‹ Manual dé̕pigraphie chrétienne d'apres̀ les marbres de la Gaule, accompagné d'une bibliographie spécialeChapitre 15 sur 19 · PIS AN III COMES RIPE AN I COM MAVRET TING AN · texte numérisé non relu

PIS AN III COMES RIPE AN I COM MAVRET TING AN

IlII II VIX AN LXXV PRAESIDIA CON ARITO DVLCISSIMO

Voir encore /. C. G., n°» 44, 707, etc.

Je n'en ressens pas moins une vive reconnaissance pour ceux qui nous ont légué de tels documents. On n'encourageait guère autrefois leurs recherches laborieuses. De Brosses plaignait Muratori, Du Gange, de s'occuper à des vieilleries, « car en vérité, je ne puis, disait-il, donner le nom d'antiquités, à tout ce qui concerne ces vilains siècles d'ignorance ^ ^ Malgré leur zèle, les guides vénérables qui ont si utilement ouvert la voie n'ont pas toujours apporté dans leurs investigations tout le scrupule, toute la diligence que met en œuvre l'érudition moderne. Trop souvent ils ont rejeté^ on le voit par ce que nous tenons d'eux, des débris qui nous eussent faits plus riches.

1 Le Président de Brosses en Italie, éd. de 1858, t. 11, p. 463.

Pour montrer ce que valent des fragments trop souvent dédaignés, un exemple servira mieux ici que ne le feraient les adjurations et les conseils.

Les épigraphistes qui ont été nos prédécesseurs et nos maîtres ont souvent, malgré le sens vague du titre d'epitaphium *, considéré et accepté comme des inscriptions véritables des pièces de vers réunies ou disséminées dans de vieux manuscrits. Des découvertes qui rendaient au jour les monuments sur lesquels ces pièces avaient été copiées, sont venues parfois témoigner delà rectitude d*une telle appréciation. C'est ainsi que Tabbé Gazzera a pu rapprocher d'une épitaphe donnée par un

1 Voir ci-dessus, p. 207.

manuscrit du xi' siècle, le marbre original retrouvé à Verceil, et s'assurer de l'exactitude du copiste allemand qui en avait autrefois relevé la légende*. On constatait en même temps que l'intérêt historique n'était point, au moyen âge, comme de nos jours, le mobile principal de ceux qui recherchaient les textes lapidaires. Le transcripteur s'était borné à reproduire les vers deTepttaphium, laissant de côté la légende en prose qui termine d'ordinaire les inscriptions métriques, et contient la date et les renseignements que la poésie s'est refusée à admettre.

Il en est presque toujours ainsi des épitaphes conservées par les copistes anciens. L'invention du marbre original nous apporte donc autre chose que la pre ive matérielle de son existence. Elle complète le plus sou- Vfent, par des mentions historiques et chronologiques,

1 C'est rinicription donnée par Gruter, 1169, 8. Elle est consacrée à un prêtre nommé Dalmatius, et se termine par cette mention chronologique^ négligée dans l'ancieniie copie :

# QVI vixrr.iN.HOc secvlo.ans

PL MS LXX.DPS.S D.V KAL.IVN P C MAWRTI . V C , CONSVL.

(Voir Gazzera, Iscrizioni cristiane del Piemonte, p. 112 et 113.)

Parmi les inscriptions latines connues seulement d'abord par des transcriptions, et dont les originaux ont été retrouvés, je dois rappeler les poésies épigraphiques de saint Damase, retrouvées par Marangoni (Acta S. Victorini, p. 137, 138) et M. De Rossi {Roma sotterranea^ t. I, p. 120, 256; t. II, p. 25), etc.

des textes que Timportance des monuments funéraires avait fait remarquer et recueillir *.

Ce fait vient de se présenter pour une épitapbe de la Gaule.

II existe à Vienne, sous le vocable de Saint-Pierre, une église élevée sur la place d'une basilique des pré* miers siècles, et occupée, il y a peu de temps encore, par un atelier de forge. Incessamment ébranlés par la percussion des machines, les murs de la nef se sont dépouillés de Tenduit qui les recouvrait, et des portions largement dégradées ont laissé voir, à Fintérieur de mauvais pilastres de plâtre, les fûts de belles colonnes romaines. Des réparations ont été entreprises; le pavé, remanié, a donné plusieurs fragments d'épitaphes de sarcophages, et, au niveau du sol antique, comme à la basilique de Saint- Alexandre, près de Rome, une sépulture recouverte de son inscription.

Parmi les débris retrouvés dont M. Allmer m'a adressé des copies, on remarque le reste d'une dalle de marbre oh se lisent les trois lignes suivantes :

PLÂC£AT G£MIR£ QVOD GELEBRARE, . •

....... EPOSITIO EST VII IDVS MARSIAS

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