ARCS DE TRIOMPHE: DE CONSTANTIN ET DE TITE
squ'iei par la Providence.
l'Évangile, ont èté conservés ju
Ces deux monuments, élevés par des mains paiennes à la gloire de
L'are de Tite {81) rappelle la ruive du judaï
\ atieste la défaite du paganisme et la fin de l'empire idolâtre.
ar ses dimensions comme par son objet. La gravure est du xvu° siècle. .
sme, Celui de Constantiu (315
Le second l'emporte de beaucoup sur le premier p
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premiers siècles. Les Pères n’avaient pas moins de motifs que les auteurs sacrés d’être fort circonspects dans leurs interprétations.
3° Le langage du Sauveur en cet endroit? ne peut sembler extraordinaire qu’à ceux qui sont peu accoutumés au style de la Bible. Son ton est celui de tous les prophètes dans des circonstances analogues®. C’est celui qu’il emploiera lui-même dans sa Passion en parlant au Grand-Prêtre* et aux saintes femmes”. C’est celui que l'Esprit saint a inspiré à S. Jean dans son Apocalypse, où il ne fait, suivant le sentiment commun, que développer la prédiction de la ruine de Rome païenne. Il semble même, en certains endroits, répéter à dessein les paroles du Sauveur ‘.
Tout considéré, l'interprétation que nous proposons est celle qui offre le moins de difficulté ; et il nous semble établi que le passage en question ne peut s’entendre ni de la fin du monde seulement, ni de la ruine de Jérusalem, ni d’aucun autre évènement que de celui que nous indiquons.
252. — D'après cela, que faut-il voir dans ce verset : Non præleribil generatio hæc, donec omnia hæc fiant 9?
Ces paroles sont une formule énergique et solennelle ayant pour but de confirmer la vérité de la prophétie précédente. Toutes ces prédictions se réaliseront, et ceux qui les entendent en verront par eux-mêmes l’accomplissement. Par omnia hæc, Notre Seigneur entend deux choses : la ruine de Jérusalem, principal objet de la prophétie du Sauveur, et le commencement de la ruine de Rome païenne ‘?. On peut
1 Cf. Bossuct, Préf. de l'Apoc., 22. — ? Matth., xxiv, 29-31; Marc.,
XIII, 24-25: Luc., xx1, 25-21. — 8 Cf. Act, x, 19, 20; Isaï., x, 9-14; xxIV, 4-20, 23; xxx1v, 4; xLIV, A1; Jer., v, 23; Ezec., xxir, 1; Agg,, 11, 6, 1. — # Matth., xxvi, 64. — 5 Luc., xxin, 28-31. — 6 Apoc., 1, 1;
v1, 42-17; vit, 12; 1x, 2. — 7 Cf. Matth., xx1v, 30 et Apoc., 1, 1; — Matth., xx1v, 31 et Joan., x1, 52; — Matth., xxx, 36; xx1v, 32; Luc., xxr, 28, 31; Joan., 1v, 35 et Apoc., 1, 3; xxu1, 10; — Matth., xx1v, 31; x1, 10 et Apoc., 11, 1, 8.12; x1, 15; x1v, 6. — 8 Cf. D. Calmet, Comm. sur S. Matth. XXI ; P. Lallemand, Réflez. sur le Nouv. Test., S. Matth., xx1v, notes ; Bergier, Traité de la réligion, p. I, ch. 11, a. 1; La Luzerne, Diss. sur les prophélies. — 9 Matth., xx1v, 34. — 10 Matth., xx1v, 29, 30. Cf. xvi, 27, 28.
394 “JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [No 253
dire, en effet, qu’un bon nombre de ses contemporains et de ses disciples, $. Jean entre autres, ont vu de leurs yeux une partie de la seconde prophétie s’accomplir, fier, à la suite de la première. Dès le temps de Domitien, Pastre de Rome commença à pâlir. Cet empereur, qui se faisait donner le nom de Dieu ‘, acheta la paix des barbares, au lieu de la leur imposer. L'empire perdit peu à peu sa force et son prestige: et malgré le mérite de quelques grands princes, sa durée ne fut plus qu'une triste décadence. Dès la même époque. lEglise commençait à s’affermir et les chrétiens se multipliaient, en dépit des persécutions : Ligabantur, includebantur, cædebantur, torquebantur, urebantur, laniabantur, trucidabantur ; et multiplicabantur ?. Hesterni sumus, écrivait Tertullien quatre-vingts ans plus tard, ef vestra omnia implevimus*. Enfin les victimes finirent par triompher des bourreaux : Cessit victoria victis.
