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éminente qu’elle soit, comme une marque assurée de prédestination
156. — N'y a-t-il pas des Apôtres qui furent appelés plusieurs fois ?
On peut dire qu’André et Simon furent appelés une première fois dans la Judée, lorsqu'André, ayant reconnu Jésus pour le Messie ?, lui amena son frère *, À ce moment, ils ne quittèrent ni leur demeuresni leur état; et la parole du Sauveur : Tu vocaberis Cephas, fut plutôt une prédiction qu’un appel proprement dit. Mais après la pêche miraculeuse *, Notre Seigneur leur ayant dit qu’il les ferait pêcheurs d'hommes ’, ils laissèrent leur barque, leurs filets et tout ce qu'ils avaient pour le suivre : Ex hoc jam adhæserunt ill, ut non recederent $. Ce fut leur seconde vocation. De plus, quelques-uns, distinguant la pêche rapportée par $. Luc de celle que décrit S. Matthieu, croient que celle-ci donna lieu à un appel distinct. C’est le sentiment de S. Thomas, suivant lequel les Apôtres auraient été tous appelés trois fois *.
157, — Notre Seigneur s'est-il hàté de donner à ses Apôtres les pouvoirs qu'il leur destinait ?
Le premier soin du Sauveur fut de faire acquérir à ceux qu’il avait appelés à l’apostolat les connaissances, les vertus, les habitudes dont ils avaient besoin pour le bien exercer.
1° Jl s'applique à les instruire. — Pendant plus de trois ans, il les tient à ses côtés. Ils assistent à ses discours; ils entendent ses entretiens *. S'ils trouvent des difficultés
1 Act., 1, 25. Judas filius regni erat, audivitque una cum aliis discipulis illud : Sedebitis super sedes duodecim; factus est autem gehennæ filius. S. Chrys., In Matth., Hom., xxvr, T. — 2 Eupnxapev rov Mecouav. Joan., 1, 42. — 3 Andreas cœlibem vitam ducens, Joannis Baptistæ factus est discipulus. Petrus negotiis intendebat, qui uxori et familiæ et patris senio providebat, Sophron., De cett. Pet. el Paul. — * Luc., v, 1-11. — 5 Cf. Jer., xvr, 16; Ezec., xzvn,#10. — 6 S. Aug., In Joan., vrr, 9. — 1 Triplex fuit vocatio Apostolorum : primo enim vocati sunt ad Christi familiaritatem, in primo anno prædicationis Christi; secundo vocati sunt ad discipulatum ; tertia vocatio fuit ut totaliter Christo adhærerent. S. Thom., {n Matth., 1V, 18-22. Cf. S. Aug., de Cons. evang., u, #1. — 8 Joan., xv, 15, 16.
dans son enseignement public, il les leur explique en particulier, cum esset singularis'. Il y ajoute des instructions spéciales sur leur ministère et ses obligations ?. Il procède avec lenteur, par ménagement pour leurs préjugés et pour leur faiblesse *. Néanmoins il ne tarde pas à réformer leurs sentiments et à préciser leurs idées sur Île royaume qu'il vient fonder *, sur les dignités qu'ils y doivent avoir ÿ, sur les récompenses qui leur sont offertes °. Il leur fait entendre peu à peu qu’il ne faut exclure personne de ce royaume, ni les Gentils?, ni les Samaritains’, ni les pécheurs®; que le but et le fruit de son règne, c’est la sanctification de l’âme ici-bas ‘, et la félicité éternelle dans le ciel ‘. Enfin, il leur communique, avêc son Saint-Esprit, toutes les lumières dont ils ont besoin pour l'exercice de leur ministère et le succès de leur mission ‘?,
20 ]l travaille à leur sanctification : — en les tirant du milieu où ils ont vécu jusqu'alors ‘* et en leur mettant continuellement ses exemples sous les yeux !; en leur faisant remarquer que la perfection a dans l’âme son principe et son siège ‘5; qu’elle dépend de l'intention ‘© plutôt que de l’observation littérale de pratiques extérieures d’une importance relative ‘7; en animant vivement leur foi *; en les exerçant
