Dans quelles circonstances eut lieu cette prédiction
I. Cette prédiction eut lieu quelques jours avant la passion, au moment où les Juifs allaient rompre définitivement avec le Seigneur, en mettant à mort le Messie qui leur avait été donné, et en demandant que son sang retombât sur leurs têtes. Jésus-Christ venait de sortir du temple pour n’y plus rentrer *. Il était hors de la ville, sur le sommet des Oliviers, la face tournée vers le Saint des saints 5. Un instant auparavant, il disait aux Juifs : Relinquetur vobis domus vestra deserta?, appelant leur maison, et non plus celle de son Père, cet édifice dont ils faisaient une caverne de voleurs. Maintenant il ajoute, en parlant à ses Apôtres : non relinquetur lapis super lapidem”, leur laissant à conclure que la prophétie de Daniel relative au Christ !° allait s’accomplir entièrement, et qu’à la place du temple ancien, allait s'établir bientôt un autre temple, un temple spirituel et indestructible, fait par une autre main que celle de l’homme‘, où son Père serait adoré comme il voulait l'être ‘?.
IT. Au moment où le divin Maitre faisait cette prédiction, sa parole pouvait seule lui donner quelque vraisemblance. Jérusalem, la cité de paix, n’avait jamais été plus tranquille et plus florissante. Elle se croyait destinée à devenir la capitale du royaume de Dieu. Pline l'appelle : longe clarissimam
1 Matth., xx1v, 29-34. — 2 Matth., xx1v, 35-24. — 3 Apoc., xvur, 18. — 4 Cf. IL Reg., vi, 44; Heb., x, 5. — 5 Matth., xx1v, 1. — 6 Marc. x, 3. — 7 Matth., xx, 38; Luc., x, 35. Cf. Ps. Lxix, 25; Joan. viu, 11; x, 34. — 8 Cf. Jer., vu, 4. — ® Matth., xx1v, 2. — 10 Dan, ix, 24. — 11 Ayetporoinrov, II Cor., v, 1; Heb., 1x, 11. Cf. Act., vir, 48; xvut, 24. — 12 Joan., 11, 19; 1V, 21-24.
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urbium Orientis'. Comme le reste du monde, elle s’accoutumait à la domination des Romains. Ceux-ci avaient intérêt à en garder la possession, par conséquent à la défendre et à la maintenir en paix. Ils avaient des égards pour son culte et pour ses mœurs?. Qui pouvait prévoir que ses habitants seraient assez aveugles pour entreprendre si tôt une lutte à mort contre l’empire des Césars *? Qui eût pu croire que l’armée romaine n'aurait d’antre moyen de la réduire que d'en égorger tous les habitants et de détruire de fond en comble ce temple qui semblait bâti pour l’éternité*? C’est ce que prédit le Sauveur ; et c’est ce que virent de leurs yeux plusieurs de ceux qui entendirent sa prophétie. Aussi Origène la cite-t-il comme la preuve la plus frappante de la mission divine de Jésus-Christ. Dieu seul pouvait l’inspirer et Dieu seul à pu l’accomplir*.
241. — Est-il bien certain que la prédiction du Sauveur sur Jérasalem n'a pas été supposée après l'événement?
Les rationalistes sont forcés de soutenir qu’elle a été supposée ; et c’est sur cette prétention même ou plutôt sur Pimpossibilité intrinsèque de la prédiction qu’ils s'appuient principalement pour nier l’authenticité ou l'intégrité des évangiles synoptiques 7. Mais il y a là de leur part une pétition de principe, et même une contradiction : pétition de principe, car l'impossibilité de la prédiction est une assertion gratuite, tenue pour fausse par tous ceux qui n’admettent pas leur système: une contradiction, parce que toutes les prédictions sont de même nature, et que bon gré mal gré, ils ne peuvent s'empêcher d'admettre eux-mêmes des prédictions véritables, des prédictions précises d'événements lointains, réalisées par lévénement, par exemple celle de
ÉPüne, H. N., v°15. Tacite, H:,.V,u1; Joseph. BV, av: VD Ex AMEN RELE=025J0SC ph, A NS ICE NB EM ET M0 ES IQ Not maxime eos ad bellum excitavit vaticinium fuit ambiguum in sacris libris repertum, illis circiter temporibus quemdam ex eorum finibus profectum orbis terrarum imperio potiturum. Joseph., 4., VI, v, 4. Cf. Euseb., A., 11, 8. — # Joseph., 4., XV, x1v.— 5 Orig., Con. Cels., 11, 13. — $ Joseph., B., VI, 1x, 1. — 7 M: Renan, Evang., p. 122.
