‹ Manuel BibliqueChapitre 4 sur 126 · NI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

NI AVANT-PROPOS

une telle passion. Ge n’est pas un passage seulement, ce sont des livres entiers, la plupart des livres, dont on prétendait détruire l'autorité. On espérait frapper à mort la religion elle-même. Nul moyen n'était négligé pour arriver à ce but. On interrogeait toutes les sciences, on explorait tous les monuments, on scrutait toutes les archives, on déchiffrait tous les manuscrits, et l’on ne craignait pas d'annoncer que bientôt il ne resterait plus à l'Eglise une seule page sur laquelle elle pût appuyer sa mission et ses titres à notre croyance. Qu'est-il résulté cependant de tous ces efforis, et que voyons-nous aujourd'hui? Le contraire de ce qu'on prétendait. Loin d'enlever tout crédit à l'Evangile, nos adversaires ont multiplié ses admirateurs. Le goût des études saintes s'est ranimé chez les ecclésiastiques et même chez de simples fidèles. On a senti le besoin de connaître ces livres qu’on entendait diffamer. On en a constaté l'origine; on en a vérifié et pesé tous les textes, en les rapprochant des documents de la tradition; et de ce travail, les esprits éclairés, que la prévention n’aveuglait pas, ont tiré cette conclusion : rien de mieux fondé que l'autorité de nos Evangiles; rien de moins raisonnable que les difficultés qu’on leur oppose et les doctrines qu'on voudrait y substituer.

En effet, chaque jour nous apporte un nouveau témoignage en faveur de la religion et une preuve de plus à l'appui de notre foi. Plus on étudie le christianisme, dans ses origines surtout et dans les écrits de ses Apôtres, plus on se convainc de la divinité de son établissement et de la vérité de sa doctrine. Il n’est pas une objection qui ne se résolve, mème de celles qu'on donnait pour insolubles il y a trente ans. Les systèmes de

AVANT-PROPOS. NII

nos adversaires perdent de leur prestige à mesure qu'ils perdent de leur nouveauté. Eux-mêmes en sentent le faible et cherchent à les étayer, soit en modifiant leurs premières asserlions, soit en les remplaçant par des assertions noufelles. Maïs leur impuissance est radicale. Il est aisé de voir, en parcourant leurs livres, qu'ils n’ont dans l’esprit sur les questions les plus vitales qu'incertitudes et contradictions. Ils s'obstinent à dire qu'il ne s’est jamais fait un seul miracle en faveur du christianisme ! : mais ils ne savent qu'alléguer à l'appui de ce paradoxe, ni comment échapper à la conséquence qui en résulte. Si le christianisme s'est établi sans miracle, son établissement ne devient-il pas par là même le plus étonnant de tous les miracles ?? Ils s'inscrivent en faux contre l’histoire évangélique : mais si Jésus-Christ et les Apôtres n'ont pas fait ce qu'on deur a toujours attribué, qui donc l’a fait pour eux? Qui a détruit le paganisme et converti le monde? Qui a produit les martyrs et formé les saints? Ils rejettent nos dogmes comme trop mystérieux : mais loin d’être moins obscur, ce qu'ils avancent ou ce qu'ils supposent n'est-il pas tout à fait inconcevable et contradictoire? Que voudraient-ils donc? Nous Ôter le flambeau qui nous éclaire, sous prétexte qu'il ne dissipe pas toutes les ombres, et nous laisser à la place l'obscurité de la nuit.

Ainsi, ceux qui affectaient le mépris pour nos Ecritures et pour nos croyances en rendent l'excellence plus manifeste par l'impuissance de leur esprit et la pauvreté de leurs idées. Tellement que nous voyons des hommes

qu'ils ont longtemps séduits, revenir à nos saints Livres,

1 Infra, n. 17, 18, 256, 452. — ? $. Aug., De civit. Dei, xxI1, 8.

Page 1