C. — TITRAGE DU SÉRUM ANTIPNEUMOCOCCIQUE
a) Méthode américaine (Etat de New-York). Sérum étalon. — Son efficacité est telle que, injecté à la dose de O0 ce. 2 à une souris de 16 à 22 grammes, 1l l'immunise pendant 4 jours au minimum contre Ü cc. 1 de culture étalon de pneumocoques du type [I dont O cc. 000001 tue la souris témoin en moins de 48 heures.
Technique du titrage. — La dilution de la culture et du sérum sera faite en bouillon préparé avant l’épreuve expérimentale, de telle façon qu’il ne soit pas mesuré moins de Occ. 5 de cette dilution. Ainsi 2 centimètres cubes de sérum sont dilués dans 3 centimètres cubes de bouillon, de sorte que 0 cc. 5 du mélange contienne 0 ce. 2 de sérum. De même on ajoute 1 centimètre cube de culture à 4 centimètres cubes de bouillon, de sorte que 0 cc. 5 du mélange contienne 0 cc. 1 de culture.
Dans la préparation de l'injection, Occ.5 de la culture diluée et0 cc. 5 de sérum dilué sont intimement mélangés dans le tube de la seringue et injectés en 2 minutes dans le péritoine d’une souris pesant 16 à 22 grammes. On procède en même temps à des épreuves de contrôle avec le
sérum étalon et à des épreuves de contrôle de la virulence de la culture sans sérum. |
Le titre protecteur du sérum vis-à-vis de la Suite cons titue son degré d'efficacité et doitau moins égaler celui du sérum étalon.
b) Méthode de Nicolle-Cotoni-Truche et Raphaël. — On injecte, sous la peau de la souris, 1/10 de centimètre cube du sérum à titrer et, le lendemain, 1/ 100 de centimètre cube de culturetuant les souris témoins au millionième de centimètre cube. Si'l’animal qui a reçu le sérum résiste, le sérum est considéré comme bon. Il convient d’éprouver les animaux-sérum avec diverses races de pneumocoques.
Un sérum provenant d’un animal hyperimmunisé avec un type donné de pneumocoques peut être très actif sur des pneumocoques tout différents par leur agglutinabilité. C’est ainsi que :
1° Les pneumocoques du type I fournissent des sérums qui peuvent protéger la souris contre l'inoculation de 10.000 doses mortelles de pneumocoques I et contre l’inoculation de 100, 1.000, ou 10.000 doses mortelles des pneumocoques II et III. Ils sont peu actifs sur les pneumocoques IV.
2° Les pneumocoques II fournissent des sérums qui protègent la souris contre 1.000 quelquefois 10.000 doses mortelles de germes homologues et contre 1.000 doses mortelles de pneumocoque III. Ils sont peu actifs sur les pneumocoques [et IV.
30 Certains sérums d'animaux préparés avec le pneumocoque III protègent contre 1.000, quelquefois 10.000 doses mortelles de germes homologues et contre 1.000 doses mortelles d’un pneumocoque I. Ils sont très peu actifs sur les pneumocoques II et IV.
40 Les pneumocoques IV fournissent des sérums qui protègent la souris contre 100 doses mortelles de germes homologues. Leur activité à l'égard des pneumocoques I, IT et II est en général peu marquée.
La conférence internationale de Sérologie (Paris, 1922) estime quele titrage du sérum chez la souris, avec l’emploi d’un sérum étalon comme contrôle, constitue une base suffisante pour la standardisation internationale des sérums.
SÉRUMS ANTIMICROBIENS 491
On peut ainsi effectuer ce titrage chez la souris, soit en injectant dans le péritoine une quantité fixe : 0 cc. 2 de sérum mélangé à des quantités de culture très virulente en bouillon, variant de O0 cc. 1 à 0 cc. 4 ou plus, soit en injectant dans le péritoine des quantités variables plus faibles : 0 cc. 001 à 0 cc. 0001 de sérum et, trois heures après, une quantité moyenne de culture, par exemple, 0 ce. 0001. La culture devra tuer la souris à la dose minimum de O cc. 0000001. Pour chaque titrage, on devra utiliser un sérum étalon.
