‹ Manuel BibliqueChapitre 82 sur 126 · HIT. — PARABOLES PUREMENT MORALES · texte numérisé non relu

HIT. — PARABOLES PUREMENT MORALES

Le bon Samaritain. Luc., x, 30-37.

268. — Pourquoi Notre Seigneur demande-t-il qui a été le prochain du Samaritain 1? Tous ne l'étaient-ils pas également?

I. Le sens de la question du Sauveur : Quis videtur tibi proximus fuisse illi, est celui-ci : Qui est-ce qui s’est conduit envers ce malheureux comme devait faire son prochain, ou qui s’est regardé comme étant son prochain? Voulant amener les Juifs à considérer comme leur prochain tout homme quel qu’il soit, fût-il Samaritain ?, quel plus bel exemple leur peut-il citer que celui de cet étranger qui commence par traiter l’un des leurs comme il eût traité l’un de ses proches? Après avoir admiré la conduite de cet homme envers eux, pouvaient-ils s'empêcher de reconnaitre ce que demandait l’équité, à savoir qu’ils agissent eux-mêmes avec une charité semblable ?

On peut remarquer, à cette occasion, combien cette notion du prochain s'est modifiée dans le christianisme. Autrefois proximus ne donnait d'autre idée que celle de parent ou de proche; un étranger, un inconnu était presque un ennemi *. Mais la religion ayant fait des chrétiens une même famille, tousse sont rapprochés et sont devenus réellement des frères, des parents, des proches, dans leur esprit et dans leur cœur *.

IL. Les saints Pères ont vu dans ce blessé le type de l’humanité déchue *. Elle descendait de la cité sainte ; car le péché Pavait bannie de la sociêté des enfants de Dieu ; et le démon, en la dépouillant de la grâce, l'avait blessée dans ses facultés les plus intimesf. Les prêtres et les Lévites de la race

1 Luc., x, 35. — ? Alienigena. Luc., xvu, 18. Supra, n. 111, 179. — 3 Avpwrot avnuepot, [I Tim., 111, 3; avehenwovec, Rom., 1, 31, Homo homini lupus. Plaut., Asin., IT, 1v, 88; Senec., Epist. our. Lucien se moque des chrétiens comme s’étant laissés persuader par leur légisiateur que tous les hommes sont des frères. Philopatris. — * Matth., xxx, 8; Act., xxu, 26; I Cor., von, 4-6; Gal., 11, 27-29. — 5 Homo quidam. Luc., x, 30. Cf. Orig., In Luc., Hom. xxxiv; S. Aug., In Ps. cxxv, 6. — 6 Spoliatus gratuitis, vulneratus in naturalibus. Ven. Beda.

d’Aaron, la Loi et les Prophètes sont passés sans remédier à son état ; mais celui qu'on a nommé un Samaritain, et qu’elle était habituée à regarder comme un ennemi, est venu. Il s’est approché d'elle ; il a pansé ses blessures ; il y a appliqué le vin et l'huile de ses sacrements ‘, il l’a remise aux mains de son Eglise, en recommandant à ses ministres d’en avoir soin et en s’engageant à leur donner un salaire proportionné à leur peine ?. C’est cet exemple surtout qui doit porter les chrétiens à voir dans tous les hommes des proches et des amis.

Le Maître miséricordieux et le serviteur impitoyable. Matth., xvirr, 23-35.

* 269. — Que signifie cette parabole ?

La parabole de ce maître miséricordieux et dé ce serviteur impitoyable est de nature à nous faire sentir toute la profondeur de notre misère devant Dieu. Une dette de dix mille talents surpasse infiniment tout ce qu’un homme peut gagner par son travail et amasser par ses épargnes *. Mais nous apprenons en même temps quelle ressource nous est offerte pour suppléer à notre impuissance. C’est comme la mise en scène de la cinquième béatitude : Beati misericordes *, et de la cinquième demande de l’Oraison dominicale : Dimitte nobis debita nostra, sicut el nos dimittimus. En faisant ressortir la bonté compatissante du maître, la parabole rend hideuse par le contraste la dureté du serviteur envers son compagnon.