Lu ù
Daniel, toute semblable à celle du Sauveur 1, celles de lévangile sur les persécutions, sur la conversion des peuples, sur le triomphe de l'Eglise, sur sa durée, sur sa résistance inébranlable aux assauts de l’enfer, celle de PApocalypse sur la ruine de l’empire idolâtre et persécuteur, etc.
D'ailleurs, il est facile de montrer que la prédiction de la ruine de Jérusalem est antérieure à l’événement. Outre les preuves générales et absolument certaines que nous avons données de l'authenticité, de l'intégrité et de la date approximative de nos évangiles, nous avons, en faveur de cette prophétie, des garanties spéciales et des raisons péremptoires.
I. Il est impossible qu’on lait glissée furtivement, sans qu'on s’en aperçûl, dans le texte évangélique ; et cela pour trois raisons :
1° À cause de l’étendue de la prédiction. Il ne s’agit pas de quelques mots, plus ou moius explicites, sur un sujet d’une importance secondaire : il s’agit de longs passages, de chapitres entiers, très nets et très précis, de nature à préoccuper vivement tous les esprits.
2° À cause de sa présence et de son identité dans les trois Synoptiques. Dans un seul évangile, une telle interpolation, faite à l'insu de tous ou d’un consentement unanime, est une hypothèse inadmissible : combien plus trois interpolations semblables, d’une longueur à peu près égale, dans trois évangiles différents !
3° À cause des nombreuses allusions qui y sont faites dans nos Livres saints. Le fond de la prédiction se trouve, avons-nous dit, dans Daniel?. Il se trouve aussi dans le
1 Matth., xxtv, 15. — 2 Dan., 1x, 26, 27. « La prophétie de Daniel est de 169 ou 170, dit M. Renan. Que deviennent les 70 semaines de Daniel? » 1er Nov. 1882. En disant que les paroles de Daniel sont antérieures de 170 ans à Notre Seigneur, on en constate le caractère prophétique. « Cette prédiction est aussi inexplicablo humainement dans un écrit du temps d'Antiochus Epiphane que dans un livre contemporain de Nabuchodonosor. Pour en annuler la valeur, il faudrait prouver que les prophéties de Daniel sont l'œuvre d'un chrétien. Et c'est ce que personne ne pourrait même tenter. » Fr. Lenormant, 1875. Qu'on veuille bien peser, en effet, ces paroles de Josèphe : « Daniel, le plus grand des prophètes, fut durant sa vie considéré des rois et honoré des peuples,
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Deutéronome!, dans le Psautier ? et dans divers prophètes *. Mais on l’aperçoit bien plus clairement dans un grand nombre de passages des évangiles ; par exemple dans les paroles du Sauveur aux femmes de Jérusalem *, dans. celles qu’il a prononcées sur cette ville infidèle * et sur le figuier stérilef, dans son entretien avec la Samaritaine’, dans ses paraboles sur le royaume de Dieu‘, dans celles des vignerons homicides *, des invitations refusées ‘°, de l’arbre infructueux ‘!, des sujets révoltés ‘?, enfin dans tous les endroits où il est question du retour prochain du Seigneur ‘?. On en voit des traces jusque dans les Epîtres de S. Paul, dans celles même que les rationalistes regardent comme les plus authentiques ‘*, dans celle des Hébreux, dont ils contestent l’auteur sans en pouvoir contester la date ‘*, et peutêtre est-ce la raison d’une tradition qui attribue à cet Apôtre, aussi bien qu’às. Pierre, des prédictions très précises sur la ruine de Jérusalem ‘.