III. Paroles du Sauveur relatives à la fin du monde et à son retour plus ou moins prochain.
253. Quel est le jour dont Notre Seigneur dit que personne ne le connaît : Neque angeli, neque Filius, Marc., xin, 32?
Ce jour, que personne ne connaît, mais que Notre Seigneur distingue d’un autre jour dont il a fait connaître lépoque, n ezetvn usa, C'est celui du jugement ou de la fin du monde, dont l’idée est suggérée par le verset précédent : Cœlum et terra transibunt, 31. Les mots, neque Filius, sont rejetés par plusieurs critiques, comme une glose introduite dans le texte pour expliquer ceux qui suivent : Nisi Pater*. Ils ont pu, en effet, être ajoutés ainsi dans certains manuscrits de S. Matthieu *, mais pour l’évangile de $. Marc, ils en font bien partie. On les trouve admis et cités par un grand nombre de saints Docteurs.
1 Sueton., Domilian., 13; Stat., Sylo., 1v, 58; v, 1, 137. Infra, n.598. —?$. Aug., de Civ. Dei, xxn, 6. Cf. Exod., 1, 42; S. Justin., Dialog., 110. — 3 Tert., 4pol., 31. — + Cf. S. Amb., de Fide, v, 193, et in Luc., vi, 34. — 5 S. Hieron., In Matlh., xx1v, 36.
Quant à la manière dont il faut entendre le verset, les commentateurs sont assez partagés : — 1° Quelques anciens ont cru que le Sauveur ignorait, en effet, ce jour en tant qu'homme. Ce sentiment est réprouvé par S. Grégoire le Grand !. — 2° D’autres, comme Origène, ont pensé que l’âme du Sauveur n'avait reçu cette connaissance qu'après la résurrection; mais ce sentiment ne s’est jamais répandu et n’a pour lui aucune probabilité. — 3° Quelques autres ont dit que le mot grec s'èsty , noscere, est pris dans un sens actif, pour notum facere, comme Ograpéevetv, triumphare? ; mais cette allégation n’a pas de fondement solide ?. — 4° Suivant un certain nombre, Notre Seigneur voudrait dire, non que cette connaissance manque à son humanité, mais qu'elle ne la possède pas par elle-même, naturellement, ou qu’elle a eu besoin, pour l’acquérir, d’une communication spéciale de la divinité : Novit diem et horam, sed non ex natura humanilatis novit *. — 5° Enfin, suivant l’explication commune, ces mots font entendre que cette connaissance est un secret que son Père lui a confié, qu'il ne le possède que pour lui seul5, et que ses Apôtres eux-mêmes ne la doivent pas désirer, parce qu’elle ne leur est ni nécessaire ni utile. C’est ce qu’il leur insinue surtout au jour de son Ascension. lorsqu'il dit qu’il ne leur appartient pas de connaitre le temps et le moment déterminé par son Père°. Et c’est ce qu'ils devaient d'eux-mêmes penser, puisqu'ils étaient persuadés, dit S. Jean, que la science du divin Maitre s’étendait à tout ?, et qu'il ne voulait leur rien cacher de ce qu’il pouvait leur dire *.
1 S. Greg., Epist. x, 39. Sicut noverat horam qua judicari debuit, sic novit et horam qua debeat judicare. S. Aug., Serm. xLvir, 8. — ? Selon la forme hiphil qui exprime en hébreu une double action, — 3 S. Aug, In Ps. xxx vi, 4. — # S. Greg. Magn., Epist. x, 39. Cf. x, 35. — 5 Joan., v, 19, 30; xu, 49, 50. — 6 Quando dicit : Non est vestrum nosse lempora vel momenta, ostendit quod ipse sciat, sed non expediat nosse apostolis. S. Hieron., In Matth., xx1V, 36. — T Joan., xvi, 10 ; xxr, 11. Gf, Matth,, xx, 23; Joan., v, 22; xur, 49, 50 ; I Cor., 11, 2; S. Thom., p. 3, q. 10, a. 2, ad 1. — 8 Joan , xv, 15. Cf. Non est meum dare vobis, Matth., xx, 23.
On doit expliquer par le même principe cette parole du discours de la dernière cène : « Je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père“. » ;
234. — Les paroles de Notre Seigneur n'étaient-elles pas de nature à persuader aux Apôtres que le jugement dernier suivrait de près la ruine de Jérusalem ?
On n’avait pas le droit de conclure des paroles de Notre Seigneur que le jugement dernier était proche. En effet : — 4° Loin de dire que la ruine de Jérusalem entrainerait celle de l’univers, il distingue avec soin ces deux événements, et il place entre l’un et l’autre une longue période, tempora nalionum, <0vwv?, et des faits très importants *. D'ailleurs, si le monde avait fini si tôt, comment se seraient accomplies ses autres prophéties, sur la conversion des Gentils, sur l'établissement de son Eglise, sur ses luttes et sa durée ? — 2° Il avertit expressément ses Apôtres que nul homme sur la terre et nul ange dans le ciel ne sait quand la fin des temps doit venir, et qu’on ne peut fixer une date aux événements futurs*. Il le leur dit ici; il Le leur répète après sa résurrection; et c’est presque la dernière parole qu’il profère en les quittant ÿ.