On a besoin, pour comprendre ce trait, de se rappeler jusqu’où allait, presque partout, la rigueur des lois civiles envers les débiteurs. À Rome, d’après la loi des douze tables, il était au pouvoir du créancier de mettre aux fers son débiteur insolvable, de le mutiler,dele vendre comme esclave. Un voyageur du siècle dernier atteste qu’il a encore vu appliquer cette loi dans la Géorgie, et même vendre avec le débiteur sa femme et ses enfants au profit du créancier *.

1 Quia lex per Moysen data est, gratia et veritas per Jesum Christum facta est. Joan., 1, 17. — ? Stabulum est Ecclesia, ubi reficiuntur pecca-

tores redeuntes in æternam patriam. S. Aug., Serm. cLxxt, 12. — 3 A. T., n, 185. — # Matth., v, 7. — 5 Chez le peuple de Dieu ces mesures cruelles

Le pharisien et je publicain. Lue., xvinr, 9-14. * 270, — En quoi paraît l'orgueil du pharisien ?

L’orgueil du pharisien paraît dans la complaisance qu’il prend en lui-même et dans le mépris qu’il témoigne de ses frères. [l est convaincu que rien ne manque à sa perfection, bien qu’elle consiste uniquement dans l’absence des vices extérieurs et dans quelques pratiques peu pénibles à la nature ‘. Rien de plus piquant que le petit drame où cet orgueilleux étale aux yeux de Dieu sa vanité et sa sottise. Il est vrai qu’il rend grâces au ciel de ses vertus ; mais c’est du bout des lèvres. Au fond du cœur, il croit que Dieu doit lui en savoir gré ?. S'il avait été pénétré de cette idée qu’il tenait ses mérites de la divine grâce, il n’aurait pas méprisé, comme il fait, le reste des hommes cæteros hominum, et en particulier cet humble publicain, hunc publicanum, 11. Jam non est exultare, remarque S. Augustin, sed insultare *. On peut voir combien cette prière contraste avec celle que le divin Maître nous à apprise.

Les sentiments du pharisien à l'égard du publicain étaient ceux de la plupart des Juifs à l'égard des Gentils, c’est-à-dire du reste des hommes *.

L'’'économe infidéle. Luc., xvr, 1-12,

2711. — Quel est le but de cette parabole, et quelle édification peut offrir un pareil exemple, Luc., xvi, 9?

[. Cette parabole à pour but de nous recommander la générosité envers les pauvres, el de nous apprendre à faire de nos biens temporels un usage qui profite à nos intérêts éternels. IT en est de même de celle du mauvais riche qui la suit. Aussi S. Luc remarque-t-il que les pharisiens, qui voulaient

n'étaint pourtant pas autorisées. Cf. Ex., xx1r1, 3, Lev., xxv, 39, 41; Deutxv; 12; IVeRes.,1v, Ait, Liv, Il 11, 23 NTacit., An 11 60! Pothier, Pandect., t. 1, 94; S. Thom., p. 3, q. 88, a. 1, ad 1 et a. 3, ad 3.

4 CF. Matth, vi, 3, 5; Luc., x1, 19. — 2 Justitias suas tanquam nescienti Domino prædicat, non orans, sed exigens. S. Aug., Serm. cxv, 2. —% 5. Aug., In Ps. Lxx, 4 — 4 $, Aug, In Ps, LxxIv, 12.

n° 272] SA VIE PUBLIQUE. — PARABOLES. A17

servir Dieu et Mammon ‘ à la fois, se moquaient du divin Maitre, tandis qu’il tenait ce langage au peuple: Pharisæi, qui erant avart, ghapyvpet, deridebant eum ?.

IL. On trouve des qualités dans les hommes les plus pervers, comme il reste des défauts dans les plus parfaits; et les leçons qui nous touchent le plus sont souvent celles qui nous sont données par ceux que nous estimons le moins *. Du reste, ce que Notre Seigneur propose à notre imitation, ce n'est pas l’injustice de cet homme d’iniquité : c’est sa prévoyance, son habileté, son industrie, in generatione sua, 8. I] a ses vues et il marche à son but par la voie la plus directe. Scio quid faciam, dit-il. Son défaut et son malheur, c’est de n'être pas enfant de lumière, d'ignorer sa véritable fin. Ce qui était injustice en lui serait vertu en nous, si nous agissions à l’égard des pauvres comme il agissait à l’égard des serviteurs de son maître, Dieu consentant à ce que nous employions ainsi à notre profit les biens qui lui appartiennent, mais dont il nous a laissé la dispensation *.