If. Si cette-prophétie avait été supposée après l’événement, elle n’offrirait pas de difficultés, et c’est dans les derniers évangiles qu’on la trouverait. Or :
1° Si elle est claire et frappante en beaucoup dendroits, elle est vague et ambiguë en d’autres. Aux traits qui s’appliquent à Jérusalem, s’en mêlent d’autres qui semblent se rapporter à la fin du monde. Un homme qui aurait fait la prédiction d’après l’événement aurait précisé ses expreset il a laissé après sa mort un monument qui ne périra jamais. Notre nation lit encore aujourd'hui les livres qu'il a composés, et il suffit d'en prendre connaissance pour être convaincu que Dieu était avec lui; car il ne se borne pas comme les autres prophètes à prédire vaguement les choses à venir : il définit avec précision le temps auquel elles doivent arriver. » À., X, x1, 1 Cf. Infra, mn: 429. ;
1 Deut., 1v, 26, xxvir, 48-54, 64-66. — 2 Ps, Lxvirr, 26. — 3 Isai., MI,M2;xxv;2, 4, etc.;ler.x1, 16: x1x, Al Amos”, 1m, 6kevMrux, MA0967 — + Luc., xxur, 28-31. — 5 Matth., xxur, 35-38; Luc., xix, 40-44. — 6 Marc., x1, 12-14. — 7 Joan., 1v, 21-23. — 8 Matth., xur, et Marc., 1v. — 9Matth., xx1, 33-44. — 10 Luc., x1v, 16-24. — 11 Matth., xur, 1-11. — 12 Luc., x1x, 12-27. — 18 Matth., nr, 105; xv, 183; xx, 416; Luc., x, 52; 11, 9, 17; xU, 45-48; x1v, 34, 35; xvr, 19-31; xvinr, 10-14: Act., 11, 14, — 14 Gal.,°1v, 30 ; I Thess., 11, 14-16. — 15 Hoeb., x, 7-15; xrr, 23-29; x, 13, 1%. — 16 Lactant., Inslitut., 1v, 21. Cf. Joseph., B., IV, vi, 3.
sions et écarté les difficultés. Un faussaire qui eût vécu au second siècle n'aurait jamais écrit ce verset : Statim post tribulationem dierum illorum, sol obscurabitur. Il aurait bien plutôt constaté l’accomplissement de la prophétie, comme $. Jean pour celle qui regarde S. Pierre?, et S. Luc pour celle d’Agabus ?. :
2° S. Jean qui a écrit après tous les autres, de vingt à trente ans après l'événement, est le seul qui ne parle pas de cette prophétie : il la passe sous silence comme plusieurs autres prédictions *. À peine a-t-il un mot ou deux qui font allusion à cet événement.
EIL. On sait qu’à l'approche du siège, en l’an 67, les fidèles de Jérusalem, avertis de ce qui devait arriver, se hâtèrent de fuir au-delà du Jourdain; et leur évêque avec son troupeau trouva son salut dans la ville de Pella, ad montesS. Cest ce qu’attestent Eusèbe et S. Epiphane’. « Alors se fit, dit Bossuet, une séparation des bons et des mauvais, image de celle qui doit avoir lieu à la fin des temps*. »
232. — Est-il possible de nier la conformité des faits avec la prédiction ?
