‹ Manuel BibliqueChapitre 55 sur 126 · NÉENR DÉC AE TURN · texte numérisé non relu

NÉENR DÉC AE TURN

1. Pêche miraculeuse de $S. Pierre, près de Bethsaïide, Luc., v, 11. — 2, Tempête apaisée d’un mot, Matth., vur, 23-27, — 3. Démons chassés près Gadare, in regione Gerasenorum, Matth., vitr, 28-34, — 4, Retour à Capharraüm, Matth., 1x, 1. — 5. Traversée et marche dans le désert, Matth., xtv, 13. — 6, Première multiplication des pains, Matth., x1v, 14-21; Jogn., vi, 1-15. — 7. Marche du Sauveur sur les flots, Matth., xiv, 22-34. — 8. Seconde multiplication des pains, Matth., xv, 32-38. — 9. Retour vers Dalmanutha , Matth., xv, 39. — 10, Passage à l'orient, Matth., XVI, 5. — 11. Instruction après la traversée, Matth., xvr, 6-10.

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Seigneur à Jérusalem, celui qui se termina par son crucifiement ‘. Dans l'intérieur de la Galilée et aux environs, ils se bornent à indiquer quelques déplacements dont il est difficile de suivre la trace. Hug distingue dans leurs évangiles quatre voyages principaux, qu’il rattache aux quatre Pâques ?; mais tous ces arrangements sont plus ou moins systématiques. On a beau solliciter les faits : ils ne laissent pas de protester d’une manière ou d’une autre. S. Jean, qui s’attache à compléter les Synoptiques, s’en tient presque à mentionner les voyages du Sauveur en Judée. Pour une fois qu’il le montre à Samarie ?, il signale quatre fois sa venue et son séjour à Jérusalem avant l’époque de sa Passion : — 4° Au début de sa prédication * ; — 2° A l’époque de /a fête qu’il ne nomme pas *; — 3° À la fête des Tabernacles $; — 4° Pour la Dédicace *.

14%, — Que faut-il entendre par Concorde où Harmonie des Evangiles ?

Une Concorde est une Histoire du Sauveur dans laquelle on à tàché de fondre les récits des quatre Evangiles, en les rangeant selon l’ordre des temps. On comprend l’importance de cette composition. Il n’y a pas d'autre moyen de connaître la vie de Jésus-Christ et d’éviter les répétitions dans l’exposé de sa doctrine et de ses œuvres. Aussi a-t-on essayé de bonne heure de faire ce travail. L'histoire ecclésiastique fait mention de deux Concordes du second siècle, l’une de S. Théophile (+ 186), septième évêque d’Antioche, l’autre, plus répandue et plus ancienne peut-être, que Tatien (+172) paraît avoir composée avant de se séparer de $. Justin pour s'attacher à Marcion *. Ammonius d'Alexandrie (+ 220), au commencement du troisième siècle, en donna une nouvelle qui devint fort célèbre ‘°.

40Matth., xx, A7: Luc., xvir, 11, — 2? Matth., 1x, et Marc., 11, 1; — Matth., xu, 9 et Marc., 1x, À; — Matth., x, 5% et Marc., vi, 1; — Matth., xvir, 24 et Mare., 1x, 32. — 8 Joan., 1v, 5, 40. — # Joan., 11, 13. — 5 Joan., v, 1. — 6 Joan., vir, 2-10. — 7 Joan., x, 22. — 8 Cf. Euscb., H., IV, xxix; $. Hieron., Epist., exxt, q. 6; de Vir. ill., 25; Galland, Biblioth. vet. Pat., u, Proleg. 51. — 9 Euseb., H., 1v, 29. — 10 Voir J'esquisse d’une Concorde à la fin du volume.

A. : x “ S 268 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [N° 145 Depuis le dix-septième siècle, on en a publié un grand nombre, la plupart composées avec beaucoup de soin. Nous nous bornerons à citer parmi les auteurs catholiques : Cornélius a Lapide, Jansénius de Gand, Dubuisson, Arnauld, P. Amelotte, P. Lamy, D. Calmet, de Lignv, P. Dufour, Toynard, Leroux, Mastaï, Rambaut, Fiilion etc.; et toutes les Vies de Notre Seigneur où l’on a reproduit purement ou avec des additions le texte évangélique *.

