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L'ouvrage répond-il bien au dessein de l’auteur

Il est difficile de trouver un livre qui offre plus d’unité, une marche plus droite, un progrès plus constant, une cohésion plus étroite.

1° Dans un prologue aussi bref que sublime, l’évangéliste dit ce que le Verbe a toujours été dans l’éternité et ce qu'il a voulu devenir dans le temps. Lumière et vie par essence, connaissance et activité infinies, il s’est fait par l’Incarnation principe de foi et source de vie surnaturelle pour les âmes *, Telle est la grande vérité, dont l’ouvrage fournit le développement et la preuve. L'auteur entre aussitôt en matière. Rien sur l’origine temporelle ni sur la jeunesse du Sauveur. Il commence par l’histoire de sa prédication. Les faits et les discours dont elle se compose sont en harmonie avec le programme de l’évangéliste. Jésus-Christ apparait comme source de vie à Cana, au puits de Jacob, dans la multiplication des pains, dans la guérison des malades, dans la résurrection des morts *. [l s'annonce comme principe de lumière en guérissant l’aveugle-né Ÿ, mais surtout dans son enseignement et dans les révélations, en faisant voir que rien ne

ir, 2; 1V, 19, 42, 53; vi, 14, 15, 69, T0; vir, 40, #1, 46; rx, 32, 33, 38: x1, 21, 32, 38, 42, x1r, 11.

1 Ce nom est répété 30 fois. — 2 1, 50; nn, 2, 11, 23; 1v, 39-42, 53: vi, 14, 10; var, 30,, 46; 1v, 38; x1, 15, 27, 45; xx, 29-31, etc. 8 1,4; 9, 12. — # nr, 8, 9; m1, 1-16; 1v, 10, 16, 42, 86-54; v, 1-16; vr, 1-15; 35, 48, 51; x1, 25. Cf. x1v, 65 xvir, 2, 20. — 5 1x, 5.

lui est caché, en disant qu’il vient rendre témoignage de la vérité, qu'il est la Vérité même, qu’il donnera son esprit à ses apôtres pour instruire le monde entier ‘. Mais de cette révélation progressive du Verbe fait chair ? résultent deux effets contraires : dans les âmes droites une foi qui devient de plus en plus ferme ; dans les esprits prévenus et orgueilleux une hostilité de jour en jour plus menaçante. Un certain nombre, destinés à former le noyau de son Eglise et à lui fournir des ministres, ouvrent leur cœur à ses paroles et se montrent dociles à ses enseignements. Les autres, plus nombreux et en possession de l’autorité, ferment les yeux à la lumière et s’irritent contre le prédicateur. Le divin Maître s'efforce de dissiper leurs ténèbres et de désarmer leur hostilité : eux ne songent qu’à le prendre en défaut et à le convaincre d'erreur. C’est une lutte continuelle de la lumière contre les ténèbres, de la vie contre la mort. A la fin, leur malice, toujours déjouée, éclate d’une manière terrible. Ils se décident à le mettre à mort : ils le crucifient. Mais son immolation devient son triomphe. En sortant vivant du tombeau, il confirme la foi de ses disciples et fonde inébranlablement son Eglise.

2° La liaison des parties n’est pas moins parfaite que lunité du but. Tous les faits rapportés dans l’évangile ont pour fin d’amener un discours, de symboliser une idée, de rendre une instruction plus frappante; tous les discours ont dans les faits un complément ou une traduction sensible; et par les uns comme par les autres, l’évangéliste tend à son but, en montrant comment la foi s’est établie dans les cœurs droits, et quels ont été la malice, Pobstination et le malheur

15, 4851v, 16,171; var, 125 x1v, 6; xvur, 81. —2 Le mot Ego sum est répété une vingtaine de fois par le divin Maître. « Ego sum Christus, 1v, 26; panis vitæ, vi, 35, 48; panis vivus, vi, #1, 51; lux mundi, vin, 12; de supernis, var, 23, ante Abraham, vur, 56; ostium, x, 9, ostium ovium, x, 1; bonus pastor, x, 11, 14; resurrectio et vita, x1, 25; via, veritas et vita, xiv, 6; vitis, xv, 5; vitis vera, xv, 1, etc. Ego revient à chaque instant pour faire ressortir la personnalité du Sauveur : Ego dico; ego rogo; ego sanctifico meipsum, etc. Cf. Apoc., 1, 8, 11; 123; xx1, 6: xx, 19,16,

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de ceux qui sont restés incrédules!. Aussi Phistoire et la doctrine sont-elles fondues ensemble d’une manière indissoluble, et l’on ne conçoit pas qu’on ait pu dire que les discours étaient des interpolations. « L’évangile de $. Jean est comme la robe sans couture du Sauveur, a dit Strauss luimême ?. Il n’y a pas moyen d’en rien détacher : il faut accepter tout comme authentique ou tout rejeter. »

* 71, — Quelles remarques a-t-on faites sur le langage, le style, la manière de saint Jean?

I. $. Jean à un langage qui le distingue des autres évangélistes. Les discours qu’il rapporte et les tableaux qu'il trace ont, pour la forme et pour le fond, un caractère particulier.

1° Son vocabulaire est peu abondant. Les mêmes termes reviennent sans cesse, parce que la doctrine roule constamment sur les mêmes idées; mais tous ces termes saisissent l’âme, toutes ces idées l’élèvent et la tiennent en présence des plus grandes et des plus saintes réalités.

2 Il a des tournures qu’il affectionne et qu’il répète : Zn hoc...*, Hoc est”; et des expressions qui lui sont propres, surtout pour rendre les rapports du Père avec le Fils et du Fils avec nous : Esse apud Deum.…, esse in Patre.…., in Filio.…, Manere in Deo... in Christo….. in caritate... Esse ex Deo….. ex veritate…. ex caritate…. ex diabolo… Nasci ex Deo… ex spiritu… ex carne.… Nosse, cognoscere Deum... Facere veritatem... Ambulare.. ambulare in luce... in tenebris. Il dit le Père, le Fils, d’une manière absolue. Quant à ces métaphores si souvent employées, lux, vita, tenebræ, mors, mendacium, plenitudo, on ne peut pas dire qu’elles lui soient

1125 1v,6,.1,%21,26,3555v, 1516, 1921, 26;vr, 115-132-5908 IX, 1-1, 39-41; x1, 25-27, 42-44, etc. — ? Vie de Jésus. — 3 On trouve répétés : connaître, 55 fois, croire, 98, aimer, 45, vérité, 25, lumière, 23, vie, 36, monde, 78, ténèbres, 13, nom, 25, parole, 50, œuvre, 21, signe, 17, témoignage et témoigner, 47, vie, vivifier ct vivre, 52, gloire et être glorifié, 42. — # x, 19, 30; 1x, 19; wvr, 29,,39, 50: xv Si XVI, 3. — 5 xv,

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