Pour ce qui est du siège de Jérusalem, de sa destruction et de l’époque à laquelle elle devait arriver, la conformité des faits avec la prédiction du Sauveur est si frappante que les rationalistes n’ont qu'une ressource : celle de dire que cette prophétie a été imaginée après l’événement. Dieu a pris soin que ces faits nous fussent attestés d’une manière absolument sûre. Un monument triomphal, érigé à Rome en l’honneur du vainqueur, est encore aujourd’hui sous nos yeux; et un écrivain juif, un pharisien, né quelques années après la mort de Jésus-Christ (37-95), de la famille sacer-
1 Matth., xx1v, 29. — 2? Joan., xxt, 49. — 3 Act., x1, 28. — # Nihil horum scripsit Joannes, ne videretur ex eventu ipso hæc scripsisse; sed ii qui ante Jerusalem excidium mortui nihil horum viderunt, hæc describunt, ut prædictionis vis undique fulgeat. S. Chrys., /n Matlh., Hom. Lxxvi, 2. — 5 Joan., 1v, 23 ; xxr, 22. — 6 Cf. Matth., xx1v, 15, 16; Luc., xxt, 18, 20, 24, 22. — 7 Euseb., H., 11, 5; S. Epiph., Hær., xxIx, 1. Cf. Joseph., B., II, 40. — 8 Boss., H. U., n1, 21, 22. Cf. Ps. 1x, 6.
380 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [N° 249 dotale et longtemps souveraine des Asmonéens, Flavius Joséphe, après avoir exercé un commandement considérable dans la guerre contre les Romains, a publié de son vivant! et légué à la postérité l’histoire la plus détaillée et la plus authentique des malheurs de sa patrie. C’est un témoin oculaire, à qui l’on ne peut reprocher aucune animosité contre les vaincus, et qui allègue en faveur de ses récits les plus hautes autorités : Vespasien, Titus, Agrippa. Grâce à lui, nous assistons, pour ainsi dire, à tous les événements, et les personnages de son époque sont pour nous comme des contemporains. Qu'il ait un peu d’emphase dans le style, de l’exagération dans certains récits, le désir de se faire valoir et d’être agréable à ses maîtres, cela est possible?, mais de peu d'importance. On n’en a pas moins rendu hommage, dans tous les temps, à ses connaissances et à sa véracité *. Les auteurs ecclésiastiques font remarquer qu’il est Juif et qu’on ne peut le soupçonner de falsifier les faits dans l’intérêt du christianisme*. « Il peut avoir tous les torts possibles comme historien, dit un auteur de notre temps” : il n’a pas celui d’avoir embrassé l'Evangile et de chercher à montrer l’accomplissement des prophéties. IL peut avoir toutes les passions et tous les préjugés : il n’a pas le préjugé chrétien. »
Dans ce qu’il a d’essentiel, le récit de Josèphe ne souffre aucune contestation. On peut le mettre en regard du monument de Titus et° des médailles frappées en mémoire de son triomphe. On peut le confronter avec les témoignages de Tacite’, de Suétone* et des Pères d'Orient °. Un empereur
1 Joseph., B. Proæm., 4 (Ann. 11.); Vita, 65; Cont. App., 1, 9. — 2 C£. Joseph., 4., XVI, vi. — 3 S. Hieron., de Vir. ill., 13; Euseb., H., 11, 9. Cf. Jos., Vila, 65; Cont. App., 1, 9, 10. — #* Lege historiam Josephi, et stupebis audiens quanta propter Christi mortem passi sint Judæi. S. Chrys., In Epis!, ad Rom., Hom. xxv, 5; In Act. Apost.,
Hom. v, 3. Cf. Euscb., Æ., 11, 5-10; Bossuet, H. U., xx1-xxur. — 8 De Champagny, Rome el la Judée, T, 1v. — 6 Infra, n. 251, 181. — 7 Tacit., Hisl., v, 1-13. — 8 Sueton., Vespas., 4. Tilus., 4. — 9 Quodsi quidquam
nostrum testimonium valet, illam antiquam celebratam Sion junctis bobus à romanis viris arari nostris oculis inspeximus, et ipsam Jeru-
N°22] SA VIE PUBLIQUE. — SES PROPHÉTIES. 381 apostat, sans contester l’oracle du Sauveur, essaya bien, après trois siècles", de lui donner le démenti, en relevant le temple et la ville?. Mais c’est en vain, dit un auteur païen de l’époque”, qu’il mit au service des Juifs la puissance et les richesses de l'empire. Après avoir découvert les fondations du temple et enlevé les dernières pierres de l’édifice, comme pour vérifier plus littéralement la prédiction de l'Evangile, on fut forcé de s'arrêter et d’abandonner l'entreprise‘. Aujourd’hui il est impossible de déterminer d’une manière précise emplacement qu’il occupait.
