‹ Manuel BibliqueChapitre 81 sur 126 · Que nous apprend la parabole de l'enfant prodigue · texte numérisé non relu

Que nous apprend la parabole de l'enfant prodigue

La parabole de l'enfant prodigue est le tableau le plus touchant de la miséricorde de Dieu à l'égard des hommes. Dans l’ainé des deux fils, les anciens ont vu surtout les Juifs et les pharisiens, et dans le prodigue, les Gentils et les publicains. C’est l’idée qui s’offrait d'abord. Cependant, la pensée du divin Maître est moins restreinte. Sa parabole parait plus juste et plus belle encore, si l’on considère dans le prodigue le pécheur en général, et dans le fils aîné les âmes justes qui n’ont pas rompu avec Dieu. Il n’est pas d'exemple plus propre à faire sentir ce qu’ignoraient les païens et ce que le chrétien seul comprend : la malice du péché envers Dieu et le malheur de l’âme coupable. Le prodigue n’a commis aucun crime contre la société : il n’a pas outragé son père ; il n’a pas ravi ses biens par la force : il a voulu seulement se satisfaire, jouir de sa liberté et de sa position, vivre à son gré, contenter ses penchants, 13, 14. Que sa conduite pourtant est coupable et son état malheureux ! Son égarement etses malheurs offrent le tableau le plus touchant des désordres produits par les passions et des peines qu’elles trainent après elles, 15, 16. Qui peut voir sans pitié la misère et le dénûment auxquels il est réduit ! Dans son retour, on peut discerner les divers progrès de la conversion, le désir de changer de vie, 17, 18, la confession, le repentir, le bon propos, 21. Après le pardon reçu, vient l’infusion de la grâce sanctifiante, 22, la communion, 23, enfin des témoignages de tendresse et d’amour, à exciter l’envie des justes mêmes, 24-32. [Impossible de rendre par une image plus sensible et plus vraie la fragilité de la nature humaine et l'étendue de la divine miséricorde. Il n’est pas un endroit dans l’Ecriture où le cœur de Notre Seigneur nous découvre mieux sa tendresse et dont la lecture soit plus propre à toucher et à convertir.

Av JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [N° 268

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