145, — Est-il possible de tracer avec précision la suite des faits qui ont rempli la période évangélique de la vie du Sauveur?

Il est impossible de tracer avec certitude la suite de ces faits. Souvent même on ne peut faire à cet égard de conjectures bien probables, comme on en fait sur ceux qui remplissent les jours de sa passion et les premières années de sa vie. La raison de douter, c’est que, d’un côté, cette période comprend, dans l'Evangile, un grand nombre de faits et de discours sans date précise; et que, d’autre part, chacun des évangélistes suit une marche qui lui est propre, sans qu’on puisse dire sûrement quel est celui qui se conforme à l’ordre chronologique, ou même si quelqu'un d’eux Va suivi autrement que par intervalle et approximativement ?. Les mots: {unc, ecce, postea, statim, in ullis diebus, in

1 Les Concordes différent des Concordances. On nomme Concordance un ouvrage qui indique par ordre alphabétique tous les mots contenus dans la sainte Ecriture, et par ordre de livres, de chapitre et de versets tous les endroits où ces mots sont contenus. On en a composé pour l'hebreu (J. Buxortf, Berlin, 1862), pour le Nouveau Testament grec (Bruder, Leipzik, 1842), pour la Vulgate (Dutripon, Bar-le-Duc, 1865, etc.) et pour le français. — 2 Ces divergences et ce défaut d'ordre sont une marque de plus d'authenticité. Les Orientaux ne savent pas s’astreindre à notre marche régulière et uniforme. Dans leurs récits, ils devancent les temps ou reviennent en arrière; ils s'étendent ou ils abrègent suivant leurs dispositions. Josèphe n'est pas exempt de ce défaut, si versé qu'il fût dans la littérature grecque. Mais c’est dans les discours et dans les écrits doctrinaux qu'il se manifeste principalement. Les Hébreux ignorent l’art de se tracer un plan, de préciser le sujet, de le diviser, d'en distinguer et d'en bien disposer les diverses parties. Or nos évangiles sont des écrits doctrinaux, plus encore qu'historiques, et ils ont été composés par des auteurs Juifs. On doit donc s'attendre que l’ordre

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illo die, semblent employés presque partout comme simples transitions : ils ne peuvent donc constater la connexion des

faits, ni même leur succession. De plus, on trouve chez les Synoptiques beaucoup de récits qui se ressemblent plus ou moins, sans qu'on puisse dire s’ils ont ou non un objet identique, ou si tels faits ou tels discours, rapportés avec des variantes en plusieurs évangiles, ont été répétés ou non en diverses occasions !. On comprend par là comment les auteurs de Concordes diffèrent de sentiment ou restent dans Pincertitude sur tant de points.

If. Si l’on compare entre eux les quatre évangélistes, quel est celui qui s’est le mieux conformé à l’ordre des temps? Il n’est pas facile de le dire. S. Jean fournit les données nécessaires pour déterminer la durée de la vie publique du Sauveur ; mais il rapporte peu de faits et ne s’occupe guère de la prédication de Notre Seigneur en Galilée. Entre les Synoptiques, S. Matthieu paraît à quelques-uns offrir plus de garantie, comme étant témoin oculaire et ayant écrit peu de temps après les faits. Communément, pourtant, on donne la préférence à S. Luc, parce qu’il a eu S. Matthieu entre les mains, qu’il estsouvent appuyé par S. Marc, et que, connaissant mieux la forme de l’histoire et faisant profession de composer son récit ex ordine, xa0e£ñs ?, il semble n'avoir eu d'autre motif pour changer l’ordre suivi par ses devanciers que le désir de reproduire plus exactement la suite des faits *. Néanmoins on a sujet d’hésiter dans biens des cas, et les auteurs de Concorde qui croient devoir le plus de confiance à S. Luc restent divisés sur beaucoup de points. En somme, les éyangélistes font peu d'attention à l’ordre chronologique des actions du Sauveur, et jamais ils ne supposent que le lec-

y manque plus ou moins et que les récits et les discours ressemblent à une série de fragments négligemment assortis, plutôt qu'à un ensemble bien conçu et parfaitement suivi.

