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CHAPITRE" M

NOTA. — Les milieux de culture destinés aux inoculations doivent, en général, être préparés sans peptone.

A. — Préparation du bouillon de viande.

(Bouillon simple, non peptoné) *.

500 grammes de viande de bœuf ou de veau, débarrassée de graisse et de tendons, sont hachés finement au hacheviande.

On met ce hachis dans un bocal dans lequel on verse 1 litre d’eau du robinet, froide. On remue un instant avec une cuiller de bois. On laisse en repos le bocal couvert d’un linge pendant quatre heures, temps suffisant pour la dissolution de toutes les substances nutritives. On remue encore à la cuiller et on verse le contenu du bocal dans une marmite émaillée qu'on porte sur le feu. On chauffe doucement et on laisse bouillir 10 minutes en remuant constamment avec la cuiller de bois. Les matières albuminoïdes sont ainsi Coagulées.

On filtre ensuite le mélange sur un linge de toile et on verse le liquide dans une autre marmite. On exprime la viande cuite restée sur le linge, en tordant fortement celuici, pour en faire sortir tout le jus. On laisse refroidir et on filtre sur papier mouillé pour retenir les particules de graisse entrainées mécaniquement. :

On alcalinise ensuite avec une solution de soude pure à

1. Pour la préparation des bouillons destinés à l'obtention des toxines diphtérique ou tétanique, voir respectivement les chapitres xxvir et xL. La viande de cheval ne doit pas être employée pour la préparation des milieux de culture en général. Beaucoup de microbes poussent très bien dans le bouillon de cheval, mais certains de leurs caractères (chromogénie surtout) s'y trouvent modifiés.

1 p. 10 qu'on ajoute goutte à goutte, en agitant fortement le liquide dans lequel on a plongé un gros fragment de papier de tournesol bleu qui rougit aussitôt et un autre fragment de papier de tournesol rouge. Quand les deux papiers prennent une teinte légèrement violacée, la neutralité est obtenue. (Pour la culture de la plupart des microbes pathogènes, il convient de pousser l’alcalinisation un peu plus loin : on ajoute alors, par litre, 5 à 7 cc. 5 de lessive normale de soude.) Il se produit un trouble dû à la précipitation des phosphates alcalino-terreux.

On porte alors la marmite à l’autoclave, on chauffe sous pression à 120° pendant 20 minutes, puis on filtre sur papier Chardin. Le bouillon filtré est recueilli dans des ballons, ou réparti en tubes qu'on bouche à l'ouate (non hydrophile) et qu'on stérilise de nouveau à 115° seulement, pendant 20 minutes. F

Le même bouillon peptoné et salé se prépare en ajoutant au liquide, avant l’alcalinisation par la soude, 20 grammes de peptone et 5 grammes de sel de cuisine par litre.

Dans les laboratoires de sérothérapie, où l’on peut disposer des caillots de sang provenant de la saignée des animaux producteurs des sérums thérapeutiques, il est très recommandable et économique d'employer ces caillots, au lieu de viande, à la préparation des bouillons de culture destinés aux analyses d'eaux d'alimentation par exemple.

Voici comment il convient de les utiliser :

On pèse 1 kilogramme de caillots (fragmentés grossièrement avec la main ou avec une cuiller de bois) et on y ajoute 1 litre et demi d’eau. On laisse en contact pendant 24 heures à la température du laboratoire en remuant de temps en temps la masse. On filtre celle-ci sur un linge de toile et on porte le filtrat à l’autoclave à 115° pendant une demi-heure. On filtre ensuite de nouveau sur un linge d’abord, puis sur un entonnoir garni d’ouate hydrophile. Ce liquide remplace la macération de viande.

On peut, à la rigueur, remplacer la macération de viande, lorsque celle-ci fait défaut, par une macération de levure de brasserie ou de distillerie préparée de la façon suivante :

On purifie d’abord la levure en la mettant en suspension dans une grande quantité d'eau (20 litres par exemple pour 2 kg. 500 de levure pressée) dans laquelle on verse, par

petites portions, 150 à 200 grammes d'acide chlorhydrique. La levure se dépose en flocons. On décante et rejette le liquide surnageant ; on recueille la levure sur un linge, on l’essore et on en fait macérer 2 kg. 500 dans 4 litres d’eau de conduite. On porte sur le feu et on fait bouillir pendant quelques instants en agitant constamment avec une cuiller de bois. On ajoute encore 5 litres d’eau de conduite. On laisse la levure se déposer pendant 3 heures et on filtre. Au liquide clair recueilli on ajoute 10 grammes de peptone et 5 grammes de chlorure de sodium par litre. On neutralise, on stérilise à 115° et on filtre.

Ce milieu peut servir à cultiver la plupart des microbes de l’eau ou de l’air et beaucoup de microbes pathogènes.

On peut aussi employer, pour cultiver la plupart des microbes, le Bouillon de légumes d'Albert Berthelot :

Dans 4 litres d’eau on met 300 grammes de pommes de terre pelées et coupées en morceaux menus, 150 grammes de carottes et 150 grammes de navets. On fait bouillir 4 heures jusqu’à réduction à 3 litres. On passe sur toile fine et on ramène à 3 litres par addition d’eau distillée. On alcalinise faiblement (au tournesol) avec de la soude. On stérilise à l’autoclave, on laisse reposer 24 heures en glacière et on filtre sur papier. On répartit et on stérilise 20 minutes APTE

Ce bouillon sans peptone est recommandable pour la culture des microbes-vaccins. On peut le gélatiniser ou le géloser ;

Les champignons y poussent bien, à la condition de ne pas l’alcaliniser à la soude, d’y ajouter 2 à 5 p. 100 de maltopeptone et, s’il y a lieu, 2 à 10 p. 100 d’un hydrate de carbone.

On peut le peptoner en l’additionnant de son volume de peptone de Martin.

B. — Préparation du bouillon à l'extrait de viande Liebig.

Peser 5 grammes d'extrait de viande Liebig qu'on fait dissoudre dans un litre d’eau tiède à 50 ou 55°. Ajouter : peptone 10 grammes et sel marin 5 grammes. Neutraliser ensuite, comme pour le bouillon ordinaire, jusqu’à ce que

le papier de tournesol rouge vire nettement au bleu. Porter à l’autoclave à 1209, 20 minutes. Filtrer sur papier Chardin.

Répartir en ballons ou en tubes et stériliser à 115°, 20 minutes,.

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