‹ Manual technique de microbiologie et sérologieChapitre 123 sur 241 · III · texte numérisé non relu

III

Gonocoque.

S0000+e tt ne TES 20000 +o

DIAGNOSTIC PAR LA SÉRO-AGGLUTINATION. — On prend 3 tubes à essai et on verse dans l’un, 1 centimètre cube d’une dilution à 1 p. 100 de sérum anti-méningo (non chauffé), dans les deux autres, respectivement, 1 centimètre cube de dilution à 1. p. 100 de sérum de cheval normal (non chauffé et 1 centimètre cube d’eau salée physiologique à 7 gr. 5 p. 1.000.

On émulsionne dans chaque tube 1 anse de culture ou d’émulsion concentrée d'une colonie âgée de 24 heures du méningocoque à identifier. On porte à l’étuve à 370. L’agglutination est complète au bout de quelques heures (24 heures au plus) dans le premier tube s’il s’agit d’un méningocoque. Beaucoup de pseudo-méningocoques s’agglutinent spontanément et presque instantanément dans l’eau salée physiologique. C’est le cas en particulier pour le Microc. catarrhalis.

Il est souvent commode d'effectuer la réaction d’agglutination directement sur lames (S. Costa) :

On dépose au centre d’une lame deux gouttes d’eau salée physiologique dans lesquelles on émulsionne, avec une anse de platine, un fragment de colonie suspecte. On y ajoute une anse de platine (représentant environ 1/25 de goutte) de sérum agglutinant. On mélange fortement pendant quelques secondes, puis on recouvre d’une lamelle et on examine. Si, au bout de deux à trois minutes, l’agglutination ne se produit pas, le séro-diagnostic est négatif. On fait d’ailleurs une épreuve de contrôle avec du sérum normal et une autre avec de l’eau salée physiologique.

M. Nicolle, E. Debains et C. Jouan ont signalé l'existence de plusieurs types de méningocoque (A, B, C) plus spécifquement agglutinables par un sérum.

Dans la région parisienne, le type Best le plus commun.

Pour déterminer chaque type, on cultive les germes sur la gélose Truche (voir ci-dessus) et, après 24 heures d'étuve, on les émulsionne dans de l’eau physiologique additionnée de 1/20 de bouillon Martin, à raison de 1 centimètre cube de microbes pour 20 centimètres cubes de liquide. On prépare 4 groupes de 4 tubes contenant 1 centimètre cube d'émulsion et on verse respectivement pour chaque groupe 1/20, 1/50, 1/100, 1/200 de centimètre cube de chaque sérum anti À, Bet C ou de sérum équin normal (il est exceptionnel qu'on soit obligé d'employer plus de 1/200 de centimètre cube de sérum spécifique). On agite environ 10 minutes et on note le taux auquel l’agglutination se produit dans cha:

que tube.

PROCÉDÉS INDIRECTS : PRÉCIPITO-DIAGNOSTIC (VINCENT) POUR LE LIQUIDE DE PONCTION LOMBAIRE. — Le liquide

centrifugé et décanté est versé dans un tube stérile A 59 gouttes de ce liquide on ajoute 1 à 3 gouttes de sérum antiméningo non chauffé. Boucher le tube au caoutchouc. Préparer un tube de contrôle avec le liquide céphalorachidien seul. Porter à l’étuve à 37° ou mieux au bainmarie à 950, Au bout de 15 à 16heures, le tube contenant le sérum anti est opalescent si le méningocoque est en cause. L'autre tube reste généralement limpide. Toutefois la réaction n'est pas rigoureusement spécifique. Elle est souvent positive avec le paraméningocoque et avec le pneumo-

coque. | RECHERCHE DE L'AGGLUTINATION AVEC UN MÉNINGO- COQUE TYPE. — Elle s'effectue, avec le sérum du malade

suspect, vis-à-vis d'une culture type de méningocoque entretenue au laboratoire. Elle doit être positive à 1 p. 40 ou à 1 p. 50. La réaction n'apparaît qu’au 8° ou 10° jour de Ja maladie, ce qui diminue beaucoup son importance. FIXATION DU COMPLÉMENT. — Elle se fait selon Îa technique des réactions de Bordet-Gengou (voir chap.xxn), soit avec le sérum inactivé du malade et un méningocoque de culture-type entretenu au laboratoire, soit en mettant en présence 1 centimètre cube de liquide céphalo-rachidien comme antigène et du sérum antiméningococcique. ÉPREUVE DU PÉRITOINE. — On prend deux cobayes de 250 à 300 grammes. L'un reçoit, dans le péritoine, 1/2 cenmètre cube de sérum antiméningo non chauffé ; l'autre

GONOCOQUE | 317

1/2 centimètre cube de sérum normal de cheval non chauffé. Après 24 heures on injecte à tous deux, dansle péritoine, 1/6 environ d'une culture sur gélose âgée de 24 heures émulsionnée dans l’eau physiologique, 25 minutes plus tard on prélève, à la pipette capillaire, par ponction (l'animal étant tenu par un aide, le ventre en bas, saillant transversalement) quelques gouttes d’exsudat qu'on étale sur lame qu'on sèche et qu'on fixe par l'alcool éther. Colorer par thionine phéniquée. Les méningos vrais ont disparu ou sont à peine visibles dans l’exsudat du premier cobaye, tandis quils se montrent nombreux et bien colorés dans celui du second. S'il s'agit de paraméningocoques, l’exsudat du premier cobaye est aussi riche en cocci bien colorés que celui du second.

