N° 76] SA VIE CACHÉE. — DATE DE LA RÉDEMPTION
derniers rejetons des rois asmonéens et avait fini par établir solidementsa domination‘. Tandis que les oracles du Seigneur sur les Juifs infidèles ? commençaient à s’accomplir, la Providence faisait approcher les Gentils, pour assister à la naissance de l’'Homme-Dieu, être témoins de la Rédemption du monde et s'unir aux vrais [sraélites dans la fondation de l'Eglise.
If. Sous le rapport religieux, le peuple juif se divisait en un certain nombre de sectes rivales. On distinguait : — 1° Les pharisiens, qui affectaient une grande rigidité dans lPobservance de la loi, mais qui, à peu d’exceptions près, ne tenaient qu’à l'estime des hommes, à la réputation, au crédit que donnent les pratiques extérieures et les dehors de la sainteté *. — 2° Les sadducéens, qui ne croyaient qu’à la vie présente et ne reconnaissaient comme divins que les livres de Moïse. Ils avaient pour eux la fortune, et par la fortune les dignités, même religieuses. Leur morale ne différait pas de celle d’'Epicure *. — 3° Les esséniens, secte mystique, . qui se tenait à l'écart et s’exerçait à la vie ascétique, silencieuse, contemplative . — 4° Les hérodiens qui cherchaient la faveur du prince et mettaient sa loi au-dessus de celle de Dieu. Ils se rattachaient au parti des sadducéens, comme les esséniens à celui des pharisiens. L'Evangile en fait mention en deux occasions f.
Ces sectes s'étaient propagées avec d’autant plus de facilité que Dieu n’avait suscité aucun prophète depuis Malachie (420), et que les multitudes d'étrangers qui s’établissaient dans la Judée apportaient avec eux de nouvelles idées et de nouvelles mœurs.
Jérusalem était une ville de deux cent mille âmes, toute religieuse, adoratrice du vrai Dieu, du Dieu unique au milieu d’un monde polythéiste’. Elle avait des centaines de
1 Jos., À., XV, 1x, 3. — ? Deut., xxvur, 48. — 3 Axptéeotarn atpeotc. ACteccvr, 5. CfJoseph., 4, XL, =v, 9:2x,.5; XVIT ur, 4 — # Joan, MEL ACT RU 82008, 4. XIIL By R0; x GX VIII) 4%—5; Joseph: A., XVIII, 5, 4; v, 9; B., Il, viu, 2-13. Josèphe initié à la littérature grecque, compare les Pharisiens aux Stoïciens, les Sadducéens aux Epicuriens et les Esséniens aux Pythagoriciens, À., XV, x, 4. — 6 Marc.,
in, 6 et xur, 13. — 7 Ps. xLvur, 2, 3, 9; xoviur, 2; cxxxt, 13; Matth., 1v, 5.
Aie
synagogues, avec des légions de prêtres, de lévites et de docteurs. Chaque année, aux grandes solennités, son temple attirait, de toutes les contrées du monde, des millions de visiteurs !. Vivant à l’ombre du temple, ses habitants ne s’occupaient guère de commerce; et s'ils s'intéressaient aux questions politiques, c'était surtout à cause de leur rapport avec la loi et le culte divin.
* 17. — Quel fut le gouvernement de la Judée pendant la vie du Sauveur?
Hérode l’Ancien avait été maintenu sur le trône près de quarante ans par la volonté toute-puissante d’Auguste, dont il s'était fait le flatteur et le valet ?. [Il lègua en mourant son royaume de Judée à son fils Archelaüs; mais celuici dut se contenter du titre d’ethnarque ?, avec le gouvernement du pays sous la surveillance de l'autorité romaine. Bientôt même il se vit banni pour sa {yrannie , et la Judée, réunie à la Syrie, commença d’être gouvernée par des procurateurs ÿ. Tel est le titre donné par Tacite à Ponce-Pilate, qui fut à la tête de cette province pendant dix ans, de l’an 26 à l’an 36%. Durant ce temps, le reste de la Palestine demeura dans les conditions où le plaçait le testament d'Hérode; Antipas, le second de ses fils, était tétrarque de la Pérée et de la Galilée; Philippe, le troisième, de la Thraco-
1 Joseph., B., TT, xx; VI,1x, 3; A. T.,n. 345; Infra,n. 143: —2 Hérode ne négligeait rien pour témoigner sa reconnaissance à ses protecteurs et pour se les attacher de plus en plus. En mème temps qu'il restaurait le Temple, dans la vue de plaire aux Juifs, Joan., 1v, 20, il bâtissait pour les Romains à Jérusalem un théâtre et un amphithéâtre. Cf. Heb., xxx, 1, 12, 13. Non content d'y célébrer en l'honneur d'Auguste des jeux solennels, comme on faisait dans toutes les grandes villes, Jos., AÀ., XV, vin, 1, 2; XVI, v,13; B., I, xxr, 8, il lui consacrait encure des temples, Kotcapeta, à Samarie, à Césarée, à Panéas et en d’autres lieux, 4., XV, x, 2; B., 1, xx, 2, 3, 4, 1. Dans Jérusalem même, il lui dédiait, à lui et à son gendre Agrippa, les monuments les plus somptueux roy ue Katcopetov, tovèe Aypinnerov. B., I, xx1, 1. Il plaçait sur la grande porte du temple un aigle d'or, symbole de la domination romaine ; et dans toute la Palestine il donnait à ses places des noms césariens, Antonia, Juliopolis, Césarée Sébaste, etc. — 3 Matth., 11, 22; Jos., À. XVI NE
— # An 6 de J.-C., après onze ans de règne. — 5 Dion, H, BL LV, IR — 6 Annal., xx, 44: Joseph., À., XVIITL, ur.