Pour ce qui est des temps présents et des dix-sept siècles écoulés, il suffit d'ouvrir les yeux et de relire les textes prophétiques, car l’accomplissement des prédictions continue et est toujours également frappant.
salem, instar pomorum custodiæ desertæ, ad extremam redactam solitudinem. Euseb., Demonst., vis, 3. Ego hisce oculis quam auditu acceperam, intuitus sum ; veritatemque laudavi et adorayi. Theod., Serm. xt, De fine et judic.; S. Chrys., Quod Chrislus sil Deus; S. Amb., Epist,
XI, etc.
1 En 363. — 2 Julian., Epist. xxV, xxIx, xxx. — 3 Amm. Marcellin, xxur, À. — # S. Cyrill. Hier., Catec., xv; Rufin., H. E., xxxvu.*—
5 Videsne quomodo quæ Ghristus ædificavit nemo destruxit, et quæ ille destruxit, nemo ædificavit? Ædificavit Ecclesiam, et nemo illam destruere potuit; destruxit templum, et nemo ipsum restaurare valet. S. Chrys., Quod Christus sit Deus, 15 et 17; Idem In Malth., Hom. 1v, 1; In Judzæos, v, 1, 11; vi, 2; S. Greg. Naz., Oral., 1v, Adv. Julian.; S. Amb., Epist. x1, 12; Rufin, H. E., x, 31-39; Theodoret, H., ut, 20. Infra, n. 884. — 6 Tête laurée de Titus (79-81). Inscription : Titus, Caæsar, imperalor, Augusti filius, Ponlifex, lribunilia poteslatle, consul seælum, censor. Sur le revers, à droite, la Judée assise sur un faisceau d'armes ; à gauche, un captif qui la regarde, les mains liées derrière le dos. Cf, Akermann, Madden, Supra, n. 239.
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943. — Que faut-il entendre par l’ubomination de la désolution dans le lieu saint, Matth., xxiv, 15?
Le lieu saint, dans le langage de la Bible, c’est proprement le temple‘. Ce pourrait être aussi Jérusalem?, et même par extension toute la Judée. L’abomination de la désolation, Édehvyux Tns ecnpwsews*, c'est d’abord la profanation de la cité sainte par les Romains, lorsqu'ils y pénéirèrent avec leurs idoles, c’est-à-dire avec leurs aigles et leurs étendards qui étaient les dieux des légions‘; puis et surtout la profanation du temple, soit par les zélateurs, qui, ayant mis fin aux sacrifices, s’y retranchèrent comme dans une citadelle et en firent une caverne de brigands’, soit par les infidèles qui finirent par y pénétrer, le fer et Le feu à la main. On lit dans Daniel : Post hebdomadas sexaginta duas, occidetur Christus, et non erit ejus populus qui eum negatarus esi. Et civitatem et sanctuarium dissipabit populus cum duce venturo, et erit in templo abominatio desolationis, et usque ad consummationem perseverabit desolatio. Pour se convaincre que tel est le sens du prophète cité par $S. Matthieu, il suffit de le rapprocher du passage correspondant de $. Luc : Cum viderutis circumdari ab exercitu Jerusalem, tunc scitote quia appropinquabit desolatio ejus *.