1 Matth., xur, 10-12, 16, 18, 36; xv, 15; xvi, 15, 16; Marc., 1v, 34; Luc., vin, 9; Joan., xx, 27. —? Matth, x, 5-42, xvr, 20" xvrr, 9; xvin, 22; Luc., 1x, 1-6; x, 2-24; Joan, x1v, xV, xvi; xx1, 15-17; Act, I, 3. — 3 Joan., xvi, 12. — # Matth., v, 3, 10; Luc., x1r, 31 ; xxx, 25, 26. — 5 Matth., x, 16; xx, 23, 25, 26; Marc 1x, 34, 35. — 6 Matth., xvrnir, 19; xxv, 34; Luc., x, 20 ; x11, 32. Reges gentium dominantur eorum et qui potestatem habent super eos benefici, evepyerot, vocantur, Luc., xxI1, 25. Allusion aux inscriptions qu'on lisait alors sur les monnaies des rois de Syrie, successeurs d'Alexandre. On voit encore sur plusieurs Bzoueuws Avruoyou evepyetou (140-127 av. J.-C.) — 7 Matth., vu, 11; Luc., xI, 29, 30; Joan., x, 16. — 8 Luc., 1x, 55, 61; Joan., 1v, 21. — 9 Matth., xI1, 29, 30 ; xxt, 31, 32. — 10 Luc., xu1e 31; xvit, 21. — 1 Matth., xxv, 34; xxvi, 29, Luc., xxur, 29, 30. Infra, n°: 4110. — 12 Joan., x1v, 195 1x,29; Joan., 1, 43. — 13 Matth., 1v, 19; 1x, 9; Joan., 1, 43. — 14 Joan., xur, 14. — 15 Matth., v, 20; Luc., xvir, 21. — 16 Matth., vi, 22; xv, 18. — 17 Matth., xur, 1, 8; Marc., vus, 19; Luc., xvur, 12. — 18 Matth., vin, 26: xvir, 20; xxr, 20; Marc, 1v, 40; x1, 22; Luc, xvir, 5,8:
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au détachement ‘, à l’obéissance ?, au sacrifice *, à l’humi- Jité *, à la confiance *, au zèle 5, à “la prière 7, à la pratique de toutes les vertus ; en leur faisant partager sa vie laborieuse et toutes ses privations ; en leur signalant leurs défauts *; en leur inspirant du mépris et de l’aversion pour les vices des pharisiens !‘; en louant hautement toutes les vertus dont il est témoin ‘!; en les avertissant des épreuves qui les attendent ‘?; enfin, en priant pour eux d’une manière spéciale !*.
3° Il les forme à leur ministère : — la première année, en exerçant seul ce ministère sous leurs yeux ‘*; la seconde, en les envoyant deux à deux prêcher le royaume du ciel, en divers lieux de la Judée ‘*; la troisième, en leur associant les soixante-douze disciples. Ainsi le Sauveur se montre réellement le Maitre des apôtres ; il en remplit parfaitement les devoirs ‘.
Rien de plus admirable que la charité dont il use envers eux. [Il les appelle ses amis 7, ses frères !#, ses chers enfants ‘”. Il ne peut les voir dans l’affliction, sans cômpatir à leurs peines *‘. Il leur fait prendre du repos quand il en Ébbesoin "el veille à leur sûreté, aux dépens même de la sienne ?. Il les console dans leur tristesse #. [Il prend leur
4 Matth., vin, 22; x, 31; xu, #8, 49; Luc., v, 11. — 2? Matth., x1v, 28; Euc., 1x, 62. — 3 Matth., xx, 23. — # Matth., xvur, 2, xx, 26; xx, 4-12; Marc.,, x, 43; Luc., x, 18; xx1r1, 24; Joan., x, 12. — $ Matth:, DNS ET 0 UE Tr AR Marc. 71, 28 J0an% (xx, 121, LUC x,1:/Joan., 1V, 92, 98. —1 Matth, x1v, 23; xx vi, 41; Luc, x, 2; xX1, 2° — 8 Marc., vi, 31; Joan., 1v, 8, 32: Vi, 9. — 9 Matth., vus, 26; x1v, 31; SV MO XV 8 23 XVIL OS EVIL, SE XX. ADS x xVI, 39: Marc’, 15; 32- 36: <a 14: Luc. IE, 482554 xx1V, 20 Joan. xIT, 15 XIV: 9, 24122 — 10 Matth. WE, 29 ; xvi, 6, 11; Luc., x11, 42-48, etc. — 11 Matth., vint, 10; Marc., XII, 13: ici vir, 44; Joan., xu1, T. — 12 Matth., x, 16-26; Joan. xv, 20-24; xvi, 1-5, otc. — 13 Luc., vi, 12-13; xxu, 32; Joan., xvur, 9. MélLuc:, vur, 1. — 15 Matth, x, 5, 6; Marc., va, 1; Lug., 1x, 1,2. — 16 Matth., xvu, 23; xxiu, 8, 10; Marc., 1v, 38; 1x, 31, Luc., v, 5; Vin, 24, 45; 1x, 33, 49; xx1, 1; Joan., xx, 13, 14. — 17 Matth., xxvi, 50; Joan., xv, 14, 15. — 18 Matth., xxvir, 10; Joan., s 17. — 19 Joan., xIr, 333 XXI, 5. — 20 Joan., xvI, 6, ai x MALE 21 Marc., vi, 31. — 22 Matth., xxvi, 52; Joan., xvinr, 8. — 23 Matth, xxvur, 10; Luc., xx1v, 14; Joan:, xiv, 18, 21.
