‹ Manuel BibliqueChapitre 86 sur 126 · IL · texte numérisé non relu

IL

134 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [n° 289

avaient recours à des subtilités pour éluder la loi, et peu leur importait d’en violer l'esprit, s’ils en observaient la lettre, 34.

D'un autre côté, la loi chrétienne étant plus parfaite que la loi de Moïse, donnant plus de lumières et conférant plus de grâces, doit imposer plus de devoirs et demande plus de vertus ‘

* 289. — Ces mots : Dico vobis non jurare omnino, v, 34, ne sont-ils pas restreints par les paroles qui suivent : Neque per cœlum, etc.?

La pensée de Notre Seigneur par rapport au serment est celle-ci : Il n’en faut tenir aucun pour indifférent. Qu’on jure par le ciel, ou par la terre, ou par la cité sainte, c’est toujours jurer. Si on le fait sans raison, c’est une irrévérence; et si on le fait contrairement à la vérité, c’est un parjure, aussi bien que si l’on avait juré par le nom de Dieu ?. Pour éviter ce double péril, le meilleur parti à prendre serait de ne pas jurer du tout *. D'ailleurs, si l’homme était resté droit, tel que Dieu la fait, le serment serait superflu et devrait être interdit. Ce qui en fait une nécessité est toujours un défaut, une défiance répréhensible en celui qui la conçoit ou en celui qui la fait concevoir : Quod amplius est, a malo est, 37 *.

Ces avis du Sauveur s'expliquent par la persuasion où étaient les pharisiens que, pour ne pas offenser Dieu en violant son serment, il suffit de n’avoir pas prononcé son nom, 33 *.

1 phare x, 84; Brev., Dom. V post Pent., lect. vu-1x. Supra, n. 185. 2 Ps, x1v, 4; Eccli., xxur, 9; Jac., v, 12. — 8 Dominus qui prohibuit jurare, supra ripam te “noluit ambulare, ne pes tuus in augusto labatur, et cadas. S. Aug., Serm. acavir, 4. —* À malo est ejus cujus infirmitate jurare cogeris. De Serm. Dom. re monte, 1, 51. — 5 Cf. Matth., xxII, 16-22, S. Thom., 22-22 : q. 89, a. 9, ad 4. Martial dit qu’il ne croit pas au serment d'un juif, S l ne jure que par le temple. Epigr., xx, 94. Les Juifs ont encore l'usage de jurer par leur tête,

n° 290] SA VIE PUBLIQUE. — $ES DISCOURS. : 435

20 Supériorité des dispositions avec lesquelles on doit pratiquer la loi évangélique, vi, 1-18.

* 290. — Est-ce à la Trinité ou à la première personne que s'adresse le nom de Père dans l'Oraison dominicale, vr, 9?

C’est de la sainte Trinité, et non de la première personne seulement, que nous sommes les images et les enfants adoptifs. C’est des trois personnes ensemble que nous devons attendre les biens dont nous faisons la demande. C’est donc à la Trinité et non pas au Père seulement que Notre Seigneur veut que nous adressions notre invocation et notre prière!, ce qui ne nous empêche pas de nous unir à lui dans cette invocation, car, en tant qu'Homme-Dieu, il est notre chef et notre médiateur, et nous ne pouvons glorifier la majesté divine qu'avec lui, par lui, et en lui : Cum ipso, per ipsum, in ips0.

Ce que le divin Maître nous apprend ici à demander se réduit à deux choses : la gloire de Dieu et notre commune sanctification, deux choses inséparables et seules importantes aux yeux de la foi, que Jésus-Christ demandera encore dans sa dernière prière?.

Un grand nombre de saints Docteurs ont fait le commentaire de l’Oraison dominicale et montré combien elle est digne de son auteur et du rang qu’elle tient dans les prières chrétiennes*. Tertullien l'appelle un abrégé de tout l’'Evangile. Il importe extrêmement de la faire comprendre, aimer et répéter souvent aux fidèles *. Celui qui aurait bien établi dans son cœur les dispositions qu’elle exprime posséderait l'esprit de Notre Seigneur et serait un chrétien parfait 5.

1 Quod non possunt vere ac pie dicere, nisi se fratres esse cognoscant. S. Aug., De Serm. Dom. in monle, 11, 46; Thomassin, t.1, p. 560, etc. Cf. Rom., vin, 45, 16; Gal., 1v, 5-1; Eph., 11, 3-8; Heb., 11, 10. Infra, n. 587, 30. — ? Joan., xvu. — ? S. Aug,, De Serm. Dom. in monte, 1, S. Cypr., S. Chrys.; Calec. Trid. Cf. Martigny, Orais. Dominic. — # In Ecclesia ad altare Dei quotidie dicitar ista dominica oratio, et audiunt illam fideles. S. Aug., Serm. Lvinr, 12; S. Thom., 28-2&; q. 83, a. 2-9. La Atdaxn twy Axoctolwvy ordonne de la réciter trois fois le jour. — 5 Forma est desidcriorum. $. Aug., Serm. Lvi, 4.

* 291. — Que signifie le mot grec rendu en saint Matthieu par supersubstantialis, vi, 11, et en saint Luc par quoiidianum, x1, 3?

Ce mot emtouotoc, aptoc emtoustos, ne se trouve qu’en ces deux endroits du Nouveau Testament. Il paraît signifier le pain nécessaire à notre subsistance, ext cvcta, ad essentiaimn sustentandam pertinens.