1 Par exemple, l'onction des pieds, Matth., xxvi, 6; Luc., vu, 36; Joan., xur, À; la vocation des Apôtres, Matth., 1v, 18; Marc., 1, 6; les vendeurs chassés du temple, Joan., 1, 13; Matth., xxr, 12; le discours sur la montagne, Matth., v-vu; Luc., vi, 17; l'aveugle guéri, Marc.,

xvi, 45; Luc*, xyiu, 85, etc. — ? Luc., 1, 3, — 3 Supra, 52.

270 JÉSUS-CHRIST SELON L’ÉVANGILE. [N° 147 teur s’en préoccupe. Leur point de vue est plus élevéet plus pratique ‘.

146. — Si l'on met de côté les œuvres miraculeuses du Sauveur, quels sont les faits les plus remarquables de sa carrière évangélique ?

Ces faits se rattachent pour la plupart à un certain nombre de personnes avec lesquelles Notre Seigneur eut des rapports particuliers : — le Précurseur, — les Apôtres, — S. Pierre, leur chef, — ses disciples, entre autres Nicodème et Madeleine, — les membres de sa famille, — deux pécheresses qu'il convertit, la Samaritaine et la femme adultère, — enfin les ennemis de son Père et les siens : les profanateurs du temple, les Hérodiens, les Sadducéens et les Pharisiens. Autant de sujets d'étude, autant de paragraphes.

$ I. — Saint JEAN-BAPTISTE. Matth., 11; 1V, 2-19; Joan., 1, 19-35.

Ses rapports avec Notre Seigneur. — Avec Hérode Antipas.

141. — Comment saint Jean-Baptiste a-t-il rendu témoignage au Sauveur?

S. Jean-Baptiste a fait connaître le Sauveur, comme Fils de Dieu ?, comme rédempteur du monde ? et comme Epoux de l'Eglise ‘; et lui a rendu témoignage en cinq occasions différentes mentionnées par le quatrième évangéliste, qui paraît avoir été son disciple :

1° Lorsqu'on lui demande s’il est le Christ, ou le Prophète, c’est-à-dire celui des prophètes dont on attendait la réapparition sur la terre, Enoch, Elie ou Jérémie, il répond qu’il n’est qu'un souffle, qu’une voix, prêchant dans le désert, que son baptême n’est qu'une ablution symbolique; mais il se hâte d'ajouter qu’il y a quelqu'un au milieu d’eux, ap, vi", Qui lui est incomparablement supérieur en dignité eten puissance *, et qui fera ce quelui-même ne saurait faire.

1 Comparer Vie des Pères du désert. — ? Joan., 1, 34. — 3 Joan., 1, 29, 36. — # Joan., 11, 29. — 5 Deut., xvur, 45. — 6 Tolle verbum : quid est vox? S. Aug., Serm, coxcrrr, 4. Cf. Serm. acLxxxvinr, 4; Bossuet, Serm. IIIe dim. d’Avent. — 7 Act., x1x, 4, — 8 Joan., 1, 19-27. Cf. Matth., ut, 11; Luc,, 1, 16; Joan., vi, 14; Supra, n. 136. +

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2° Lorsqu'il désigne le Sauveur comme étant l’Agneau de Dieu, la grande victime donnée au monde‘ pour le décharger de ses iniquités : o atpwy rnv apaprtiay tou xoopou?. Dans cette occasion, il dit que celui qu’il annonce a commencé d’exister avant lui”, par conséquent qu’il à une autre nature que la nature humaine.

3° Quand il atteste qu’il a vu l'Esprit saint descendre sur la tête du Sauveur, et que c’est lui qui est le vrai Fils de Dieu qui doit donner le baptême du Saint-Esprit*.

4° Lorsqu'il le montre à deux de ses disciples et que ceuxci, se mettent à la suite de Jésus, passent le reste du jour auprès de lui.

)° Enfin, quand ses disciples viennent lui dire que le Sauveur commence à baptiser au-delà du Jourdain, et que tout le monde court à luif. Dans toutes ces circonstances, le té6moignage du Précurseur porte l'empreinte de l’humilité, de

- Ja droiture, de la générosité et du dévouement le plus admirable envers le divin Maître’. Pas d'exemples plus parfaits pour un ministre de Jésus-Christ, même dans la vie des Apôtres.

148. — Pourquoi Jean-Baptiste envoie-t-il demander à Jésus s’il est Celui qui doit venir 8?

