‹ Manuel BibliqueChapitre 42 sur 126 · NO121] SA VIE CACHÉE. — LES MAGES · texte numérisé non relu

NO121] SA VIE CACHÉE. — LES MAGES

ARTICLE III

Adoration des Mages et massacre des Innocents !, Matth., 11, 1-12.

Epoque. — Circonstances, — Difficultés.

121. — L'adoration des Mages a-t-elle eu lieu avant la Purification?

L. Rien n’empêche de croire, suivant la persuasion commune et la liturgie de l'Eglise, que l’adoration des Mages a eu lieu avant la Purification. L'usage de célébrer ce mystère le six janvier, treize jours après la Nativité, remonte certainement aux premiers siècles, et il s'accorde avec les paroles de $. Matthieu : Cum natus esset Jesus in Bethleem Juda ?. On peut donc penser que les Mages arrivèrent ce jour-là à Bethléem, qu'ils y demeurèrent jusqu'à la fin du mois, que S. Joseph, au quarantième jour, conduisit la très sainte Vierge et notre Seigneur à Jérusalem, et que de là, ou de Nazareth où il retourna bientôt, il s'enfuit en Egypte sur un avis reçu du ciel *.

II. Néanmoins nous devons dire qu’un grand nombre de savants et même d’anciens Docteurs, par exemple S. Léon, pape, $. Epiphane, Ammonius dans sa Concorde, sont d'un autre sentiment. [ls pensent que les Mages n’arrivérent qu'après la Purification, un an peut-être ou deux après la naissance du Sauveur. Par ce moyen, ils conçoivent mieux : — 1° Comment les Mages ont eu le temps de se concerter, de faire leur voyage, axo avarolwv *, de prendre leurs informations. — 2° Pourquoi Hérode fit tuer les enfants de Bethléem jusqu’à l’âge de deux ans : Secundum tempus quod exquisierat a Magis ®. — 3° Comment S. Joseph et la sainte Vierge ne craignirent pas d'aller à Jérusalem, dy offrir publiquement Notre Seigneur au temple, quarante jours après sa naissance.

1 Supra, n. 54. — ? Matth., nr, 4. Cf. Luc., u, 15. — 3 Matth., 11, 18. — 4 Des contrées orientales, nom commun par lequel on entend ordinairement la Perse et la Babylonie. Dans ces pays, le nom de mage, dérivé d'un mot persan, synonyme de peya, grand, était donné à tous les

membres de la tribu sacerdotale. Dans l'empire romain, il signifiait un magicien ou un soïcier, Act., xur, 9. — 5 Matth., 11, 16.

Aux raisons des contradicteurs, ils opposent : 1° Que toute fôte n’est pas un anniversaire, par exemple celle de Pâques, des Innocents, de la Visitation, efc. !, et que d’ailleurs Padoration aurait pu avoir lieu à la même époque, l’année suivante. — 2% Qu'il ne paraît pas vraisemblable que les Mages soient restés près d’un mois à Bethléem, et qu'Hérode ait passé tout ce temps sans s'occuper d’une affaire qui inquiétait si vivement sa jalousie ambitieuse. — 3° Qu'une lacune dans l'Evangile ne serait pas une erreur, et que les paroles de S. Luc: Ut perfecerunt.…,reversisunt... Nazareth? n’empêchant pas les partisans du premier sentiment de placer l’exil en Egypte entre la Purification et le retour à Nazareth, rien ne peut les empêcher eux-mêmes de placer un intervalle semblable entre la Purification et lAdoration des Mages.

Ce sentiment amène à conclure que Notre Seigneur est né en l’an de Rome 747, deux à trois ans avant la mort d’Hérode, et que l'erreur de Denys le Petit est de six ans *.

* 4929. — Quelle est l'étoile qui apparut aux Mages, et comment en connurent-ils la signification, Matth., 11, 2?

Plusieurs supposent que l'étoile qui conduisit les Mages au berceau du Roi des cieux fut un astre véritable, une comète par exemple, et que ces Mages ou ces savants‘, habituës à observer le ciel, furent frappés de son éclat en même temps que de son apparition. D’autres pensent que c'était un météore, brillant commme une étoile, mais assez rapproché de terre pour qu’on pût en suivre le mouvement comme la colonne de feu du désert 5. — Quant à sa signifi-

1 Au rue siècle et au 1ve, les Orientaux célébraient, le 6 janvier, tout à la fois la naissance de Notre Seigneur, son Épiphanie et son baptème. CF. Cassien, Coll, x, 2. — ? Luc.,rr, 39. Nazareth était dans la tétrarchie d'Antipas dont le gouvernement passait pour assez doux. — 3 Supra, n41,,48. — # Cf. Dan., 1, 20; 11, 2. — 5 Matth., 11, 9. Eo nascente, lux nova orta est, quo moriente, lux antiqua fuit in sole velata. S. Aug., Serm., axax, 3. Ila luce inchoata est fides gentium; in his tenebris accusata est perfidia Judæorum. Serm., car, 1. Cf. Vies de S. Charles, de 5. Pierre d'Alcantara, etc,

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