D. — TITRAGE DU SÉRUM ANTIMÉNINGOCOCCIQUE
a) Méthode américaine. — (Etat de New-York.) Le sérum antiméningococcique doit agglutiner aux dilutions de 1/5.000, 1/2.000, 1/3.000 et 1/1.500 les quatre cultures types de méningocoques À, B, C, D, respectivement, en employant une émulsion d’opacité type et en maintenant les tubes à 55° centigrades, pendant une durée de 16 à 24 heures. |
Emulsions microbiennes types. — Leur opacité doit correspondre à une émulsion de sulfate de baryum contenant 3 centimètres cubes de solution à 1 pour 100 de chlorure de baryum et 79 centimètres cubes de solution à 1 pour 100 d'acide sulfurique. Ce type d’émulsion méningococcique contient approximativement 2.000 millions de germes par centimètre cube.
Technique du titrage. — La dilution sera faite avec une solution saline normale à 8,5 pour 100 de NaCI. Après addition de sérum, le mélange doit contenir environ 1.000 millions de bacilles. Les émulsions de cultures types seront ajoutées, dans des tubes à agglutination de 8 à 11 millimètres de diamètre, au sérum dilué à titrer ainsi qu'aux dilutions correspondantes du sérum étalon. On porte au bain-: marie à 650 pendant 16 à 24 heures. Le titre ainsi déterminé est représenté par la dilution maximum du sérum avec laquelle l’agglutination finale des méningocoques peut être aisément reconnue à l'œil nu. Le pouvoir agglutinant enregistré donne l'efficacité du sérum.
b) Méthode de M. Nicolle, E. Debains et C. Jouan. —
On émulsionne les germes dans la solution physiologique (10 pour 1000 de NaCl), à raison de 1 centigramme de microbes pour 20 centimètres cubes de la solution. Les cultures jeunes, âgées de 24 heures où moins, conviennent seules.
On prépare quatre séries de tubes contenant tous 1 centimètre cube d’émulsion d’un des types À, B, C, D, de méningocoques et l’on verse respectivement, pour chaque groupe, des quantités croissantes de sérum 1/20, 1/50, 1/100, 1/200, etc... On abandonne pendant 24 heures à
la température ordinaire et on examine ensuite à la loupe.
Nota. — Les sérums antimicrobiens qui s'adressent aux maladies septicémiques ne sont efficaces, d’une manière générale, au point de vue thérapeutique, que lorsqu'on les injecte à doses élevées et par voie intraveineuse. Lorsque celle-ci ne peut pas être choisie, il faut employer la voie péritonéale.
E. — TITRAGE' DES ANTICORPS OU SENSIBILISATRICES DES SÉRUMS ANTIMICROBIENS
Le rôle des ee es ou anticorps que renferment en plus ou moins grande quantité les sérums antimicrobiens n’est pas encore très exactement établi, Quelquesunes de ces sensibilisatrices, «les anticorps tuberculeux » par exemple, apparaissent plutôt à certaines périodes de la maladie comme des témoins de l'infection bacillaire, mais ne semblent pas remplir de fonctions défensives. Quoiqu'il “en soit, dans beaucoup d'infections, la richesse du sérum ep sensibilisatrices paraît d'autant plus grande que la défense de l'organisme est plus active. Il y a donc intérêt à provoquer la formation de ces sensibilisatrices (c'est le but des vaccins microbiens) et à pouvoiren mesurer la quantité existant dans les humeurs.
Cette mesure se fait par la réaction de fixation de Bordet- Gengou en prenant comme antigène le microbe (ou parfois ses produits de macération ou de sécrétion) et comme source d'anticorps, le sérum dans lequel il s’agit de les titrer. On établit ainsi, pour chaque échantillon de sérum, Sa valeur en unités d'anticorps par centimètre cube.