CrAMoan., mr 10,216, 49:71, 02, 9 M0 M3 E ET
De :
propres; Car on les trouve aussi dans les prophètes, dans
S. Paul et même dans les synoptiques ; mais elles se lisent à toutes les pages de cet évangile. Comme elles étaient famihières aux gnostiques qu'il avait à réfuter, c'était pour lui une nécessité d'y revenir souvent, en revendiquant pour VHomme-Dieu et pour sa doctrine les perfections que ces hérétiques attribuaient aux créations fantastiques de leur imagination.
3° [l aime les sentences brèves et détachées, il se plait à énoncer ses pensées simplement, à la suite l’une de l’autre, comme autant d'intuitions, sans conjonctions ni pronoms relatifs, ce qui n'empêche pas qu'étant unies par le fond, elles ne produisent dans leur ensemble un grand effet. Au lieu de déduire, il affirme, ou plutôt il atteste ce qu’il voit ou ce qu'il a vu; et il se plaît à répéter les mots et les pensées !, comme les vieillards, dit Michaëlis, qui ont recours à ce moyen pour graver leurs maximes dans les esprits.
4° En fait de figures, il emploie souvent l’antithèse, pour faire ressortir ses idées. Il oppose les lumières aux ténèbres”, ceux qui sont nés de Dieu à ceux qui sont nés des hommes”, Jésus-Christ à Moïse*, la loi à la grâce”, les fidèles aux incrédules®; ou bien, après avoir affirmé une chose, il nie la chose opposée’. Il paraît aimer aussi l’apposition, qui se formule par c’est-à-dire, à savoir.
IL. Mais ce qui caractérise S. Jean, c’est moins la forme extérieure du langage que le fond de la pensée.
La simplicité, la naïveté, la négligence même se joignent chez lui à une finesse, à une pénétration, à une profondeur, à une élévation sans égales.
Ses récits sont autant de drames pleins de vérité et de mouvement. Tout ce qu’il décrit est sensible et vivant. On assiste aux scènes qu'il retrace; on a les acteurs sous les
17,4, 7, 8, 10, 44; xxx, 41, 17; 1v, 22; v, 31-39, 44-47; vi, 27; vin, 13, PSM ST M De x, 83, 5er, 6 VIT, 15, 16; x1x, 355; xxr, 24. — 27, 5, 8. — 8 x, 13, — # 1, 17; v, 46; vi, 32. — Sur, 11. — Gun, 86, — 717, 3, 20; 1, 245 ur, 16; v, 24; vin, 35; x, 9, 28.
180 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [n° 72
yeux’. Il fait parler tous ses personnages, comme $. Marc?, et un mot lui suffit pour les faire connaître*.
Avec le talent de peindre, au degré le plus éminent, il à le don d’éveiller la pensée et de s’énoncer d’une manière frappante. Il sait donner un corps aux choses les plus abstraites et faire apparaître le monde idéal et surnaturel à travers les réalités de l’ordre naturel et terrestre. Tout tableau est un emblême; chaque mot renferme une prophétie, une leçon, un mystère; l'importance des faits qu’il rapporte est dans les idées qu'ils suggèrent; le présent figure l’avenir.
Vivacité, profondeur, sublimité, voilà ce qui distingue cet évangile, ce qui l’a fait appeler par les saints Pères l’'évangile de P Esprit, ce qui fait que les cœurs purs y trouvent tant de charmes. Il n’en est pas où la divinité du Verbe rayonne avec tant d'éclat. OEuvre merveilleuse, qui porte en soi la preuve de son inspiration, et qu'on ne pouvait mieux caractériser que par cette figure d’aigle qu’elle à reçue pour emblème ‘.
Volat avis sine meta Tam implenda quam impleta Quo nec vates nec propheta Nunquam vidit tot secreta Evolavit altius. Purus homo purius1.
À 72, — D'où vient cette sublimité de pensées qui caractérise ce dernier évangile ?
On peut en indiquer plusieurs raisons : le but que $. Jean se proposait, ses dispositions personnelles et les vues de la Providence par rapport à l'Eglise.
Liv, 1x, etc. 2 Toan.; nv, 5 vir 40 A SVT, 22, Im 24e xx1, 20. Nous ne voyons qu'un passage où il emploie dans son récit le langage indirect, 1v, 5, 92. —3 VoiraS. Pierre, v, 69; xri1,,6,.9:4SThomas, x1, 16, xx, 28 ; Caïphe, x1, 49, 50, etc. — #$. Amb. de Sac., ur, 11. Of. Joan., x1, 51; xix; 21, 22; xxr, 19, 22. — 5 Clem. Alex.; Euseb,, NL — 6 Ut tres primos videas cvangelistas in terra cum Ghristo conyersari, illum autem transcendisse nebulam qua tegitur omnis terra et pervenisse ad liquidum cœlum. $. Aug., De cons. evang., 1, 1. Cf. In Joan., xxxvi, 1; Bourdal., Panégyr. de S. Jean, 197 point, — 7 Un disciple d'Adam de $. Victor.
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4°Les moyens employés par S. Jean devaient être en r'apport avec sa fin. Les négations des hérétiques portant sur les dogmes les plus élevés, il fallait bien les suivre sur ce terrain, pour corriger leurs erreurs et rectifier leurs expressions. Voiler les mystères du Christianisme, parler un langage humble et populaire, n’était pas le moyen de confondre ces docteurs superbes, infatuës de leur gnose, et dédaigneux de tout ce qui leur semblait vulgaire, soit pour Pexpression, soit pour la pensée. — Que le ton du Sauveur s'élève comme celui de l’évangéliste, que ses discours paraissent plus sublimes et plus mystiques que dans les autres évangiles, c’est aussi ce qui doit être. Dans les synoptiques, le divin Maitre s'adresse à des Galiléens peu instruits, souvent à des habitants des campagnes : il parle de choses terrestres; il ne saurait être trop familier et trop simple. Dans S. Jean, il est presque toujours à Jérusalem, près du temple ou sous ses portiques; il discute avec les docteurs de la loi, c’est-à-dire avec les esprits les plus cultivés et les plus subtils : n’est-ce pas le moment de parler des choses du ciel'? Au lieu de recourir aux paraboles ou de s’énoncer en courtes maximes, n'est-il pas naturel qu’il présente à leur esprit des vérités capables de les frapper et de les ravir”®? S. Paul ne prend-il pas un ton plus solennel et plus sublime lorsqu’it s'adresse aux gnostiques d’Ephèse ou de Colosses que lorsqu’il exhorte ses humbles disciples de Philippes ou de Thessalonique *?
2 S. Jean eut une vie tout intérieure, toute contemplative. Il avait un cœur affectueux et pur, une âme noble par conséquent. Sa pureté virginale donnait à son esprit une aptitude spéciale pour la méditation et un essor puissant vers la lumière‘ : Cœperat esse angelus, dit $S. Augustin”. De plus, son amour pour le Sauveur, pour lAgneau de Dieu‘, comme il s’est toujours plu à nommer son Maitre,
Moan.. nr, 12. 0 Luc., vin, 19° —=2"nfra, u. 211, etc—3 1 Cor., x, 10 ; Heb., v, 11, 14. — * Perspicacior erat prærogativa puritatis. Euthym. In Joan., xxx, 1. — 5 S. Aug., In Joan., 1, 4. — 6 « Ecce Agnus Doi » avait dit le Précurseur en le lui montrant. Joan., 1, 36. Cf. Apoc. 30 fois.