‹ Manual technique de microbiologie et sérologieChapitre 132 sur 241 · C. — Paratyphique A · texte numérisé non relu

C. — Paratyphique A

Caractères biologiques. — Le para À a les mêmes caractères morphologiques et culturaux que le bacille d’Eberth Il s’en distingue par les caractères suivants : Il a comme pH limites 4,5-7.8 et comme pH optimum 6,4-7. Il décolore lentement la gélose au rouge neutre et provoque sa fluorescence. [Il rougit franchement le petit-lait tournesolé. Il ne noircit pas la gélose au plomb.

D. — Paratyphique B.

Caractères biologiques. — Le para B a des caractères différentiels plus nettement accusés. Son pH est analogue à celui du Para A. Mais en bouillon, il dégage souvent une odeur fécaloïde. En gélose inclinée, la culture est plus abondante sous la forme d’un enduit épais, opaque, souvent visqueux. Sur pomme de terre, la culiure est abondante, épaisse, brunissant rapidement. Comme pour l’Eberth etla para À, le lait n’est pas coagulé, mais il s'éclaircit tardivement Le petit-lait tournesolé rougit très vite, puis bleuit (caméléonage). La gélose au rouge neutre est décolorée et on observe sa fluorescence. L'artichaut est verdi en 24 heures. Contrairement au para À, la gélose au sous-acétate de plomb est noircie comme par l'Eberth.

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E. — Caractères différentiels du bacille typhique, des paratyphiques A et B et du Bacterium coli sur chacun des milieux précédents.

Paratyphiques Bacille ne ET Le Bacterium typhique a B coli

——————————— |. ———————__———————— | —————————————e ————————— ef |

Pas de coa-

ST Pas de Pas de gulation. Coagulation 1OALerE . . parfois changement | changement | Eclairecit A tardivement NE 4 QU Rougit Rond 2° Petit-lait Rougit Rougit |très vite,puis she tournesolé légèrement |franchement| bleuit (ca- Lies

RP \| fortement méléonage

30 Milieux

IR TPS SD RARE RE Lis Colonies Drigalski incolores incolores incolores rouges ee , Ne noircit 40 Milieux pe "ci a Noircit ROptoeit Noircit |pas (quelques au plomb pas RTE € exceptions) Décoloration|.-; Décoloration Ro . 2 .

A au pe dé lente. Fluo- RC Fluorescence ouge neutre | modification | escence uorescence pe 6° Bouillon glu- Pas de Fermen- Fermen- |Fermentation cosé carbonaté |fermentation tation tation abondante 7° Bouillon lac- Pas de Pas de Pas de Fermentation

tosé carbonaté |fermentation [fermentation |fermentation | abondante

Verdisse- |Verdisse-

8° Artichaut Pas de ment nul ou ment en Verdissement verdissement ne Dd'Léires rapide Mobile dans les cultures Général âgées de enéra A 99 Mobilité Mobile Mobile moins Peu. ne de 12 heures. il he mobile immobile 10° Formation

d'indol Négative Négative Négative Positive

F. — Méthodes de recherche de la réaction de l’indol.

Cette recherche doit se faire sur des cultures en eau peptonée, âgées de 48 heures. (Peptone 50 grammes, sel marin 5 grammes, eau 1 litre.) Employer les peptones Poulenc, Chapoteau ou Collas. Examiner les cultures après 2 et 8 jours.

a) Réaction de Salkowsky. — A un tube: contenant environ 15 centimètres cubes de culture, ajouter :

XXX gouttes de solution de nitrite de potassium à 1 p. 1.000, puis en agitant légèrement et en laissant couler le long du verre,

XX gouttes d'acide sulfurique chimiquement pur.

Coloration rose, due au nitroso-indol, s’il s’est formé de

l'indol.

b) Réaction de Legal- Weyl. — A un tube de culture, ajouter 4 à 5 gouttes de solution de nitro-prussiate de soude à 9 p. 100, puis après agitation, quelques gouttes de lessive de soude à 40 p. 109. Le liquide devient rougeâtre. En ajoutant environ 10 gouttes d'acide acétique cristallisable la couleur vire au bleu-vert s’il y a de l’indol.

c) Recherche de l'indol par le papier oxalique. — Des bandes de papier à filtrer, larges de 5 millimètres environ, stérilisées par flambage au four Pasteur dans des boîtes de : Pétri, sont largement imprégnées de solution aqueuse saturée d'acide oxalique et séchées à l’étuve.

On introduit une de ces bandes à l’intérieur d’un tube de culture (contenant l’eau peptonée ensemencée) de telle sorte que la bande ne touche pas le milieu de culture, mais demeure suspendue au-dessus de celui-ci et maintenue en place par le bouchon d’ouate.

S'il y a de l’indol, on voit le papier se colorer nettement en rose au bout de 1 à 3 jours.

d) Réaction de Fleig et Sicre. — À un tube de culture, ajouter 10 centimètres cubes de solution alcoolique de fur-

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furol à 1 p. 50, puis quelques gouttes d’acide chlorhydrique pur. Coloration jaune s'il s’est formé de l’indol.

e) Réaction d'Ehrlich.

1° Paradiméthylaminobenzaldéhyde. . . . 5 gr. ACODIA ISIN SRE “UC SOUS gr.

Acide chlorhydrique: pürs ; . … . : . 80 gr.

2° Solution saturée de persulfate de potassium dans l’eau distillée. À 10 centimètres cubes de culture en bouillon ou en eau peptonée, on ajoute centimètres cubes de la première, puis centimètres cubes de la seconde solution. On mélange par agitation. La présence &’indol se manifeste par une coloration rouge. L’addition de 1 à 2 centimètres cubes d'alcool amylique pur rend la coloration encore plus nette.