Le riche insensé. Luc., x1r, 16-21.

* 272. — À qui s'adresse la parabole du riche insensé?

C’est à la foule que parlait le divin Maître, dit l'Evangéliste, 13, 16. En effet, cette parabole convient à la multitude, à ces hommes des champs surtout, trop enclins à s'identifier avec l’objet de leur travail, qui ne songent qu’à se bien établir ici-bas et à s'assurer les aises de la vie *. On ne saurait mieux rendre leurs soucis, leurs joies, leurs déceptions. Avec quelle complaisance cet homme terrestre parle de ce qui est à lui : fructus meos, horrea mea, bona mea, animam meam °! Mais qu’ils sont faux, ces biens auxquels il attache tant de prix! Loin de lui procurer la paix, son abondance le met à l’étroit et l’engage en de nouvelles entreprises : Quid

1 Mammon; Regina pecunia, dit Horace, Ep. 1, vi, 36. Cf. Eccles., vu, 183. — 2 Cf. Luc., xvi, 13; Isai., xxvur, 20; Jos., 4., XVII, 8. — 3 Prov., vi, 6. — # Matth., xxv, 35-40; S. Thom., 22-2e , q. 32, a. 7, ad 1

et q. 47, a. 13, ad 1. Cf. S. Aug., Cont. Faust., xx, 86. — 5 Cf. Lamennais, Indiffér. vi. — 6 Ps. ex1unr, 13, 14.

facia n? Cependant il éprouve le besoin du repos; ilse promet d’en jouir bientôt : Dicam animæ meæ : requiesce. Mais que donnera-t-il à son âme pour contenter ses désirs? Comede, bibe, epulare; voilà tout. C’est tout le bonheur d’ici-bas, en effet. Encore s’il était durable, si l’on avait devant soi de longues années : annos plurimos. Mais non; c’est au moment de jouir qu’il faut tout quitter.

Il importe de méditer les paroles que Dieu adresse à cet aveugle. Chacune d'elles est un trait dont il le transperce. Stulte : Insensé, qui te crois sage, tu disposes de ton avenir, tu parles d'années et il ne te reste plus un jour! Hac nocte animam tuam repetunt a te *. Cette vie que tu dis à toi, tu vas en rendre compte. Et ces biens dont tu n’as pas joui, que tu n'as fait qu'amasser, à qui profiteront-ils ? Ef quæ parasti, cujus erunt °?

Le mauvais riche. Luc., xvi, 19-31,

273. — Faut-il voir dans ce tableau du mauvais riche une réalité ou une simple parabole?

Le sentiment commun et l’opinion la plus probable, selon Benoît XIV *, est que l’histoire du mauvais riche est vraie, au moins pour le fond. Sa vie et sa mort, son sort éternel et celui du pauvre, sont regardés comme des faits réels. On montre à Jérusalem la maison de ce Lazare; et au moyen-âge un grand nombre de monastères et même un ordre militaire ont été placés sous son patronage.

Il ne suit pas de là qu’on doive prendre à la lettre le dialogue du mauvais riche avec Abraham. Le corps de Lazare n’était pas au ciel ni celui du riche en enfer, et celui-ci ne pouvait parler de doigt et de langue que par figure. C’est donc une prosopopée, destinée à faire connaître les sentiments qu’il éprouve au milieu des flammes, 24; mais il est peu de passages dans l’Ecriture qui donnent une idée plus

1 Jac., 1v, 13-16, — 2 Eccli., xx, 1. O Domine, Deus noster fac nos beatos de te, quia non perdemus te. Beatus populus cujus Dominus Deus

cjus! S. Aug., Serm. xx, 6. — 3 De Canon. Sanct., 1, 3, c. 30, n. 2 et L..4/-p. 20229 mn 12 CtMTentteDeniesvrin canne.

