanc dominée par des masses beaucoup plus hautes de même roche, le prédestinait au rôle de producteur et de répartiteur des eaux de source. Comme les promontoires de l’Argolide, ses flancs sont le rendez-vous de nappes et de conduites souterraines qui viennent s’épancher au ras de la plaine. Le Ménale, dont le calcaire uniforme est dépourvu de strates horizontales, mais est fendu de haut en bas par de profondes fissures, se prêtait davantage à la formation des grandes cavernes réceptrices, où s’engouffraient les cours d’eau. Dans ce système, l’Alésion est comme la borne-fontaine à plusieurs bouches d’eau ; la plaine forme la vasque, et le Ménale la margelle perforée de trop-pleins.

La principale de ces rivières répond à l’Ophis de Pausanias. Elle vient de la pointe méridionale de l’Alésion, alimentée par la source Kopsochéria, la source Arné et, si tant est qu’elle existât, par la source de Poseidon-Hippios. Avant 38o, elle entrait dans la ville parle S. E., recueillait dans la ville mêmeles eaux potables de Mélangéia, amenées par un aqueduc, et, à la sortie de l’enceinte, celles des sources des Méliastes. Toutes ces bouches, jointes aux apports torrentiels descendus de la montagne, lui assuraient un débit assez considérable. On s’explique comment elle a pu renverser les murs et les maisons de la ville après qu’Agésipolis eut établi un barrage en amont du point de sortie, au N. O. Les Mantinéens, avertis, eurent soin, en 371, d’expulser cette rivière de la ville nouvelle. D’abord, ils l’appauvrirent en creusant le canal transversal, qui reçut sans doute les eaux des fontaines Philippios (de Tsipiana), Arné et de Poseidon-Hippios. Puis ils l’obligèrent à faire Je tour des murs et à remplir leurs fossés. Au delà de Mantinée, la rivière draine les champs sur un parcours en zig-zags de 3,300 m., s’encaisse en un chenal collecteur qui la

conduit à son katavothre, au pied de Kapsia (altitude 624m09).

Un autre ruisselet vient aboutir au même point. C’est le ruisseau de Sartsi, issu d’une source située à l’encoignure N. O. de la plaine (altitude 627m18). Il longe les bas-fonds voisins des hauteurs de Simiadès, les couvre d’un marais permanent et pestilentiel (KambostisMilias, -1% M^USc, champ du Pommier , altitude 625m), reçoit à g. le ruisselet de Pikerni, alimenté par les anciennes sources de Mélangéia, et disparait plus ou moins, en se confondant avec l’Ophis à l’entrée du même katavothre. Tous deux rejoignent, par un prolongement vers le Sud, les katavothres voisins.

Les bassins Les bassins annexes sont les suivants : 1° à l’Ouest, la latéraux longue crevasse latérale creusée entre la base du Ménale et

les collines de Simiadès et de Kapsia. C’est un étroit ravin, jonché de blocs calcaires éboulés dont les amoncellements le divisent en plusieurs régions torrentielles. La région de Simiadès possède un torrent dirigé de l’O. au N. E et un katavothre situé à la soudure du mont Anchisia. Le képhalari qui correspond dans la plaine à ce katavothre donne naissance au ruisseau de Sartsi. Un autre torrent (aujourd’hui Xérias), descend de la gorge de Kardara dans le katavothre de Simiadès. — La région de Kapsia reçoit du mont Aïdini un torrent desséché qui s’absorbe au milieu des pierres. Enfin, un long couloir allongé vers le Sud reçoit du massif d’Apano-Khrépa un autre torrent, le Kapseiros, qui se glisse par la coulée de Kapsia dans la grande plaine et disparaît au katavothre de Trypia.

2° A l’Est, la vallée de Sanga-Tsipiana, commandée par la haute muraille du Lyrkéion. Elle est parcourue du N. au S. par un ruisseau collecteur qui disparaît dans le grand katavothre ouvert sous l’acropole de Nestané.

3° la plaine de Louka. Un torrent descendu du revers occidental du promontoire Kapnistra s’est creusé une issue à l’entrée du vallon, au N. (katavothre de Héliopoulo). Ses eaux vont peut-être rejoindre, dans les profondeurs de la montagne, celles du katavothre de Tsipiana.

Nombre . En résumé, on a reconnu jusqu’à présent sur le territoire mandes katavothres {jnéen 18 katavothres de formes diverses, répartis en 3 groupes : mantineens gr0Upe ^ e ja plaine ; 2° du Ménale ; 3° de l’Artémision (1).

(1) J’avais pendant nos fouilles, puis an mois de septembre 1893, relevé dans la plaine un certain nombre de (joules oubliées par la Commission de Morée,

l’hydrographie superficielle.

Cette richesse en débouchés hydrogéiques a préservé la plaine mantinéenne d’une submersion totale et permanente. Pas un recoin n’était dépourvu de ces précieux dégorgeoirs. L’histoire et l’examen du terrain attestent que cette l'égion ne subit aucune catastrophe analogue à celles qui engloutirent les villes de Copaïs, de Pliénéos et de Stym-

et visité les grands katavothres à cavernes. Mais, faute de temps et du matériel nécessaire, il m'avait été impossible de m’avancer dans les galeries intérieures. En 1892, M. Sidéridis, ingénieur en chef du nome de Tripolis, stylé par M. Martel, consacra deux mois (août-septembre) à la recherche et à l’exploration des exutoires mantinéens. Les résultats de cette courageuse enquête lui font grand honneur. Il a pu fixer la position de presque tous les katavothres, pénétrer dans les puits et dans les salles parfois jusqu’à plusieurs centaines de mètres à partir de l’entrée. M. Martel a réuni, dans son ouvrage sur les Abîmes, (chap. XXVIII) les plans détaillés et les descriptions de M. Sidéridis. Certains katavothres, ceux du Ménale en particulier, peuvent être comparés, pour l’ampleur de leurs nefs intra-rupestres et la richesse de leurs stalagmites, aux fameuses grottes belges de Rochefort et de Han. Dans une galerie du katavothre de Kapsia, M. Sidéridis a retrouvé, à 125m de l’entrée, une quarantaine de crânes avec un amas d’ossements humains et de fragments de vases en terre. Il serait désirable que ces débris fussent étudiés et qu’on en pût déterminer l’origine. Malheureusement, M. Sidéridis ayant été envoyé à Corfou, ses recherches n’ont pas été continuées, et l'on n’en sait pas plus qu’avant sur la direction des ramifications intra-rupestres et sur leurs débouchés. La situation des embouchures actuellement relevées se répartit comme suit :

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