III. Groupe de l’Artémision
Katav. de Kapnotrypa.
id. d’Avgérino.
Trous de Chérôma .
Katav. d'Héliopoulos.
id. de Spilia Gogou.
id. de Tsipiana.
Plaine de Louka.
Argon Pédion.
Marais.
Mantiiiée. — 5.
phale. Mais la perméabilité de la ceinture calcaire n’était pas seule cause de cette immunité. Le fond même de la vasque y contribuait. Le sous-sol calcaire, étendu sous la couche alluviale, est tout criblé de fissures qui mettent en communication la surface imbibée avec les conduites souterraines. Le drainage se fait par le fond, alors même que la surface paraît à sec. Les eaux, absorbées par la couche d’alluvions qui colmatent le calcaire sous-jacent, continuent à s’infiltrer très lentement dans les interstices du fond rocheux par ces bétoirs plus ou moins apparents, qui sont comme les regards plus ou moins obstrués des galeries intérieures. Alors que l’eau superficielle des marais, au plus fort de l’été, avait disparu, que les lacs de l’hiver n’étaient plus que de grandes taches de limon noir et durci, nous avons toujours retrouvé, à une faible profondeur, sous la croûte desséchée par le soleil, une nappe souterraine abondamment pourvue. Cette eau latente alimente faiblement, pour ainsi dire goutte à goutte, mais d’une manière continue, les réservoirs intra-rupestres et les képhalaria. Ainsi le marécage est en quelque sorte résorbé dans le sol. Toutefois la police des eaux et des katavotbres, depuis l’antiquité, ayant été fort négligée, les parties les plus basses de la plaine, à la moindre averse, retournent à l’état marécageux. De là, montent constamment, au lever et au coucher du soleil, ces germes paludéens qui étendent sur toute la cuvette une atmosphère de miasmes. Certains coins restent toujours saturés d’eau. La plaine de Tsipiana (Argon Pédion) avait désespéré les anciens eux-mêmes : trop encaissée entre des versants trop développés, elle reçoit des masses de pluie qu’elle ne peut évacuer. De même, le Kambos lis Milias est toujours spongieux. Ces deux marais permanents correspondent à ceux de Taka et de Versova dans la Tégéatide. L’intérieur même de Mantinée est criblé de petits étangs, reliés par un lacis de rigoles, qui vont se déverser dans les bras circulaires de l’Ophis. Les foyers de malaria rendent les ruines de Mantinée inhabitables. Dans l’antiquité même, le sous-sol humide a dû rendre le séjour de cette ville extrêmement malsain.
Le groupe des sources les plus importantes s’aligne autour de l’Alésion. On relève successivement les suivantes : 1° en contre-bas de la trouée de Kakouri, à 1.200 mètres au Sud de Kakouri, de la base du rocher s’échappe la source Ivaryda.
l’hydrographie superficielle.
Ses eaux vont grossir le ruisseau de Sartsi. 2° un peu plus loin, au S., une autre source dont la position répond à la fontaine Alalcoméneia de Pausanias (1). 3° les belles sources de Pikerni. Elles descendent du village situé à mi-côte et donnent naissance au long ruisseau qui va rejoindre à l’O. la rivière de Sartsi. Elles correspondent aux sources de Mélangéia : un aqueduc les conduisait autrefois à Mantille. 4° les sources du Tripiclii (anciennes sources des Méliastes). On les voit sourdre en bas de l’Alésion de trois petites vasques sablonneuses, échelonnées à quelque distance l’une de l’autre, sous des bosquets de saules : au N. au-dessous de Pikerni, le Sythi (Sb0-q) ; puis, à six cents mètres au Sud, le Mégov Tpnrq^i (corruption de T piTT-^y/j, les trois sources) ; enfin, à la hauteur de la colline de Gourtzouli, le Tpc-Tr/j/i propre, voisin des ruines des sanctuaires de Dionysos et d’Aphrodite Mélænis (2). Le ruisseau qui les rejoint court vers le S. 0. pour se confondre avec l’Ophis. d° la fontaine Varéli (BapÉM, le baril) au pied même du rempart oriental de Mantinée. Elle surgit dans un petit bassin entouré d’une margelle de pierre à l’ombre des grands saules, et se confond aussitôt avec l’Ophis. L’eau a un goût saumâtre prononcé. 6° la source du temple de Poséidon Hippios, à 7 stades au S. de la ville, n’existe plus. Peut-être a-t-elle reparu dans la fontaine Varéli, dont Pausanias ne parle pas. Un lit de sable, voisin de remplacement du temple, atteste la présence d’une ancienne source aux environs. 7° un groupe de sources abondantes situé à la pointe et à la base de l’Alésion, et qui répond à la fontaine Avne (3). 8° la fontaine Koij/o^epià (qui coupe les mains) à mi-côte au-dessus d’un petit ravin à l’extrémité S. de l’Alésion, à gauche du chemin de Mantinée à Tsipiana. Ce n’est qu’un mince filet d’eau fraîche s’écoulant d’un petit mur en ruines, où les voyageurs se désaltèrent en passant. 9° Au pied de l’Alésion (versant E.) dans l’Argon Pédion existe une source assez abondante et anonyme. 10° à l’entrée du village de Tsipiana, sur le flanc S. de la roche de Nestané,
(1) Voy. plus loin, p. 118.
(2) Voy. plus loin, p. 86.
(3) Voy. plus loin, p. 94-95. C’est probablement la même que Vischer reconnut à une demi-heure de Mantinée, au pied du versant S. de l’Alésion (an dem Abhange ist eine Sehr starke Quelle , ohne Zweifel die von Pausanias genannte Ame). Elle est, ajoute-t-il encore, durcir irh reichliches Wasser aufgefallen. (Erinner. u. Eindr. aus Griechenl, p. 343 et 344.) Cf. Ch. Loring (Journ. of hellen. stud. XV (1895), p. 81).
une fontaine monumentale (1) laisse échapper par 4 bouches une eau abondante et claire. C’est sans cloute la Philippios de Pausanias. 11° la source de Sartsi, au coin N. -O. de la plaine, à la soudure de l’Anchisia et du Ménale, représente leképhalari correspondant aux fissures.
De toutes ces sources, les seules potables sont celles de Kakouri, de Pikerni, de l’Arné, de Kopsochéria et de Tsipiana. Les rares habitants de la plaine, épars dans les khanis qui bordent les routes, consomment l’eau de la nappe souterraine. Les puits sont faciles à creuser et peu profonds. Aussi en trouve t on partout : ils distribuent à profusion la fraîcheur aux cultures et la fièvre aux cultivateurs.
(1) Construite en 1840, d’après une inscription encastrée dans le mur. Vischer y a copié une inscription antique. (Epigr. u. arch. Beitràge, n° 39, p. 37. — Foucart. Inscr. duPélop. n° 332 n et 332o.)
Fig. 7.
Bctoir dit du J.oukaïtiko-Géphyri, au milieu de la plaine, à l'entrée de la Mantinique.