1 Cf, Act., xxr, 28; Heb., 1x, 2. — ? Matth., iv, 5; v, 35: xx Vi, 53. si Dan. 1x, 265 1x, 215 2, 61 x MA Matth XIVe A5" AMarC IT A 4 Tacit., Ann...1, MA0LLEcc. xx, 3:PDanr, RL le UE I Mac., 1, 51; vi, 1, Apoc., xvur, 4, 5. —.5 Joseph., B. J., ur, 6-8; vw, 2; Vi, 3. Sur l’accomplissement de la prophétie, voir Bossuet, H. U., part. 1, Epoq. x; et Josèphe, 4. J., x, x1, 1; Basile de Séleucie, Orat. xxxvinr, initio. Infra, n. 436. — 6 À. T., 1061. — 7 Luc., xxr, 20. S. Aug., Epist. xevu, 5; xaviur, 1. « Les Zélotes, dit Josèphe, mirent la dernière main à la ruine de leur patrie. Car il était prédit que la ville serait détruite et le temple abattu, si le sanctuaire était violé par la sédition et livré à la profanation. » J., IV, vi, 3. Titus commença le siège aux premiers jours d'avril 10 ; le 11 juillet le sacrifice perpétuel cessa, faute de victimes ; le vendredi 40 août, le temple était réduit en cendres, au grand regret de Titus, dit Josèphe ; suivant ses instructions, dit Sulpice Sévère, Chron., 11, 30; et le 8 septembre, toute la ville était envahie par les Romains. Cf. Dan., vu, 7.
244. — Voit-on qu'avant la ruine de Jérusalem il y ait eu des faux prophètes et des persécutions, des famines et des pestes, comme notre Sauveur l'annonce, Matth., xx1v, 17-12?
I. Les Livres saints suffisent pour montrer qu’il y a eu de faux prophètes et des persécuteurs. — 4° Pour les séducteurs, les faux Christs et les prophètes, il y en eut avant la ruine de Jérusalem. On peut lire ce qu'ont écrit S. Luc sur Simon !, Théodas ?, Elymas #, et S. Paul sur les Juifs *, les judaïsants et les gnostiques. Il y en eut encore après Ÿ. — 2 Quant aux persécuteurs, nous verrons bientôt S. Pierre, $. Jean et tout le collège apostolique traînés en prison ‘, ou cités devant le sanhédrin * ; tous les chrétiens poursuivis et dispersés #; S. Etienne et S. Jacques mis à mort *; S. Paul arrêté ‘°, lapidé ‘!, fouetté ‘?, retenu en prison ‘, obligé de comparaître devant Gallion ‘*, Félix ‘*, Festus ‘, Agcrippa 7, Né- ON.
IL. À la même époque, des famines et des pestes étendaient leurs ravages, non seulement en Judée, mais encore au dehors et dans tout l'empire ‘”.
245. — Peut-on dire que l'Evangile était alors prèché dans le monde entier, ey on tn otxouevn, Matth., xx1v, 14?
Un grand nombre de Pères, entre autres $. Chrysostome *?, affirment que l'Evangile avait déjà pénétré dans toutes les contrées du monde connu, et ce que nous savons des travaux des Apôtres suffirait pour justifier la parole du Sauveur à cet égard. Prædicaverunt ubique, dit S. Marc ?!.5. Paul
PACE vint, 9,10 2N ACT, 0V,.,86. — 5 Act xx, (GALACE xxT,128; Ttins 00, Ai Jud, 17: —"INThess:, 1,15. 00 Joseph.;"B:;"Il; UNS VIEN, 20 VAL EST, EAN MO EX ET MS ATV MIS MD NPA CtMv, 10,20, 26h Acte Vin, M, fix, 1,22; 21%
xXxvI, 4105 xxvur, 22 Rom., xv, 30,131. —19 Act; mir, 58; x, 2. — 10 Act, xvi, 23, 24. — 11 Act. x1v, 18. — 12 Act., xvi, 22. — 13 Act., XXI. 335 X XVI, 26. —MPACLE XVIII, 14. =MSFACLE xx, 25. — 16 Act, XxV, 0. — 10Act, xx VI. 018 IL Pim., 1v, 17, 19:1— 19 Act., x1, 18,28;
Sueton., Claud., 18 ; Nero, 39 ; Tacit., Ann., xvi, 13; Senec., Epist., xüiv; Joseph. AUX VIIL tix, 85 XX, 01,5; B.: V, xu, 3, VI, 1, 1, etc 20 Cf. S. Chrys., In Malth., Hom., zxxv, 2; de Laud. B. Pauli, Hom. 1, S, Thom., 12-2%e, q. 106, a. 4, ad 4. Infra, n. 453, — 21 Marc., xvi, 20.