Il est vrai qu'au jugement d’un grand nombre d’Israélites, persuadés que leur ville et leur temple dureraient jusqu’à la fin des temps, prédire la ruine du temple était annoncer la fin du monde; mais s'était un préjugé sans fondement et Notre Seigneur n’était pas tenu de le redresser’. On peut dire si l'on veut qu’il a laissé à dessein à ses disciples une certaine appréhension à cet égard. Il leur a souvent recommandé de veiller et de se tenir prèts®; et
1 Joan., xv, 15. Cf. xvr, 12, — 2 Luc., xx1, 24. — 3 Matth., xxrv, 29-34. S. Aug., Epist., cxaix, 4. — # Matth., xx1v, 36. — 5 Act., 1, 1. Omnium de hac re calculantium digitos resolvit+et quiescerc jubet ille qui dicit: Non est veslrum scire lempora, etc. S. Aug., De Civ. Dei, xvin, 53. Cf. Const. Supernæ majestalis, Conc. Lateran., v. — 6 Aussi longtemps que durera le genre humain, aussi longtemps, dit Philon, on apportera des offrandes au temple de Jérusalem. De Monarch., 1. 3. — 1 Cf. Joan., xx1, 23. — 8 Matth., xx1v, 42; xxv, 13; xxv1, 41; Marc., xur, 33: Luc., xu, 36, 40; xx1, 34. Cf. IL Cor., 1v, 11; Heb., 1x, 31; Apoc., xx, 20,
+ 1 e A æ "No 255] SA VIE PUBLIQUE. — SES PROPHÉTIES. 397 :
quoi de plus sage et de mieux motivé que cet avis? Le temps est court, dit S. Paul; et par rapport au salut, dont il était question, le jour de la mort diffère-t-il de celui du dernier jugement ? Qualis quisque moritur, talis judicabitur ‘.
255. — Qu’'entendent les interprètes actuels, quand ils parlent de la parousie du Seigneur?
[apousta, de rapsivat, adesse, a la même signification que præsentia où adventus, apparition. On entend donc par parousies les divers avènements du Sauveur, les principales manifestations de sa puissance, de sa justice, de sa bonté; les actes principaux qui ont pour but l'établissement ou l’exercice de son règne ici-bas, actes qui sont mentionnnés sous ce terme dans la Sainte Ecriture : — 4° Son Incarnation et sa Nativité*. — 2° Sa prédication, ou plutôt son entrée dans la carrière évangélique. — 3° La manifestation qu’il a faite de sa charité, de ses grâces et de ses richesses par les dons de son Esprit *. — 4° Celle de sa souveraineté et de sa justice, soit par la destruction du judaïsme et du paganisme comme puissance extérieure, soit par quelque autre châtiment exemplaire. — 5° Surtout son apparition suprême à la fin du monde et au jugement univerself.
Ainsi le mot parousie n’a par lui-même qu’un sens assez vague. Il doit être rendu tantôt par avènement, tantôt par retour, tantôt par présence. Pour en préciser la signification, il faut tenir compte du sujet, des circonstances, du but. C’est à tort qu’on voudrait entendre du jugement dernier ou d’un retour visible en ce monde tous les passages où il est dit
1 S. Aug., Epist., axix, 2. Quid diu est, ubi finis est? Quid profuisset Adamo, si hodie mortuus esset ? Agamus Des gratias, quia hujus vitæ ultimum diem et brevem esse voluit ct incertum. Serm. cxx1v, 4; Bossuet, Médit., dern. serm., 16-19. — 2? Matth., xvur, 11 ; xx, 28 ; Eph,, 1,47; 1 Tim., 1, 15; IL Pet, 1, 16; Joan., 1v, 2,3; II Joan., 1. — 5 Matth.
x1, 19; Marc., 1, 1; Luc., 11, 16; Joan., 1, 30; v, 43; 1x, 39. — # Matth, ut, Ad; Joan., xiv, 3,18, 28; xvi, 22. —* Matth., x, 23 ; xvr, 28 ; xxXIV; 4; xxvi, 64; Marc., x, 26, 30 ; Luc., xx1, 21. — 6 Matth., xvi, 21; xx1V,
DV, 215 Marc. vi, 38; Luc., 1x, 26%ixvir, 24 ; xx1, 21,1 Cor., xv, 23; 11 Thess., u, 8; II Pet., x, 4; I Joan., 11, 28.