‹ Manuel BibliqueChapitre 41 sur 126 · LÉ, $ CR D · texte numérisé non relu

LÉ, $ CR D

Fate

N0 119] SA VIE CACHÉE. — SA GÉNÉALOGIE. 237 1° Cela se voit en bien des endroits de l’Ancien Testament. Le but de ces généalogies étant de fixer la descendance, ou de constater qu’on était de telle race, qu’on avait tel ou tel ancêtre, il n’était pas nécessaire d’énumérer toutes les générations; il suffisait que la ligne de succession fût tracée d’une manière sûre. Aussi passait-on assez fréquemment de l’aïeul au petit-fils ou à l’arrière-petit-fils !.

2° On aurait tort d’attacher rigoureusement au mot genuit le sens précis de génération immédiate ou de relation de père à fils. On voit que $S. Matthieu unit par ce terme Joram et Ozias ?, quoiqu’on n’ait jamais ignoré chez les Juifs qu’il y eut entre l’un et l’autre trois générations : Ochosias, Joas et Amasias. De même il fait naître Jéchonias de Josias*?, quoiqu’il ne soit que son petit-fils par Joachim *. On peut faire la même observation sur d’autres généalogies, par exemple celles du chap. 11 d’'Esdras, du chap. vu de Néhémie et celle d’Esdras lui-même * qu’on fait remonter à Aaron par quinze générations seulement. Genuit dans une généalogie peut donc signifier simplement : 1! eut pour descendant ; de même que souvent pater signifie simplement ascendant, ancêtre, et filius descendant 7.

* 149. — Pourquoi saint Matthieu a-t-il omis dans sa liste les trois premiers descendants de Joram, qui ne pouvaient lui être inconnus?

Les trois descendants de Joram, omis par S. Matthieu, étaient sans doute retranchés de la liste officielle qu'il reproduit. Mais quelle est la raison de ce retranchement? Cest probablement, dit S. Jérôme, l'horreur qu'on avait pour le sang d’Achab et de Jézabel, dont Joram avait épousé la fille, l’impie Athalie, et le désir de se conformer à l'arrêt

4 Gen., xt, 2 (cf. Luc., m1, 36); xx1x, 5; xxx1, 43, 55; Ruth, 1v, 18-22 MPar% x t47; iv, Levi, 3-15 (CF Esd.; vir, 1-15); 1x, 12; I Esd:,° v, (Cf: 1 Par., ur, 11-19); vu, 1-5; II Esd., xt, 12 (cf, L Par., 1x, 12). 2 Matth, 1, 8. — 8 Matth., 1, 11. — # I Par., ur, 16. — 5 I Esd., 111, 1-5. 6 Cf. Isai., xuix, 21. — 7 Cf. Matth., 1, 20 ; Luc., xvi, 24; Rom.,1v, 1; Supra, n. 38 et 4. T., n. 316. Les personnages omis dans les généalogies, sont probablement ceux qui, étant morts ayant leurs pères, ne leur ont pas succédé personnellement dans leur charge.

l ro

porté par le Seigneur contre leur postérité ‘. Ainsi voit-on … que Caïn n’est pas nommé parmi les enfants d’Adarñ ?. Quoi qu’il en soit, rien ne démontre mieux l’authenticité et lintégrité de la généalogie rapportée par $. Matthieu, que la fidélité avec laquelle on a conservé une lacune si manifeste et si facile à remplir.

* 120. — Pour quel motif saint Matthieu fait-il la récapitulation de ces générations par doubles septaines?

La récapitulation des générations par doubles septaines est un usage propre à la nation juive et une marque d’authenticité. On n’en aurait pas eu l’idée au second siècle, ni hors de la Palestine. L’intention de l’auteur était sans doute d'aider la mémoire et d'empêcher toute altération du texte. On sait que les Juifs mirent de même à la fin de leurs livres sacrés la somme des mots et des lettres qui y sont contenus *. Le nombre de 14 (7 X 2), était un nombre sacré qui éveillait l’idée de certains mystères, et les trois séries ou doubles septenaires répondent à trois périodes bien distinctes de l’histoire juive : d'Abraham à David, de David à la captivité, de la captivité à la naissance du Sauveur. — Une chose plus surprenante, c’est que, pour trouver ce nombre de quatorze dans la seconde série, celle des Rois, il faut ajouter un nom. Beaucoup d'auteurs croient qu’il y a ici une omission de copiste; et, se fondant sur I Par., nr, 16, ils disent qu'il faut lire au verset A1 : Josias genuit Joachim et fratres ejus ; Joachim autem genuit Jechoniam... in transmigratione Babylonis. D’autres supposent qu’il faut compter David deux fois, parce qu’il termine la première série, celle des patriarches, et qu’il ouvre la seconde, celle des rois. D'autres enfin pensent qu'il faut joindre le nom de Marie à ceux des ancêtres de Jésus, parce que c’est par elle qu’il se rattache à Joseph, comme c’est par Joseph qu’il appartient à la race royale, issue de David.

! In tertiam ct quartam generationem. Ex., xx, 5. Cf. III Reg., xv, 29; en RS NRC ROM RO PIN PO MO.

Page 1