CHAPITRE XXI
SÉRUMS HÉMOLYTIQUES: — TITRAGE DE L'ALEXINE, DES ANTIGÈNES ET DES ANTICORPS
A. Sérums hémolytiques.
1° Préparation. — On inocule 4 ou 5 fois à 6 jours d'intervalle, sous la peau, à un lapin par exemple, 2 ou 3 centimètres cubes d’hématies de mouton ou de chèvre, préalablement lavées au moins dans trois eaux physiologiques successives. Pour faire ce lavage, on centrifuge le sang défibriné initial ; on décante le sérum, on remplace celui-ci par H?0 physiologique ; on met les hématies en suspension, on centrifuge de nouveau, on décante et ainsi de suite.
Le sérum obtenu par saignée (8 jours après la dernière injection d'hématies) d’un animal ainsi traité est inactivé par chauffage une demi-heure à 55°.
20 Titrage. — Dans une série de 10 tubes à essai, on introduit, au moyen d’une pipette graduée, 1 centimètre cube d’émulsion au vingtième d’hématies lavées de mouton ou de chèvre ‘ et ensuite, dans chaque tube, des quantités variables de sérum hémolytique préalablement dilué au 1/100, soit par exemple 0 cc. 1, 0 cc. 2, 0 cc. 3, etc., jusqu'à 1 centimètre cube.
Puis on introduit dans tous les tubes, sauf dans le dernier, une quantité fixe d’alexine : deux doses minima d'alexine préalablement titrée avec un sérum étalon.
On égalise dans tous les tubes (2,5 centimètres cubes) par addition d'eau salée physiologique et on porte à l'étuve à 37° pendant une demi-heure.
1. On peut stabiliser les hématies de mammifères et les conserver pendant au moins deux semaines à la température du laboratoire en les mettant en suspension dans de l'eau physiologique additionnée de 2 p. 1.000 de formol (Armand-Delille et Launoy).
222 RÉACTIONS HUMORALES ET HÉMATIMÉTRIE
Après ce délai, on note à partir de quel taux de sérum hémolytique l’hémolyse est totale.
Pour les réactions de Wassermann ou les titrages d’anticorps et d'alexine, on utilisera toujours, comme dose normale de sérum hémolylique, une dose égale à 10 fois la dose minima hémolytique.
Le sérum hémolytique chauffé sera réparti en flacons ou en ampoules, et conservé à la glacière. Il] garde pendant très longtemps le même pouvoir hémolytique. Il n’est donc pas nécessaire de le titrer avant chaque série d'expériences, mais seulement chaque mois environ.
On peut obtenir plus rapidement des sérums hémolytiques lapin anti-chèvre ou anti-mouton par exemple, en inoculant au lapin. par voie intraveineuse, 3 à5 centimètres cubes d’émulsion d'hématies de chèvre ou de mouton lavées, puis, 6 à 8 jours après, encore par voie intraveineuse, la même dose, et enfin, 6 à 8 jours après, 5 centimètres cubes de la même émulsion, cette fois par voie périlonéale. On attend 8 jours et on saigne l'animal,
H. Sachs injecte deux fois, à 8 jours d'intervalle, 30 centimètres cubes de sang défibriné et lavé dans le péritoine. 9 à 10 jours après la seconde injection l'animal peut être saigné.
Pour préparer à la fois de grosses quantités de sérum hémolytique, on a recours, dans les grands laboratoires, au cheval, qu'on charge avec des globules de mouton. Il est nécessaire de pratiquer 5 à 7 injections sous-cutanées de 10 à 15 centimètres cubes de globules, tous les 6 jours environ.
On saigne le cheval 8 jours après la dernière injection. Pour avoir la plus grande quantité possible de sérum sans recharger le cheval, on peut lui faire une première saignée de 6 litres, puis deux saignées de 4 litres à 4 jours d'intervalle. Les sérums des deux premières saignées présentent à peu près le même pouvoir hémolytique. Celui de la troisième saignée est légèrement inférieur.
B. Titrage de l’alexine.
On dispose d’un sérum hémolytique inactivé de puissance hémolytique exactement connue.
TITRAGE DE L'ALEXINE ET DES ANTIGÈNES 223
L'alexine est fournie par le sérum frais de cobaye. Nous avons déjà indiqué comment on pouvait se le procurer.
L'activité de cette alexine doit être titrée avant chaque réaction, car sa valeur varie d'un cobave à l’autre. Par cette opération, on détermine la dose minima, variable avec chaque alexine, qui permettra de déceler les plus faibles traces d'anticorps ou d’hémolysine.
Pour titrer l’alexine, on fait une dilution aw 1/15 du sérum de cobaye dans de l’eau salée physiologique à 8,5 de sel marin p. 1.000. On introduit, dans une série de tubes, 0 cc. 05, 0 cc. 1, 0 cc. 2, jusqu'à 0 cc. 5 de cette dilution. On ramène, dans chaque tube, le volume total à 2 ce. 5 en com. plétant avec de l’eau salée physiologique. On agite chaque tube pour assurer le mélange et on porte les supports à l'étuve pendant 1 heuret.
On ajoute alors partout 10 doses minima de sensibilisatrice hémolytique et une goutte de l'émulsion de globules. Au bout d'une demi-heure de séjour à l’étuve à 37° on lit les résultats. La dose d'alexine fixée est indiquée par le premier tube de la série où l’on constate l’hémolyse. On prend cette dose comme dose minima dans les expériences de fixation.
Si on conserve une provision d'alexine pendant plusieurs jours à la glacière, il est indispensable de recommencer le titrage de cette alexine avant chaque opération.