284 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. - [n° 158 défense contre les pharisiens !, il les recommande à la générosité de ses disciples ?, il leur donne toutes sortes d’en-. couragements * et leur fait toutes sortes de promesses *, Il va jusqu’à leur révéler ses secrets les plus intimes ÿ.
D'un autre côté, rien de plus édifiant que la docilité avec laquelle les Apôtres reçoivent sa parolef, que le dévouement respectueux dont ils entourent leur divin Maître.
Enfin, après sa résurrection, le Sauveur, se montrant à eux dans sa gloire, leur donne leur dernière mission et les investit de tous ses pouvoirs *.
* 158. — Pourquoi ces avis du Sauveur à ceux qui veulent le suivre : Qu'il n’a pas où reposer sa léle, Luc., 1x, 58; Que celui qui regarde en arrière n'est pas propre à son œuvre, 1x, 62; Qu'ils doivent laisser les morts ensevelir les morts, Matth., vir, 22?
Ces trois maximes du Sauveur, exprimées, suivant l’usage de l'Orient, dans un style figuré et hyperbolique, avaient pour but de faire comprendre : — fe Qu’il ne veut pour ministres que des hommes généreux, détachés de toute affection naturelle et de tout intérêt humain*. — 2 Que la pureté de vues, la fermeté et la constance sont nécessaires à son service, surtout dans le ministère apostolique, et qu’on ne doit pas s’y engager inconsidérément !°, — 3° Que son intérêt et son bon plaisir doivent passer, dans l’estime de ses ministres, avant toute convenance et toute affection naturelle !*.
Touchant ce dernier avis en particulier, nous ferons observer : — 1° Que, sous la loi de Moïse, il était défendu au
1 Matth., xvir, 16, 17. — ? Matth., x, 40, 41. — 3 Matth., v, 12-14; ME En LG ISSU ec 62 ENT MO Ex PATES x, 24, x, 32; Joan, x1v, 1, 2; xv, 5 Matth. x, A6, ATEN, 21; Joan., x, 26; xv, 14, 15. — 6 Matth., xr1v, 28; Marc., rv, 10; 1x, 31; Luc.,, x1, 1; xxn, 62; Joan., 1v, 27; vr, 69; x1n, 9, 485 x1v, 8,95 xvr, 29; xxr, 12, etc. — Matth, x1x, 495 xxvr, 35; Marc: 1x, 311, 31; Luc., 1x, 54; xvir, 45; Joan., 1v,1345 x1 8, A6: xnr, 13% xvint, 10, xx, 3, 4, 28; xx1, 1, 12, 11, etc. — 8 Matth., xxvirr, 48-90; Joan x MAT. — Cf" Luc, 1x, 581 NC AGen. xIx, 265 Luc xiv, 28; xvu, 32; Phil., nr, 13, 24. — 11 Cf. Deut., xxx, 8,9 IT Reg, x1x, 19-21.
grand-prêtre d'assister aux funérailles de son père ?, et que le Nazaréen ne devait prendre part à aucune cérémonie funèbre jusqu’à l’expiration de son vœu ?. — 20 Que, suivant un sentiment assez commun, le jeune homme auquel s’adresse Notre Seigneur (S. Philippe, apôtre, d’après Clément d'Alexandrie *), ne demandait pas seulement un jour ou deux pour rendre les derniers devoirs à son père défunt, mais un délai indéfini pour rester auprès d’un vieillard chargé d'années, afin de pourvoir à ses besoins jusqu’à la fin de ses jours. Quoi qu’il en soit, l'intention du Sauveur n’était pas de priver un père d’une assistance dont il avait besoin et que la nature demandait en sa faveur : les paroles du divin Maître font supposer qu’il y avait dans la famille d’autres parents disposé à rendre ce service, et que ceux-ci, ne songeant qu’à la vie présente, ne seraient pas détournés par là de travailler pour ja vie éternelle *.