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terrible des châtiments des damnés. Crucior in hac flamma, s’écrie-t-il *. Le sein d'Abraham est aussi une expression figurée pour désigner le lieu du repos où les vrais enfants d'Abraham * entraient au sortir de ce monde et attendaient avec lui que le Messie leur ouvrit la porte du ciel *. Depuis VAscension, le sein d'Abraham n’est plus différent du ciel. Cest là que ses véritables enfants, ses imitateurs se réunissent à lui de toutes les parties du monde pour partager son bonheur : Venient et recumbent cum Abraham in regno cœlorum, disait le Sauveur en annonçant la conversion des Gentils ‘. Le divin Maître représente ici la vie éternelle sous la figure d’un banquet, et les élus comme autant de convives assis au festin auprès du Père des croyants. Etre à table sur le sein d’un autre, c'était être à son côté, dans la place d'honneur, comme son égal ou son intime ami ÿ. Etre reçu dans le sein d'Abraham, c'est se reposer comme un enfant sur ses genoux et entre ses bras.

S. Augustin remercie Dieu d’avoir accordé aux chrétiens la grâce que ce mauvais riche implore en vain pour ses frères °

Les dix vierges. Matth., xxv, 1-13.

27%. — Comment faut-il entendre la parabole des dix vierges?

Le sens général de la parabole des dix vierges est facile à saisir. Quant aux détails, on aurait tort de les torturer pour en tirer un sens spirituel et les faire rentrer dans le plan‘.

1 OGovouar et tn ohoyt ravrn. Luc., xvi, 24. Bourdaloue, Sur l'enfer. — 2Il ne sert de rien d'être enfant d'Abraham selon la chair, si on ne l'est pas selon l'esprit. Paler Abraham, S'écrie le mauvais riche; paler Abraham! Luc., xvi, 24, 21, 30. — 3 Heb., xr, 40. — # Matth., v, 3; var, 44. — 5 Cf. Luc., xvi, 23 et Joan., xin, 23; Brev. rom., Hebd. 2a Quadrag., fer. ba, lect. 123: S. Thom., p. 3, q. 52, a. 2, ad 4. — 6 O Domine, gratias mniserfcordiæ tuæ ? Voluisti mori ut aliquis ab inferis surgeret; et ipse aliquis non quicumque, sed Veritas surrexit ab inferis. In Ps. exzvir, 11. Cf. I Cor., xv, 3-8. — 7 Non omnia aliquid significare putanda sunt, sed propter “illa quæ aliquid significant, etiam illa quæ nihil significant attexuntur. Solo enim vomere terra proscenditur, sed ut hoc fieri possit, etiam cætcra aratri membra sunt necessaria,

5, Aug., De civ. Dei, xvi, 2. Cf. Tert. De pudie., 9.

420 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [N° 275 L’époux, c’est Jésus-Christ; l’épouse, c’est l'Eglise. C’est au ciel que les noces se célèbrent. Les dix vierges, ce sont tous ceux qui sont conviés au banquet céleste, les fidèles surtout. Les vierges sages sont les âmes qui conservent la grâce et qui vivent dans la ferveur; les folles, celles qui se contentent d’avoir la foi, d'éviter les vices grossiers et de tendre au salut par un certain désir. La pénurie où elles se trouvent à l’arrivée de l’époux nous enseigne que si l’on est dépourvu de la grâce au moment de la mort, ni les prières de l'Eglise, ni les mérites des saints n’y pourront suppléer ‘. Au jugement d’un critique rationaliste, cette parabole est un chefd'œuvre de naïveté, d’art, d’esprit, de finesse. On ne pouvait mieux faire sentir la nécessité de vivre dans la grâce, et le péril auquel on s’expose en passant ses jours dans la négligence et l’irréflexion *.

Le bon Pasteur et sa brebis égarée. Luc., xv, 3-7.

215. — Que signifie cette parabole du bon pasteur et de la brebis

égarée ?