Quand le Précurseur envoie de la prison où il était de ses disciples” à Jésus, ce n’est pas qu'il doute de la mission ni de la divinité du Sauveur. Après avoir vu l'Esprit de Dieu descendre sur sa tête et l’avoir lui-même désigné, à plusieurs reprises, comme l’Agneau de Dieu, comment pourrait-il

MESOd..xxIx, 98 Num, XXVI,02, 6 Dan virr, 11-135 TePet.,,1,9: C£. I Cor., v, 7. Supra, n. 134. — 2 Joan., 1, 29, 36. — 3 Joan., 1, 29-31. — 4 Joan., 1, 32-34. — 5 Joan., 1, 35, 36. Brev. rom., 28 nov., Vigil. S. And., lect. 1-1V. — 6 Joan., 1, 35-36. Sicut enim lux solis non expectat occasum luciferi, sed eo procedente egreditur et suo lumine obscurat illius candorem, sic Ghristus non expectavit ut cursum suum Joannes impleret, sed adhuc eo loquente et baptizante apparuit. S. Thom., p. 3, q. 39, a. 3, ad 4, — 7 Lucerna erat et vento superbiæ timebat extingui. $. Aug., Serm., cazxxxvur, 3. — 8 O epyouevos, ce terme indique l'assurance et l'impatience de l'attente universelle. — 9 Ayyehot. Luc., vu, 24. CE. Marc.,.1, 2.

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avoir la moindre hésitation à cet égard? D'ailleurs, quelle valeur aurait à ses yeux le témoignage qu’il sollicite, s’il ne connaissait bien d'avance celui à qui il le demande? Son but principal est donc de mettre ses disciples en rapport avec le Sauvéur lui-même, de les rendre témoins de sa prédication, et de les convaincre qu’il fait réellement toutes les œuvres. que le Messie doit faire : opera Christi*. I] lui tarde de voir accompli le décret divin qu'il a lui-même proclamé : Ilum oportet crescere, me autem minui?. Jésus-Christ entre dans ce dessein. Sans dire expressément qu’il est le Messie, ce qui aurait pu le faire accuser de provoquer des séditions, il fait devant les envoyés de Jean-Baptiste l’énumération de ses miracles, en leur donnant toute facilité de les constater et en les invitant à les faire connaître à leur maître, afin qu'il leur dit lui-même son sentiment. C'était bien la réponse la plus prudente, la plus modeste et la plus convaincante qu’on püt leur donner”.

L’éloge qu’il fait ensuite des vertus de S. Jean-Baptiste‘ devait avoir pour effet d’exciter ses Apôtres à la perfection et de confirmer dans tous les esprits le témoignage que le Précurseur lui avait rendu.

* 149. — Comment faut-il entendre ces mots : Non surrexil inter natos mulierum major Joanne Baplisla : qui aulem minor est in regno cœlorum major est illo. Matth., xr, 11?

On explique de diverses manières ces paroles du divin Maître, sur la personne du Précurseur :

1° Suivant un grand nombre d’interprètes, fondés sur un verset parallèle de S. Luc : Major propheta Joanne Baptista nemo est*, Notre Seigneur aurait ici en vue la dignité de S. Jean, la grandeur de sa vocation. Il le comparerait sous ce rapport avec tous ceux qui ont été honorés d’un ministère

4? Matth., xt, 2. Cf. Is., xxxv, 1-6; Lx, 1,etJoan., x, 51. — 2 Joan., nr, 30. Cf. Matth., xvir, 5, 8. Odit se amari pro eo. S. Aug., Serm., ccLxxx vu, 2. — 3 S. Aug., Serm.Lxvi, 3. Of. S. Th., 2a-2& q. 2, a. 1, ad 2. — # Matth., x1, 1-15. Ne forte aliquis dicat : Bonus crat primo Joannes, et Spiritus Dei deseruit illum. S, Aug., Serm. LxIv, 3. — 5 Liuc., vu, 28.

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surnaturel. Sa pensée serait que le Précurseur tient un cerain milieu entre les ministres de la loi ancienne et ceux de la loi nouvelle. Supérieure à ce que le peuple de Dieu a vu de plus grand, sa vocation le cède cependant à celle du moindre des ministres de l'Eglise, le vrai royaume de Dieu ici-bas’. Il est le flambeau dans la maison de Dieu, vyvoc?, eux sont la lumière du monde, o wc tou xoopou?, parce qu’ils continuent la mission du Verbe incarné‘. Son baptême n'est qu’une figure et a peu d'action sur les âmes : celui que donneront les Apôtres sanctifiera par lui-même et conférera la grâce.