*459, — N'a-t-on pas prétendu que Notre Seigneur avait commencé par condamner les richesses ct faire de la pauvreté une condition de salut 5?
C'est ce qu'affirment encore des rationalistes, au jugement desquels les Ebionites ont seuls persévéré dans sa doctrine à cet égard. À l’appui de leur sentiment, ils allèguent un certain nombre de textes, soit contre les riches ou leurs richesses ?, soit en faveur des pauvres et de la pauvreté”.
On leur répond : — Que l'erreur des Ebionites ou la réprobation absolue des richesses ne ressort pas de ces textes; — que jamais le Sauveur n’a condamné tous les riches à lenfer, ni fait de l’indigence une condition ou un gage assuré du ciel; qu’il suppose bien clairement, au contraire, que les riches peuvent se sauver "et les pauvres se perdre ‘";
1 Lev., xx1, 10-11. — 2 Num., vi, 6, T. — 3 Clem., Alex., Sérom., 111. — 4 Cf. S. Thom. 2a -2e, q. 104, a. 4, ad 2. — 5 M. Renan, Evangiles, p. 44, 215, etc. — 6 Matth., x1x, 21-24; Luc.,"vr, 24, 25; xvi, 19, 20; xviir, 24, 25, 27. — Matth., xt, 22; Luc., vor, 14; xvr, 9, 18. — 8 Matth., v, 3; vi, 49, 24, 25, 29; x1, 5; Luc., vi, 20, 21. — © Matth, vur, 20; x, 9, 40; Luc., 1x, 3. — 10 Matth., xix, 26; Luc., xvur, ae
286 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [N° 159 — que parmi ses disciples, plusieurs avaient quelque fortune, par exemple les femmes pieuses qui fournissaient à ses besoins et à ceux des Apôtres !, Marie-Madeleine ?, Zachée *, Nicodème*, Joseph d’Arimathieÿ, celui chez lequel il cé- Jlébra la cène 5; que lui-même n’était pas tout à fait sans ressource *, quoiqu'il ne portât pas d'argent pour l’ordinaire *, qu'il recommande souvent l’aumône à ceux qui le suivent”, qu'il veut que les ministres soient entretenus par les fidèles comme il l’a été par ses disciples °; — que lorsqu'il compare les pauvres aux riches et qu’il donne la préférence aux premiers c’est qu’il les considère tels qu’ils se présentent à lui, les riches avec leur orgueil, leur cupidité, leur sensualisme !*; les pauvres avec leur docilité, leur foi, leur humilité ‘?; — que la fortune, qui est toujours une épreuve et un péril pour l’âme ‘, rendait alors très difficile l’entrée du royaume de Dieu, c’est-à-dire de l'Eglise et du ciel ‘#; — que le détachement des biens de la terre ou la pauvreté d'esprit n’a pas cessè d’être nécessaire pour la perfection et même, dans une certaine mesure, pour le salut ; — enfin que la pauvreté effective est toujours d’un grand secours et d’un grand mérite, quand elle est embrassée dans l'intérêt de la gloire de Dieu; et qu'il n’est pas étonnant que le divin Maître l’ait encouragée ou même qu’il lait exigée d’un certain nombre, à une époque où il avait un si grand besoin d'ouvriers apostoliques, dévoués à son service et prêts à porter son Evangile dans toutes les contrées du monde ‘.
On voit qu'au fond l'Eglise n’a pas cessé d'enseigner ce que Jésus-Christ enseignait, qu’elle conserve toujours des richesses, du détachement, de la pauvreté, l’idée qu’il lui en à donnée, et que l'Evangile ne contient rien sur ce sujet
DAEUC. vin, 2, 34— 22 Matth. xx vr OA ETC xx SI k Joan., 111, À ; x1x, 39. — 5 Matth., xxvur, 51. — 6 Luc., xxnr, 10-49, etc. — 1 Joan., x, 6; xx, 29, — 8 Matth, xvur, 26; xxur, 19. — 9 Matth., Vi, 3; XXV, 35; Luc., vi, 35; x1, 41; xvr, 9, 21. — 10 Matth., x, 10; Marco, MO:Luc:, 1x, 45 TMC nv 025 #2 Luc vr2DE 18 Matth., vi, 21; x, 22. — 14 Matth., v, 3; xx, 24; Luc., vr, 25. — SNA tt RS OPEN 0x 007
dont les socialistes ou les incrédules aient droit de se prévaloir *.
160. — Comment faut-il entendre cette promesse de Notre Seigneur aux Apôtres, qu'ils seront assis sur douze trônes, qu'ils recevront le centuple de leurs sacrifices ?, et qu'ils jugeront les douze tribus d'Israël, Matth., x1x, 28?
