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218 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [Nô 103 son père‘; que les rois de la terre et tous les peuples Padoreront?, que les temples des idoles seront abattus et que les sacrifices lévitiques cesseront?; qu’un peuple venu avec son chef détruira Jérusalem et son temple, que les Juifs leur survivront®, mais dispersés et errants par tout le monde, sans prophètes”, sans rois, sans sacrifices, sans autel f, comme frappés d’aveuglement”, cherchant le salut et ne le trouvant pas. On sait tout cela dans la Judée : du moins on peut le savoir et l’on en a quelque idée. Le détail se lit dans les prophètes !°.
ARTICLE VI
Naissance de saint Jean-Baptiste, Luc., 1, 57-80.
(Hébron, T ans avant l'ère chrétienne, 24 juin.)
* 103. — Quel est le sujet du cantique de Zacharic et que faut-il L q entendre par ces mots : Or'iens eæ allo ?
I. Zacharie rend grâces à Dieu pour le bienfait de la rédemption et pour la manière dont elle doit s’opérer. Dans la première partie ‘, il signale les maux dont le Messie vient délivrer son peuple et les biens dont il va le combler. Dans la seconde ‘?, il célèbre la destinée du Précurseur, ses qualités, ses travaux, la part qu'il doit prendre à l’œuvre du Sauveur. Avec les préoccupations communes à tous les- Israélites fidèles, ce cantique reflète la joie du père, ravi par la naissance miraculeuse de son fils, la religion du prêtre qui ne voit de grand que le service de Dieu et la sanctification des âmes, enfin les lumières, Pinspiration, le
ravissement des prophètes ‘#. Il suffirait pour montrer que
PPS, rx, d. PS ioxr, M Mal 7, AMDan 1x SDS 1x, 26. — 5 Jerem., xxxt, 86. — 6 Amos, 1x, 9. — 1 PS, Lxxmr, 0. — 8 Osée, mr, 4. — ? Dout., xxvin, 28, 29. — 10 Joan., 1, 45. Quanto major
judex venicbat, tanto præconum longior series præcedere debebat. S. Aug., In Joan., xxx1. CF. À. T., n. 902, 903. S. Justin., Dial. ; Euscb., Demonst.; S. Aug. Cont. Faust. xu, x; Bossuct, H. U., II, 1v ; Pascal, Pensées; Lamennais, Essai sur l’indiff., xxxtr. — 11 Luc., 1, 68-15. — 12 Luc., 1, 16-19. — 18 Prophetavit, ditS.Luc., 1, 61. Quid est prophetia? kérum latentium, præteritarum, præsentium aut futurarum ex divina inspirationce manifestatio. Junil., de Part, divin. leg., 1
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ENT voi SA VIE CAGHÉE. — SOUPCONS DE S. JOSEPH. 219 le Messie résumait en lui tout Pespoir d'Israël et que la
conviction la plus profonde du peuple juif avait pour objet
le rôle glorieux réservé dans l’histoire du monde à Celui dont il attendait la venue .
II. Quelques interprètes font observer que le terme grec avatoAn, rendu par oriens, est quelquefois employé pour germen *. Mais il paraît bien traduit en cet endroit. Zacharie semble faire allusion aux passages de l’Ancien Testament où il est dit que le Seigneur se lèvera sur son peuple comme un astre brillant *, et suivre l’idée qu’il à énoncée dès son premier verset : Deus Israel visitavit, etc. Quelle image plus naturelle pour désigner celui qui se dira la lumière du monde et qui dissipera les ténèbres de l’ignorance et de l'erreur! Quoi qu'il en soit, ces mots : ex alto, assignent évidemment au Sauveur une origine plus qu'humaine et une existence antérieure à son apparition sur la terre.
L'Eglise chante chaque jour ce cantique avec ceux de la sainte Vierge et de Siméon, comme un témoignage de sa reconnaissance pour les mystères de l’Incarnation du Verbe et de la rédemption du monde. Elle les doit tous trois à S. Luc, aussi bien que l’Ave Maria et hymne des anges : Gloria in excelsis *.
ARTICLE VII
Retour de Marie à Nazareth, Matth., 1, 18-95.
* 104%. — Faut-il penser que saint Joseph a connu l'état de la très sainte Vierge avant la Visitation, ou qu'au retour de Marie il ignorait encore le mystère opéré en elle?
La sainte Vierge s’étant rendue auprès de sa parente aussitôt après l’Annonciation, cum festinatione *, il est évident
4 Act., xxvinr, 20. Cf. Isai., xLv, 8. — ? Zac., 11, 8; vu, 12. — 3 Is., Lx, 11; Malac., 1v, 2. — # Cf. Martigny, Doxologie. — 5 Luc., 1, 39. Non quasi incredula de oraculo, nec quasi incerta de nuntio, nec quasi dubitans de exemplo, sed quasi læta pro voto, religiosa pro oflicio, festina pro gaudio. 5. Amb., De Virgin., 11, 12.
220 JÉSUS-CHRIST SELON L’ÉVANGILE. [n° 105
que les soupçons de Joseph n’ont pu avoir lieu avant la Visitation. À Hébron, Marie semble s'être trouvée seule : S. Joseph ne paraît nulle part dans le récit de PEvangile, ni à l’arrivée ni au départ. C’est une des raisons qu’on allègue pour soutenir que le mariage n’avait pas encore eu lieu, ou n’était pas encore célébré. S. Joseph pouvait donc ignorer ce qui s’était dit dans la maison de Zacharie. Supposé même qu'il en eût appris quelque chose, il pouvait hésiter à y croire. Fallait-il moins qu’une révélation pour lui apprendre d’une manière certaine un événement si prodigieux ?
* 105. — Pourquoi saint Joseph songe-t-il à se séparer de son Epouse, et à s’en séparer sans éclat, occulle, Matth., 1, 19?
S. Joseph ne pouvait pas rester auprès de Marie, pour en partager le déshonneur ‘; mais il avait à cœur de ne pas la diffamer, parce qu'il connaissait sa vertu et que, malgré les apparences, il ne pouvait pas la juger coupable. Telle est l'interprétation commune.
Suivant S. Bernard ?, S. Joseph n'aurait jamais eu aucun soupçon pénible à lé égard de son épouse : mais ayant êté instruit de ce qui avait eu lieu et de la dignité à laquelle elle était élevée, il aurait cru que ce serait une présomption à lui de rester à ses côtés et de se conduire comme s’il était le père de Celui auquel elle devait donner le jour. Dès lors son humilité lPaurait porté à dire à Notre Seigneur comme S. Pierre : Exi a me, quia homo peccator sum, Domine *, ou comme le centenier : Non sum dignus ut intres sub tectum meum *. Cette explication, dit Maldonat, souriait à la piété du saint docteur ; mais comment la concilier avec le sentiment commun et avec le sens naturel du texte : Cum nollet eam traducere? Un ange est envoyé à Joseph pour le rassurer;
1 Cf. Deut., xxu, 20, 21; Eccli., xix, 3; Dan., xinr, 41, 45. Hoc testimonium Mariæ est, quod Joseph, sciens illius castitatem et admirans quod evenerat, Celat silentio cujus mysterium nesciebat. S. Hieron., In Matth., 1. — ? $. Bern., Hom., 1 Super Missus est. — 3 Luc. > V, 8. — # Matth., vor, 8.
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