ÉPREUVE DE GRYSEZ (inoculation intra-rachidienne au cobaye). — On inocule directement dans la cavité rachidienne, au niveau de la 4° ou 5evertèbre lombaire, par ponction d’arrière en avant, avec une forte aiguille de seringue de Pravaz, 0 cc. 5 du liquide céphalo-rachidien suspect, non centrifugé. S'il s’agit de méningite cérébro-spinale à méningo, la mort survient entre 2 et 24 heures avec une hypothermie très caractéristique. Les animaux préalablement vaccinés par le sérum antiméningo ne succombent pas et n’ont pas d’hypothermie.

E. — Gonoccque.

Température opt, 37°. Ne pousse pas au-dessus de 300.

COLORATION. — Elle s'obtient très aisément avec les méthodes simples. La plus recommandable est celle de Maurice Nicolle à la thionine phéniquée ou bien le mélange de Pick et Jacobsohn, qu'on doit préparer au moment de s en servir avec des solutions mères :

LIL, ANT GPS RC ER ER A 20 cc.

Sol. de fuchsine de Ziehl. . . . . . XV gouttes. Sol. alcool. sat. de bleu de méthylène. . VIII gouttes.

Colorer 30 secondes. Laver, Sécher.

On peut aussi employer la méthode de Pappenheim, qui est très élégante. Elle consiste à colorer la préparation pendant 1 minute avec une solution de vert de méthyle et de pyronine faite de la manière suivante :

On met dans un flacon 0 gr. 15 d alcool, 20 centimètres cubes de glycérine, 100 centimètres cubes d’eau phéniquée à 0,5 p. 100. Ce liquide est d’une belle couleur bleu -violet. On le fait agir sur les préparations (fixées par simple dessiccation lente et passage à travers la flamme) pendant 2 à 5 minutes, puis on lave à l'eau et on sèche. Les gonocoques apparaissent rouges et les noyaux cellulaires bleus.

La méthodede Lesscynski est aussi très bonne. On colore à la thionine phéniquée pendant 30 à 60 secondes, puis on lave à l’eau et on fait agir sur la préparation, pendant 1 minute, la solution suivante :

Sol. sat d’acide picrique dans l’eau. . . 1 vol. Sol. aqueuse de potasse caustique à 1 p. 1.000. 1 vol.

Puis, on passe à l'alcool, on lave à l’eau, on sèche et on examine dans l'huile à immersion.

Les cellules sont jaune paille, les noyaux rouge violacé, les gonocoques violet noir, les autres microbes jaunes ou rose rouge. Ïl y a toujours avantage à faire une préparation colorée au Gram pour déceler les cocci autres que le gonocoque, par exemple le synocoque de Ch. Nicolle, qui peuvent coexister avec celui-ci dans un pus uréthral. On fera alors un Gram-Nicolle et une coloration de contraste avec de la safranine ou du brun de Bismarck ou de la fuchsine de Ziehl.

CurruRrE. — pHlimites — 6,0-8,3, pH optim = 7,5. Pour isoler le gonocoque on peut se servir de bouillon ascite (1 partie de liquide d’ascite, 3 parties de bouillon ou de gélose peptonée légèrement alcaline), ou bien de la gélose au sérum de porc de Wassermann.

Milieu. gélosé de Wassermann :

DéTUIM 6 POIC. de CSS AE 1. L00:C0i Eau tdistillée mn ee RE 0 I SU0 Tee:

Glycérine, {5 Le. OPUS CPE PONT 20 ce.

Nutrose{s01.,4,2"p. A00 SERRE 2, J:Cc-

Faire ce mélange dans un vase d’Erlenmeyer et le porter à l’ébullition en agitant constamment, puis ajouter,

GONOCOQUE 319

après refroidissement à 55°, parties égales de gélose peptonée à 2 p. 100 fondue, et couler en boîtes de Pétri.

Les colonies se développent bien en 24 heures à 37°. On peut encore employer le milieu suivant :

Milieu de Sabouraud et Noiré : Faire bouillir pendant 5 minutes 1 litre de lait frais Précipiter la caséine par addition de 2 centimètres cubes d'HCI et recueillir le sérum par simple passage sur un tamis recouvert de coton hydrophile.

Ajouter moitié du EL d’eau. Neutraliser avec solution de soude à 10 p. 100. Porter à l’autoclave à 120° pendant 10 minutes. Filtrer. Ajouter :

1 p. 100 de peptone.

1 p. 100 de glucose ou saccharose.

Page 1