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C. — Titrage d’après la méthode allemande

La méthode employée à l’Institut de thérapeutique expérimentale de Francfort-sur-Mein(chargé du contrôle des sérums allemands) repose sur l'emploi d'un sérum-étalon qu’on dilue de telle sorte que 1 centimètre cube renferme 1/100 d'unité immunisante (UT) et d’une toxine d'épreuve dont on a déterminé, au préalable, en se servant de la souris comme animal réactif, la dose Lo et la dose L + comme pour la toxine diphtérique.

Lorsqu'il s’agit de déterminer le titre antitoxique d’un sérum, on fait deux séries de 8 mélanges : la première série reçoit 1 centimètre cube de dilution de sérum-étalon (standard-sérum) correspondant à 1/100 LU ;

La deuxième série recoit 1 centimètre cube de dilution du sérum à titrer.

À chaque série on ajoute la toxine d’épreuve aux doses intermédiaires entre Lo et L +.

On complète partout au volume de 4 centimètres cubes avec de l’eau salée physiologique ; on laisse en contact 30 minutes à l'abri de la lumière et à la température du laboratoire, puis on injecte deux séries de 8 souris, chaque souris recevant 0 cc. 4 de l’un des mélanges, sous la peau de la cuisse {donc 1/1000 UT + dose croissante de toxine d’épreuve).

Pour être accepté, le sérum doit contenir au moins 40 unités par centimètre cube.

D. — Méthode française.

La technique très simple adoptée à l’Institut Pasteur de Paris est la suivante :

On commence par déterminer la dose minima mortelle

(en 4-5 jours) de toxine pour les cobayes de 250 à 300 grammes.

Cette dose, multipliée par 100, est la dose d’épreuve.

On prépare ensuite au moins trois dilutions du sérum à titrer : l’une à 1/1000, la seconde à 1/10.000, la troisième à 1/100.000.

Dans de petits verres coniques, on effectue soigneusement les mélanges de :

I 1 cc. de la dilution à 1/1.000 de sérum + 100 doses minima mortelles de toxine.

II 1 cc. de la dilution à 1/10.000 de sérum + 100 doses minima mortelles de toxine.

III 1 cc. de la dilution à 1/100.000 de sérum + 100 do-

ses minima mortelles de toxine.

IV etc...

On complète partout à 4 centimètres cubes avec de l'eau physiologique ; on laisse les mélanges pendant 30 minutes à la température du laboratoire et à l'abri de la lumière, puis on injecte la totalité de chacun d’eux dans les muscles de la cuisse d’un cobaye. Il faut employer une seringue spéciale, stérile, pour chaque mélange.

Les sérums actifs à 1/10.000 sont considérés comme largement suffisants pour l'usage vétérinaire.

On réserve à l’usage humain ceux dont l'activité est de

1/100.000 et au-dessus.

E. — Rapports entre les unités antitoxiques américaine, allemande et française.

La Conférence internationale de Sérologie tenue à Londres en 1921 a proposé d'établir une commune mesure de titrage du sérum antitétanique au moyen d’un sérum étalon en utilisant les procédés employés pour le dosage du sérum antidiphtérique. Il ressort des expériences comparatives effectuées dans les Instituts de Copenhague, Francfort, Paris, Rome et Washington que les rapports entre les différents sérums sont à peu près les suivants :

En considérant le sérum allemand comme titrant 1, le sérum américain titrerait 60 à 66 et le sérum français 2.500.

Pour obtenir un rapport plus simple, Kolle a suggéré l’idée de modifier l'unité allemande de manière que son rapport avec l’unité américaine soit de‘1: 50 et de multiplier cette unité par 100 pour l'adapter au titrage du sérum antidiphtérique. On aurait ainsi : |

Unité américaine Nouvelle unité allemande Unité française 50 100 2.500 * * F,. — Détermination de la pureté bactériologique et

chimique des sérums.

Les sérums préparés pour le commerce renferment parfois des impuretés ‘qui seraient susceptibles d’en rendre Fusage dangereux si l’on n’apportait pas un soin suffisant à les éviter. Les infections d’origine microbienne sont faciles à déceler par le contrôle bactériologique. On effectue celui-ci, en ensemencçant :

o gouttes du sérum sur une plaque de gélose ;

2 gouttes dans un tube de bouillon ;

et quelques gouttes dans de la gélose glucosée, en profondeur (tubes de Veillon), pour la recherche des anaérobies. Tous ces ensemencements doivent rester stériles.

D'autre part, si le sérum renferme un antiseptique destiné à assurer sa conservation, il importe de s'assurer que la proportion de cet antiseptique n’est pas telle que le sérum en devienne toxique. Pour le vérifier, on injecte, sous la peau d’une souris du poids d'environ 15 grammes, 0 cc. 5 du sérum dont il s’agit. L'animal ne doit présenter aucun phénomène d’intoxication (une souris blanche pesant 15 grammes supporteau maximum 0gr 0025 d'acide phénique, c'est-à-dire la quantité correspondant à une teneur de 0,5 p. 100 d'acide phénique ou de 0,4 p. 100 de tricrésol).

Enfin, il convient de s’assurer que le sérum ne renferme pas de toxine tétanique libre. Pour cela, on en injecte 10 centimètres cubes sous la peau du ventre d’un cobaye. Si l'animal reste parfaitement bien portant, le sérum, dont le pouvoir antitoxique ou préventif a été reconnu suffisant, offre toutes les garanties désirables.

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