1° Le nombre douze n’a pas un sens plus strict ici que le nombre sept dans l’Apocalypse. Il exprime simplement la totalité. Par les douze Apôtres, il faut entendre tous les apôtres ou même tous les prédicateurs de la foi; comme par les douze tribus, en entend l'Eglise de tous les temps et de tous les lieux, dont le peuple ancien a formé le premier noyau *?.
2° Notre Seigneur se borne ici à promettre leur récompense aux Apôtres. Il ne parle point de l'obligation où ils sont de la mériter; mais il est bien entendu qu’ils ne recevront leur couronne qu’à la condition de marcher à sa suite et de répondre à ses desseins ‘.
30 Quant à ces trônes, c’est le symbole de la gloire qui leur est réservée au ciel, et qui éclatera à tous les regards au jour de la résurrection, in regeneratione *. En ce jour, ils environneront le souverain Juge, partageront son zèle contre le péché et s’associeront à sa sentence. On peut voir aussi dans ces paroles une allusion à l'autorité spirituelle que les Apôtres devront exercer ici-bas, en faisant dans PEglise ce que les Juges ont fait en Israël 5.
1 Brev. rom., Dedic. Eccles., die 11 , lect, vu-1x. — ? Cf. Matth. x, 39; xvur, 25. Brev. rom., Hom. vu, Pro abbal, — 3 Rom., xr, 11, 18,24. Cf. Rom., x, 28, 29; 1v, 12-16. — # Joan., xinr, 11; xv, 14. Brev., Oct. SS. omnium, lect. 1, 8. — 5 Cf. Ps. ax1ix, 5, 9; Sap., v, 1; 1 Cor, vi, 2, 3 ; II Thess., 1, 10. — 6 Brev. rom., 25 janv., lect., 1-9 et 23 juil, etc. 8,
S IL. — Sainr Pierre. Matth., xxt, 18; Luc., xxiu, 31; Joan., 1, 42; xx, 15.
Ses privilèges personnels. — Sa foi. — Son autorité,
161. — Saint Picrre n’a-t:il pas été distingué des autres apôtres
par plusieurs privilèges ?
Bellarmin compte vingt-huit privilèges propres à S. Pierre, onze fondés sur les Evangiles, neuf sur les Actes des Apôtres et l’Epitre aux Galates, huit sur la tradition !. Voici les onze premiers :
1° Le Sauveur a ue son nom, comme Dieu a changé celui d'Abraham, pour dire qu'il était devenu à son service un homme nouveau, et pour indiquer sa destinée dans PEglise?. -— 2° Il tient le premier rang parmi les Apôtres et se conduit comme leur chef. C’est lui qui parle pour tous, lui qui répond au nom de tous * ; et quoiqu’ils soient en garde contre toute prétention et toute préférence, quoiqu'ils s’indignent contre l'ambition de Jacques et de Jean quand ceuxci aspirent aux premières places, nous ne voyons pas qu'aucun d’eux ait jamais réclamé contre sa primauté; au contraire, les évangélistes marquent expressément que le premier rang lui appartient*. — 3° Il paie le tribut avec le Sauveur et comme le Sauveur, une drachme pour l’un etune drachme pour l’autre Ÿ. — 4° Il est à la tête des deux pêches miraculeuses et figuratives. La barque où elles se font est à lui, et il reçoit l’ordre de la conduire en haute merf. — 5°Ilest spécialement éclairé de Dieu sur la grandeur du Sauveur et sur la gloire de son règne *. Il confesse sa divinité au moment où elle est encore ignorée en Judée, même de la
1 Bellarm., Controv., De rom. Pont. — ? Matth., xvr, 18; Joan., 1, 42. CMOS MERVIT, MORT RASE Cv, 0 EPL ADS VIOUE IV Reg. : XX, 04; Dan., 1, 6, 1: — 3/Matth” xv, 15 x vr, 16 xvir, 2 xx, 21 Joan., vi, 69. Cf. Joseph., Conf. App., 11. — # Primus Simon, qui dicitur Petrus. Matth., x, 2. Petrus et qui cum illo erant. Marc., 1, 36; Luc., ViUE CMarc-hnr, A6:Tuc vi, AZ ACT. r 13 TlCor., 1x, 5er: Où nepr Ilerpov. S. Ign., ad Smyrn., 3. — 5 Matth., xvr, 23-26, — 6 Luc, V;, 4; Joan., xx1, 3. — 7 Matth., xvi, 11.