N° 138] SA VIE CACHÉE. — SON BAPTÊME
de l’humilité, de la pénitence, de la soumission‘. Telle est la raison pour laquelle, avant de commencer sa prédication, le Fils de Dieu veut être baptisé publiquement au milieu des pécheurs qui confessent leurs fautes, tac apaotias avrwv?, et de la main d’un homme qui paraît avoir à peine sur lui la supériorité de l’âge. Résolu d’expier nos péches sur la croix, il commence par en accepter la charge; il en prend publiquement la responsabilité devant Dieu. Omnis justitia signifie vertu pleine et.parfaite*.
138. — Pourquoi les trois Personnes divines se montrent-celles en ce baptême ?
Le baptême du Sauveur étant le type et comme l’inauguration du baptême chrétien, conféré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il convenait qu'on y vit d’une manière sensible ce que le sacrement de la régénération opère dans les âmes et la part que ces divines personnes y prennent. Cest ce qui a lieu en effet’. On voit le Père désigner le Sauveur comme son Fils et l’objet de toutes ses complaisances, o Y'ioc pou o ayarnroc, 22, le Saint-Esprit descendre sensiblement pour s'établir dans son âme et en prendre la conduite®, le Fils se dévouer au service de la majesté divine et à l’œuvre de la rédemption du monde”. Ainsi quoique tout le prodige soit l’œuvre de la Trinité, chaque personne s’y. manifeste séparément et témoigne y prendre part.
1 Cœæpit facere et docere, Act., 1, 1. — 2 Cf. Lev., 1v, 14; Num., v, 1; Prov., xxvu, 13. Pars salutis est sua confiteri et nosse peccata. S. Hicr., In.Jerem., 1. — 3S$S, Thom., p. 3, q. 39. — # Cf. Matth., xxvunr, 18; Rom ends ViL 8 ao Ex 2; Eplies:, 003,18 Miv/425, Phil., 0, 91 Comes teint, A6 Mac 12470) Cf Gen;r, 26,274 Tune corpus suum, id est Ecclesiam suam, præfigurare dignatus est. S. Aug., De Trin., xv, 46. — 6 L'Esprit saint a toujours été désigné dans l'Eglise par le symbole sous lequel il s’est ici montré. Néanmoins la colombe signifie aussi quelquefois ses dons, comme dans la Vierge aux sept colombes, ou les âmes pures, douces, célestes, animées par le Saint- Esprit. Bossuet, Serm. sur la Trinité, 1er point, fin. — 7 Accepit ut homo, effudit ut Deus. S. Athan., De hum. nal. suscepta. Ut ex his cognosceremus, post aquæ lavacrum et de cœlestibus portis sanctum in nos Spiritum involare et paternæ vocis adoptione Dei filios nos fieri. Cf. S. Thom., p. 3, q. 39, a. 5-8. — 8 Trinitas fecit de cœlo vocem, sed
Les premières sectes attachaient une grande importance à ce mystère’. En ce moment l'Eon céleste, le Christ, était descendu sur le Sauveur, suivant les gnostiques?, et suivant les Ebionites, un feu céleste avait enflammé tout le fleuve du Jourdain*.
ARTICLE IT
Notre Seigneur au désert, Matth., 1v, 1-11; Luc., 1v, 1-13.
* 139, — Pourquoi cette retraite au désert après son baptême ?
Jésus-Christ se retire au désert* : — pour suivre le mouvement de l'Esprit de Dieu qui est descendu en luif, — pour expier par la pénitence les péchés dont il vient de se charger, — pour combattre le démon, auteur du péché, dont il doit abattre l’empiref, — enfin pour se préparer à son ministère, comme les prophètes se préparaient au leur, par éloignement du monde, le recueillement, la prière et la mortification 7. Là, il jeûne rigoureusement quarante jours et quarante nuits, comme a fait Moïse avant de publier la loi, comme a fait Elie avant de s’entretenir avec le Seigneur*. Il passe tout ce temps parmi les bêtes sauvages, dit S. Marc, 1, 13, ne vivant que de la vie de lesprit, occupé de
non pertinet vox nisi ad Patrem. Trinitas fecit de cœlo columbam, sed non pertinct nisi ad solum Spiritum. S. Aug., Serm. tir, 21, Infra, n. 566.
1 L'Eglise primitive l'honorait aussi beaucoup, mais pour d'autres motifs. Elle l'offrait partout aux regards des fidèles comme le modèle du grand Sacrement qui d'enfants de colère nous rend enfants de Dieu et héritiers du royaume éternel. Martigny, Bapléme. — ? Cf. S. Iren., IT, x1, 1; S. Epiph., Hæres., xxx, 3, 34; Philosoph., lib. VIT, vu, 35, etc. — 3 Evang. secund. Hebræos. Cf. Matth., 111, 11; S. Justin., Dial., 88, 103; S. Epiph., Hæres., xxx, 13. — # Lieu voisin de Jéricho, auquel on donnait ce nom. — 5 Expulit. Matth., 1v, 1. Of. Levit., xvi, 20, 21. — 6 Matth., 1v, 2-14. — 7 Cf. Act., x, 4, 5, 14; S: Thom, p. 3, q. #1, a213, ad 1: Bossuet, Elév., Serm., xxur. — 8 Exod., xxiv, 18; Deut., 1x, 9; III Reg., xx, 8; Apoc., 1x, 19. Cf. S. Leo, Serm., xL, 3. Brev. rom. 30 apr., lect. 1v. Ce fait étonnant, rejeté comme incroyable par les ratio nalistes, est confirmé par un grand nombre de faits de même genre de l'Histoire des Saints. Acia SS., 5 janv., t. 1, p. 216; 6 mars, t. vu, p. 653 ; 3 août, t.j. p. 220. Docl. de Mystique chrét., Abstinence, Jeûne, Eucharistie. 4