Le divin Maitre le dit clairement dans S. Matthieu * et dans $. Luc ‘ aussi bien que dans $S. Jean *. Le bon Pasteur, c’est lui-même dans la mission qu’il exerce sur la térre. La brebis égarée, c’est l'humanité déchue, qu’il est venu relever, remettre dans sa voie et introduire au ciel $. C’est encore le pécheur, l'âme infidèle, éloignée de Dieu et de l'Eglise, qu'il poursuit par sa grâce, qu'il rappelle par sa parole, qu’il presse sur son cœur quand elle répond à sa voix, et qu'il rapporte au bercail, dans la société des croyants et des justes *. Nulle image plus vraie et plus touchante de

4 Hilar., In Matlh., xxv. Un auteur ancien entend par vendentes, 9, les ministres des sacrements auxquels on a recours à l’article de la mort. Opus imperf. — ? Cette parabole est figurée d'une manière très intéressante sur le portail septentrional de la cathédrale de Reims. — 3 Matth., xvinr, 11-13. — # Luc., xv, 4-1. — 5 Joan., x, 11-16. — 6 Ovis illa homo est intelligendus, et sub homine uno universitas sentienda est. S. Hilar., In Matth., xviu. Cf. S. Hicrn., In 1s., x. — 7 Grex carior non est una ovicula; nam illa conqueritur, una pro omnibus desideratur et tandem invenitur, et humeris pastoris refertur. Tert., De pœnit., 8.

. N° 2976] SA VIE PUBLIQUE. — PARABOLES. 421 Ja charité généreuse et du zèle compatissant du Sauveur envers nous. Aucune autre ne parlait plus au cœur des premiers chrétiens, de ceux surtout qu’il avait tirés des ténèébres du paganisme et des égarements des passions. Aussi, la voit-on tracée, dès l’origine, en mille endroits, sur les murs des catacombes, sur les vases sacrés et les divers objets consacrés au culte divin. Le bon Pasteur est représenté en diverses attitudes êt dans des circonstances variées. Ici, il est assis au milieu de ses ouailles et semble se réjouir de leur fidélité. Là, il s’afflige de la perte qu’il a faite et se prépare à courir après la brebis qui lui manque. Ailleurs, il paraît épuisé par la fatigue, désolé de l’inutilité de ses recherches ; ou bien on le voit recouvrer sa brebis égarée, la charger sur ses épaules, la rapporter joyeux au bercail; et ses brebis fidèles, levant vers lui des regards pleins de douceur, semblent comprendre et partager sa joie t.

Ainsi l’on a sous les yeux toutes les phases de la parabole; et chacune offre une instruction et réveille un souvenir. Elle rappelle aux simples fidèles la miséricorde dont ils ont été l’objet ?, et aux ministres de l'Eglise, la charité, le zèle, la douceur de Celui dont ils sont les ministres et dont ils doivent se montrer les imitateurs *.

La Drachme. Luc., xv, 8-10 #,

976. — Pourquoi y a-t-il plus de joie au ciel pour un seul pécheur converti que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui persévèrent?

Il y a plusieurs raisons pour que les élus se réjouissent surtout de la conversion des pécheurs : — 1° C’est par ces conversions que Dieu remporte sur le démon ses triomphes les plus glorieux. — 2° C’est au moment où les pécheurs reviennent à Dieu et rentrent dans le devoir qu’ils sont le plus humbles et le plus fervents. — 3° Plus une joie est récenteet inespérée, plus elle est sensible et douce. Ainsi une mère re-

1 Martigny, Pasteur; Bottari, pl. 55, 68, 16; Supra. n. 264. — ? Joan., x Me tO D EMPet OT, 25 M3 T0an.; xxr, 15-1715 1 Pet. v, 2/47 AA Ten ud86:

422 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [No 277

çoit plus de consolation de la guérison d’un de ses enfants que de la santé du reste de la famille *.

En réalité, la charité est la même à l’égard de tous. On s’est réjoui à l’origine pour tous ceux qui persévèrent ; et dans la conversion des pécheurs repentants, on prévoit déjà les vertus des chrétiens fidèles. Mais que cette parabole suppose de charité, de tendresse et de miséricorde dans le cœur de Notre Seigneur! Comme le divin Maître nous fait bien comprendre ce qu’enseigne $. Jean, que Dieu est tout amour ?|

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