FAITS DE CETTE PÉRIODE
ARTICLE I
Faits naturels.
Epoque, durée, théâtre, ordre chronologique des prédications du Sauveur.
141, — À quel âge Notre Seigneur commença-t-il à prêcher l'Evangile, et combien de temps consacra-t-il à ce ministère ?
I. Notre Seigneur n’a commencé à prêcher, comme $. Jean- Baptiste, qu'après avoir atteint l’âge de trente ans : Jncipiens, quasi annorum triginta ?. [Il ne voulut donc pas prévenir l’âge requis chez les Juifs pour les fonctions sacerdotales ?.
IL. Sa prédication a duré un peu plus de trois ans. — Si l’on s’en tenait aux Synoptiques, comme ils ne signalent aucun anniversaire durant ses courses évangéliques, on
1 Médaille de Tibère, empereur, Augusti filius. Au revers, temple d'Auguste Nicéphore , assis sur un piédestal, Junon à gauche, Minerve à droite. Aux deux côtés du fronton, un soldat et une victoire. (Bibl. nationale). — 2 Luc., 117, 23. — 3 Num., 1v, 8, 23, 30, 35; I Par., xxur, 3; HA0C nn MES le p.804 29) a ee LSUpra; in. 41.
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pourrait peut-être la réduire à une seule année, annus redemptionis ‘; et c’est ce qu'ont fait plusieurs anciens ?. Mais S. Jean ne le permet pas. Car, entre le baptême de Jésus- Christ et son Ascension, il mentionne expressément trois Pâques : — la première, peu après le miracle de Cana: Prope erat pascha… et ascendit *, — la seconde, vers le temps de la multiplication des cinq pains: Erat proximum pascha", — ]a troisième, à l’époque de sa mort ÿ. Ces trois Pâques supposent deux ans compiets de prédication; et, en tenant compte du baptême de Notre Seigneur, de son jeûne au désert et de la vocation des Apôtres, qui ont précédé, près de deux ans et demi. De plus, $. Jean’ mentionne une quatrième fête, dies festus Judæorum ‘, qui donne lieu à un voyage du Sauveur à Jérusalem; et cette fête oblige d’ajouter une troisième année aux deux précédentes. À la vérité, il n’est pas dit que ce fût une fête de Pâques, et Notre Seigneur aurait pu aller également à Jérusalem pour la Pentecôte ou pour la fête des Tabernacles; mais on ne peut admettre que ce voyage ait eut lieu la première année, ni à une ni à l’autre de ces deux fêtes, soit parce que l’intervalle qui les sépare de Pâques ne paraît pas suffisant pour y placer tout ce qui est rapporté par $. Jean et les synoptiques comme s'étant passé avant le dies festus, soit surtout parce que, la moisson se faisant en Palestine entre la fête de Pâques et celle des tabernacles 7, le Sauveur n’a pas pu dire en cette saison qu'elle aurait lieu dans quatre mois *. D’un autre côté, il n’est pas possible de renvoyer le dies festus après la Pâque du chapitre vr; il faut nécessairement le placer auparavant, c’est-à-dire l’année précédente. Donc, il y a eu
1 Isai., Lxr, 2; Lx, 4 ; Luc., x1v, 19 ; S. Iren., II, xxu, 5. Toutefois les Synoptiques signalent plusieurs changements de saisons, et S. Matthieu mentionne dahs le cours de son récit deux faits dont chacun a dû se passer au printemps, vers la fête de Pâques : les épis cueillis par les Apôtres, xx, 1; et le recouvrement de l'impôt pour le temple, xvir, 24. — ? Clem. Alex., Sérom., 1, 22. Cf. Orig., de Princip., 1v, 5; Tert., Ado. Jud., vit. — 3 Joan., 11, 13. — À Joan., vi, 4. Cette fois, le Sauveur ne va pas à Jérusalem. — 5 Joan., xur, 1. — 6 Joan., v, 1. — 7 Cf. Exod., xx, 16 ct Levit., xx1m1, 34. — 8 Joan., 1v, 36.
une fête de Pâque entre celle du chapitre vi et celle du chapitre u ‘. Cela suffit pour donner à la prédication de Notre Seigneur la durée que nous lui avons assignée. Peu importe, après cela, que le dies festus soit une solennité pascale ou une fête différente; mais puisque ce fut pour Notre Seigneur Poccasion d’un voyage à Jérusalem, il semble plus naturel de l'entendre d’une fête de Pâque que de toute autre solennité. C’est ainsi que $S. Irénée l’entendait dès le second siècle et c’est ce que portent d'anciens manuscrits ?. Le ministère public du divin Maître a donc duré trois ans et demi environ, et ses Apôtres, appelés à Le suivre dès le commencement ?, n'ont pu passer que trois ans et quelques mois à son école *.