2° Suivant d’autres auteurs, il s’agit bien ici de la dignité du Précurseur ou du rang qu’il occupe devant Dieu ; mais ce ne sont pas seulement les ministres de la loi nouvelle que le divin Maître place au-dessus de lui : ce sont tous les chrétiens, tous les membres de Jésus-Christ. Telle est la supériorité de l'Eglise sur la synagogue : la moindre place aux côtés du Sauveur est préférable à la première parmi les disciples de Moïse : on y reçoit plus de lumières, on y jouit de bien plus de faveurs.

3° D’autres pensent qu’il s’agit de vertu, de mérite surnaturel. À leur avis, le divin Maître considère $. Jean-Baptiste comme représentant de la loi, comme membre de la synagogue, ou plutôt comme un simple descendant d'Adam, natus mulierum ; il fait abstraction de tout ce que le Précurseur tient de lui, de ce qu'il Jui a mérité et qu’il lui communique, de la grâce de la Rédemption dont la source appartient à la loi nouvelle; et le comparant ainsi avec les enfants de Dieu, qui sont régénérés par son baptême et qui font partie de son royaume, qui ex Deo nati sunt°, il prononce, comme S. Paul le fait souvent dans ses Epîtres, qu’en réalité le moins favorisé des chrétiens, par cela seul qu’il est membre de l'Eglise et qu'il est uni à son divin chef, a plus

1 Cf. Matth., xu, 11. — 2 Matth., v, 15; Joan., 1, 8, v, 35. Qc huyvos gorvwy ev avyunow tome. II Pet., 1, 19. — 3 Matth., v, 14, 45; Phil., 11, 15. Non lux ipse quidem, sed tanti luminis index. Vida. — # Cf. Joan.,1 9, 46. — 5 Matth., 11, 11. — 6 Joan., 1, 15.

de titres que lui à l’estime, à l’amitié.et à la possession de Dieu.

Les deux premiers sentiments, peu différents l’un de l’autre, ont pour eux des raisons d’une grande valeur. Le troisième allègue de nombreuses autorités, mais il est moins facile d’en faire comprendre la justesse.

Quoi qu’il en soit, il ne paraît pas que par minor in regno cælorum, on puisse entendre, comme plusieurs Pon proposé, le Fils de Dieu, ni rendre regnum cœlorum par le ciel, le séjour des Anges et des Saints beatifiés. Dans le royaume de Dieu, le Verbe fait chair, si humilié qu’il soit aux yeux du monde, n’est pas le plus petit, mais le plus grand, et même le seul grand!. Quant au royaume des cieux, celui dont il est ici question est évidemment le même que prêchait le Précurseur, celui que le Sauveur fondait sur la terre et dont il parle au verset suivant. « Depuis que Jean-Baptiste a paru, dit-il, ce royaume souffre violence et ce sont les forts qui lemportent; » pour faire entendre qu’il y a des sacrifices à faire pour y entrer, ou bien, suivant certains interprètes, qu’il est persécuté en la personne du Précurseur.

150. — Union d'Hérode Antipas et d'Hérodiade : à quel titre était-elle condamnable 2?

Il est certain que l'union d'Hérode et d’Hérodiade avait la passion pour principe, et qu’elle était regardée comme illégitime; mais en quoi élait-elle contraire à la loi de Dieu ?

1° Si Hérode était Juif de religion, s’il était incorporé au peuple de Dieu, comme beaucoup d'auteurs le pensent, son alliance avec une nièce qui était devenué sa belle-sœur et qui avait donné un enfant à son frère était un inceste’; c'était de plus un adultère, et peut-être un rapt; car on ne saurait invoquer le divorce. Il ne parait pas que la femme eût le

1 Non numeratur natus Virginis inter natos mulierum. S. Cyrill. Hieros. — 2 Matth., x1v, 4. —3 Lev., xvinr, 14, 16,20. Hérodiade était fille d'Aristobule, petite-fille d'Hérode l'Ancien et de Marianne, nièce de Philippe et d'Hérode Antipas. Philippe était fils d'Hérode par Cléopâtre.

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