C. — Recherche de l’immunité antidiphtérique
Se fait au moyen de la réaction de Schick : injection intradermique d’une dose très faible de toxine diphtérique.
Chez les sujets dont les humeurs contiennent de l’antitoxine, il ne se produit aucune réaction. La réaction est posilive, quand il y a absence d'antitoxine, 24 heures après l'injection ; on constate un halo rouge induré quiaugmente jusqu’à la 48° heure, puis diminue et disparaît dans la semaine suivante.
Chez l’homme et chez le cobaye, on injecte dans le derme, sous le volume de un dixième de centimètre cube, une quantité de toxine diphtérique égale au cinquantième de la dose mortelle en quatre jours pour un cobaye de 250 grammes. [l faut avoir une toxine titrée. Si la toxine tue par exemple au 1/700, le 1/50 de la dose mortelle est 1/35.000. Il faut donc ajouter 1/10 de centimètre cube d’une solution à 1/3.500. Faire la dilution avec de l’eau physiologique stérile dans des verres à pied stériles. Prendre par exemple trois verres dans lesquels on met respectivement 9 centimètres cubes dans le premier, 9 dans le second et 34 dans le dernier. Mettre dans le premier 1 centimètre cube de toxine pure (dilution au 1/10). On reporte 1 centimètre cube du premier dans le second (1/100) et 1 centimètre cube du second dans le troisième (1/3.500).
E. — Anatoxine diphtérique. (G. Ramon.)
La toxine diphtérique additionnée de 3 à 4 p. 1.000 de formol et abandonnée à la température de l’étuve (37-382) perd
peu à peu son pouvoir nocif mais conserve son pouvoir floculant. Une toxine très active, tuant par exemple à la dose de 1/800 de centimètre cube un cobaye de 300 grammes en 4 jours, se transforme ainsi finalement en un produit floculable en présence de la même quantité d’antitoxine que la toxine non modifiée, avec seulement un retard plus ou moins grand dans l'apparition de la floculation. Mais elle ne provoque plus, même à la dose de 6 centimètres cubes, ni lésions locales, ni symptômes d'intoxication précoces ou tardifs chez le cobaye. C’est ce produit antigène, atoxique, que Ramon a proposé d’appeler anatoxine diphtérique.
L'anatoxine diphtérique injectée à la dose de 1 centimètre cube, immunise le cobaye contre 50 et 100 doses mortelles ; deux injections successives de 1 centimètre cube d’anatoxine le protègent contre plusieurs milliers de doses mortelles. Elle convient parfaitement à l'hyperimmunisation des chevaux en vue de ‘la production de sérum antitoxique. Après 2 injections de 1 centimètre cube, puis de 3 centimètres cubes à 7 jours d'intervalle, 1 centimètre cube de sérum est déjà capable de neutraliser 600 doses mortelles pour le cobaye. En répétant ensuite les injections d'anatoxine à doses croissantes, on constate une augmentation progressive de la teneur du sérum en antitoxine. La production d’antitoxine est la même qu'avec des quantités équivalentes de toxine, mais elle s'effectue en un temps beaucoup plus court (3 à 4 semaines) et avec un moins grand dommage pour les animaux, puisqu’il s'agit d’une substance dépourvue de toute toxicité.
L'anatoxine de Ramon est aujourd’hui employée pour vacciner activement les enfants et aussi les adultes exposés à contracter la diphtérie.