1) Procédé de À. Berthelot. — 19 Opérer sur 10 à 15 centimètres cubes de culture contenue dans un tube à essai ; prendre la réaction de celle-ci au papier de tournesol et alcaliniser franchement au moyen de quelques gouttes de lessive de soude si besoin est.

2° Ajouter un volume égal d’éther purifié, agiter doucement pendant quelques minutes, puis laisser déposer jusqu’à ce que la couche éthérée soit bien limpide, au moins dans la moitié supérieure. Si l’'émulsion est trop stable, on l’additionne de quelques gouttes d'alcool.

3° Avec un tube à effilure courte, prélever 3 à 4 centimètres cubes dela solution éthérée en évitant d'entraîner des gouttelettes du milieu de culture.

4 Ajouter à l'éther, ainsi recueilli dans un tube à essai, 1/4 de son volume d'une solution de p. diméthylaminobenzaldéhyde à4 pour 100 dans l'alcool à 96°. Mélanger intimement en agitant.

59 A l'aide d’un tube effilé, faire arriver au fond du tube contenant le mélange précédent, 2 à 3 centimètres cubes d’acide chlorhydrique. Laisser reposer 5 minutes, puis examiner sur un fond blanc. La présence d’indolest décelée par l'apparition d'un anneau rouge, légèrement violacé, dans la zone de séparation des deux liqueurs ; lorsque la quantité d'indol est assez forte, la coloration s'étend à toute la couche

inférieure. Une teinte plus violacée tendant vers le bleu indique la présence de scatol.

Faire toujours une réaction dans deux tubes témoins, l’un pour s'assurer que la peptone employée seule ne contient pas d'indol, l’autre avec une culture de Bacterium coli, pour s’assurer que la peptone employée donne bien de l’indol en présence de ce bacille.

Les cultures en eau peptonée de bacille typhique et de paratyphique À ne donnent jamais d'indol.

Les cultures de paratyphique B en donnent quelquefois (notamment avec la peptone de Witte), mais faiblement.

Lescultures de Bacterium coli donnent loujours de l'indol, sauf dans les milieux sucrés fermentescibles par ce microbe.

G. — Diagnostic par la réaction d’agglutination.

I. — IDENTIFICATION DES CULTURES PAR UN SÉRUM AGGLUTINANT TYPE (SÉRUMS ANTI-EBERTH, ANTIPARA A ET ANTIPARA B.

Elle peut s'effectuer soit par la méthode d’examen en gouttes pendantes, soit parles mélanges in vitro.

a) Agglutinalion en gouttes pendantes. — Avec une culture sur gélose du bacille suspect, âgée de 24 heures, délayée dans 5 centimètres cubes environ d’eau salée physiologique, on prépare une émulsion aussi homogène quepossible. Au moyen d’une anse de platine on en dépose une goutte au milieu d'une lamelle bien propre. Dans cette goutte, avec la même anse de platine (qu'on a stérilisée à la flamme dans l'intervalle), on dépose un volume sensiblement égal d’une dilution à 1 p. 50 du sérum agglutinant type. La dilution dont il s’agit est préparée, au moment de l'usage, en mélangeant dans un tube à essai une goutte de sérum à 2 cc. ou 50 gouttes d’eau salée physiologique.

Le mélange doit toujours être soigneusement agité sur la lamelle même avec le fil de platine.

On renverse la lamelle sur une lame creuse, on attend 20 minutes et on examine au microscope avec un objectif à

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sec (n° 6ou8, oc. 3 de Stiassnie)en diaphragmant beaucoup.

Une préparation témoin doit être faite sans sérum. On voit immédiatement si les bacilles sont réunis en grumeaux dans la goutte pendante qui a reçu le sérum. Si l’agglutination est nette, c'est qu'il s’agit d’un bacille typhique authentique.

b) Agglutination en tubes : mesure de l’agalutinabilité. — Dans une série de petits tubes à essai, on verse un même volume (1 centimètre cube) de dilutions à taux progressivement décroissants d’un même sérum agglutinant-type dont le pouvoir agglutinant maximum a été déjà antérieurement précisé (1 15.000° par exemple). Les dilutions successives sont faites ‘à 1/100, 1/200, 1/500, 17/1000, 1/2000, etc. (Voir tableau ci-après.)

Dans chacun des tubes, on introduit une goutte (ou une anse de platine) d’une émulsion homogène de la culture à déterminer, émulsion faite en délayant toute la culture de 24 heures dans 1 centimètre cube seulement d'eau salée physiologique.

On porte les tubes à l’étuve à 37° pendant 3 heures (délai optimum) et on note ensuite, en les examinant à la loupe, ceux des tubes dans lesquels les bacilles se montrent agglomérés ou suspendus en grumeaux. Le taux de l'agglutinabilité de la culture est indiqué par le titre de la dilution de sérum qui a produit une agglutination nette.

Une expérience témoin doit toujours être effectuée avec une culture typhique authentique ayant servi à titrer le pouvoir agglutinant du sérum, pour s'assurer que celui-ci n'a pas varié.

II. — DrAGNosSTIC DE L'INFECTION TYPHIQUE HUMAINE OU EXPÉRIMENTALE PAR LA SÉRO-AGGLUTINATION DE FF. WipaL. — Les prises de sang se font soit à la seringue, dans une veine, soit par aspiration capillaire à la pipette après piqûre du lobule de l'oreille ou de la pulpe du pouce (préalablement comprimé à sa base et fléchi au maximum) au moyen d’une aiguille stérile. Il faut toujours prendre soin de laver la peau à l'alcool avant de faire la piqûre.

On sépare le sérum après coagulation du caillot ou, si l'on est pressé, on défibrine le sang par agitation avec un fil de platine, et on centrifuge.

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