Un travail si court pour une pareille œuvre, une base si étroite pour un si haut édifice, ne se concevrait pas, si Dieu n’en était l’auteur. Comment les Evangélistes auraient-ils imaginé gratuitement une telle invraisemblance?
142, — Où habitait le Sauveur dans l'intervalle de ses courses apostoliques ?
4° Il n’habitait pas à Nazareth, quoiqu'il y eût été élevé dans la maison de ses parents *. Il vint dans cette ville au début de sa prédication, et la lecture d’Isaïe qu'il fit dans la synagogue 5 causa une vive émotion; mais il n’opéra ni
1 Joan.., vi, 4 et 11, 13. Cf. Matth., xxvi, 5; Marc, xv, 6; Luc., xxmr, 11. — 2$,. JIren., II, xxu, 3. Cf. S. Hicron., In hunc loc. et Théodoret, In Dan., 1x. On lit n eoptn, la grande fête, la fête de Pâques, v, 1, dans un certain nombre de manuscrits, N, OC, E, F. Les autres, À, B, D, G, etc., portent eoprn sans article. Cf. Matth., xxvu, 15, græce; Joan., 1v, 45. — 3 Act., 1, 24, 22. — # Cf. Dan., 1x, 21; Matth., xxtv, 27; Luc., xur, 1-8; Euseb., Demonst., vur, et H., 1, 10. — 5 C’est dans ce sens que Nazareth est dite son pays, n matpus aurou. Matth., x111, 14, Supra, n. 91. — 6 Matth., xur, 54; Marc., vi, 1 ; Luc., 1v, 117, etc. Synagogue : édifice où les Juifs se réunissaient le jour du sabbat pour prier, pour lire la loi et les prophètes, pour commenter la parole de Dieu. Chaque synagogue avait son président, apytouvaywyoc, Marc., v, 22, son collège d'anciens, Tpecbvrepor, son ministre, urnpernc, Joan., vn, 15. L'usage des synagogues paraît remonter à la captivité de Babylone. Ezec., x1ix, 1; xx, 1, 31; IL Esd., vur, 48. On en avait construit dans toutes les colonies, Act., xv, 21, et mème à Jérusalem, il ÿ en avait un grand nombre, vr, 9. Après
conversion ni miracle ‘. Ses concitoyens ne voulurent voir en lui que le fils de Joseph; et non contents de le chasser de leur cité, ils cherchèrent à le jeter dans un précipice qui borde la route ?.
20 I] demeurait habituellement à Capharnaüm, sur le bord occidental du lac de Génésareth, près de l’embouchure du Jourdain, à deux lieues de Tibériade, résidence d’Hérode le tétrarque. C’est là qu'il se rendit en quittant Nazareth ÿ. S. Matthieu appelle Capharnaüm sa cité, n tx moktç, civitas ejus *. C’est là qu’il séjournait l'hiver, probablement dans la maison de Simon *. Car Simon Pierre, bien qu'originaire de Bethsaïde 5, y avait une maison 7. C’est là qu’il opéra le plus grand nombre de miracles ÿ. Il profitait, pour répandre sa doctrine, du concours des Juifs et des Gentils que le commerce attirait dans cette ville, de l’une et l’autre Galilée. Dans la belle saison, il faisait des excursions dans les villages et les bourgs voisins *, et quelquefois des voyages assez longs qui le ramenaient à la ville sainte, ou qui le conduisaient jusqu'aux confins de Tyr et de Sidon ‘°, ou dans la Décapole, au-delà du Jourdain ‘.
En somme, il n’a guère demeuré dans la Judée. Bien qu'il fût né à Bethléem, aux portes de Jérusalem, il ne tarda pas à s’en éloigner. Il se rapprocha de la gentilité pour prêcher son évangile et de Jérusalem pour terminer sa vie.
443. — Combien remarque-t-on de voyages dans la vie publique du Sauveur ?
Les Synoptiques ne parlent que d’un voyage de Notre
la destruction du temple, elles offrirent un refuge au peu qui resta du culte et du sacerdoce mosaïques. À côté de la synagogue se trouvait presque toujours une école où l’on enseignait la loi.
1 Luc., 1v, 23-27. — 2 Cf. Matth., 1v, 13; x1u, 54. — 3 Matth, 1v, 13;
Joan., 11, 12. — *# Matth., 1x, 1 ; xuur, 54. Bethleem ipsum tulit, Nazareth educavit, sed Capharnaüm ipsius fuit habitaculum. S. Chrys., In Malth., Hom. xx1x, 1. — 5 Cf. Matth., xvu, 24, etix, 10, 28. — 6 Joan., 1, 44. — Marc. 1, 29-15 Matth... 1x,2,, Marc, 1,123; 345 11, 4; Luc, 1, 93-41e
C£. Luc., x, 13, 15. — 9 Matth., 1v, 13. — 10 Matth., xv, 21. — 11 Marc. w, 20; vit, 31.
o Betlsside ou Jufias”
Contree des TN Géradeniens T0 Kg