Quand on l’a traduit par quotidianus, on a pris ent dans le sens de ad : « Donnez-nous chaque jour le pain nécessaire pour la subsistance de chaque jour. » Quand on Pa rendu par supersubstantialis, on a pris ert comme signifiant super, le pain qui s'ajoute à notre être. Le second sens diffère peu du premier, au moins si on l'entend du pain matériel, objet direct de la demande.

On a traduit récemment aptos emtouctos par le pain du lendemain, en faisant venir ce mot de ertevat, succéder, suivre, ertwy ovsa. Cette traduction s'accorde assez mal avec la recommandation, qu’on lit bientôt après, de ne pas s'inquiéter du lendemain ?; et l’on ne voit pas de raison pour s’écarter de l'interprétation commune.

3° Obstacles et moyens, vtr, 19-vr, 12.

299, — Quel est le sens de ce verset : Lucerna corporis lui est oculus luus…, w), 22, et comment se lie-t-il à ceux qui précèdent et à ceux qui suivent?

« Cest de la droiture de votre conscience et de l'élévation de vos vues que dépend la rectitude morale et la perfection de votre conduite, comme c’est de votre regard ou du bon état de vos yeux que dépend la bonne direction de tous vos mouvements et l’usage juste et régulier de tous vos membres *. Si votre œil est sans défaut, tous vos membres sont éclairés et parfaitement dirigés. Vous marchez en pleine lumière.

1 Victui necessaria. Prov., xxx, 8. — 2? Matth., vr, 34. Cf, vr, 19-91. — 3 Hunc oculum agnosce intentionem qua facit quisque quod facit. S. Aug., Cont. Julian., 1v, 33. Oculo autem difficile est non subrepere sordes aliquas de his rebus, quæ ipsas bonas nostras actiones comitari solent, veluti est laus humana. De Serm, in monte, nr, 1.

N° 293] SA VIE PUBLIQUE. — SES DISCOURS. 437 Mais s’il est en mauvais état, vous êtes dans les ténèbres, des pieds à la tête : c’est comme si vous marchiez dans la nuit. »

L'homme à trois lumières pour l’éclairer, celle du soleil, celle de la raison et celle de la foi; la première dans l’ordre physique, la seconde dans l’ordre moral, la troisième dans l’ordre surnaturel. Or, dans chacun de ces ordres, c’est de la lumière qu’il recoit, par conséquent de sa vue, de son œil, que dépend la rectitude de sa conduite et le mérite de ses œuvres. Un aveugle est comme mort au monde extérieur : il ne peut agir qu’au hasard; un homme qui est privé de sa raison, ou qui étouffe sa conscience, perd toute sa valeur intellectuelle ou morale; et un chrétien qui perd la foi ou qui n’en fait pas usage, devient nul en fait de christianisme, de vie surnaturelle ; il ne fait rien qui réponde à sa vocation, rien qui soit digne du ciel. Au contraire, celui dont l’œil est pleinement et constamment éclairé du flambeau de la foi est un chrétien parfait : il mène une vie sainte, digne de son baptême et méritoire pour l'éternité.

Cette maxime est ici fort bien placée, après la recommandation de chercher les biens du ciel et non ceux de la terre; elle conduit naturellement à la suivante : qu’il ne faut pas vouloir servir deux maîtres à la fois, ni beaucoup s'inquiéter des nécessités du corps .

* 293. — Que défend Notre Seigneur quand il dit : Nolile judicare ul non judicemini, vu, 1?

Toute maxime vise à la concision et admet des sous-entendus. Pour être bien saisie et bien appliquée, elle demande de la droiture et du discernement. Celle-ci signifie : « Ne vous érigez pas en censeurs de vos frères. Ne vous faites pas une habitude et un plaisir de les juger défavorablement. » Elle n’interdit pas à ceux qui sont juges de condamner les coupables, ni aux supérieurs d'apprécier ceux dont ils ont la conduite ?, ni à qui que ce soit de se rendre compte des

1 Cf, S. Thom., 12-22, q. 12, a. 1. — 2 I Joan., 1v, 1.

438 JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [n° 294

actes qui les concernent, afin de se conduire avec discrétion et avec prudence, 6; mais elle défend de condamner le prochain sur de simples soupçons ou de juger en mauvaise part sans raison suffisante! Ceux qui sont sujets à ce défaut ont à craindre un double inconvénient : celui d’être censurés comme ils censurent le prochain, et celui de se rendre ridicules en montrant moins de zèle et de clairvoyance pour leur perfection que pour celle de leurs frères?. Quand on est injuste, quelle grâce a-t-on à demander justice?

* 29%. — Voyons-nous mieux ce que le prochain doit faire pour nous que ce que nous devons faire pour lui, vir, 12?

Pour ne pas nous tromper sur nos obligations envers le prochain, rien de mieux que de nous mettre en esprit à sa place, et de voir, en le plaçant à la nôtre, à quoi nous croirions avoir droit de sa part : Intellige queæ sunt prorimi tui ex teipso*. Ainsi, pour comprendre que le vol est un mal, il suffit de supposer qu’on est soi-même victime d’une spoliation‘. Avec ce procédé, nous ne sommes guère exposés à méconnaître ou à diminuer nos obligations. Le seul péril à craindre, c’est de prendre un conseil pour un précepte et d'aller au delà du devoir. Au contraire, si l’on procède autrement, si lon considère directement à quoi l’on est tenu envers ses semblables, on sera porté par égoïsme à restreindre la loi. Notre Seigneur indique donc le vrai point de vue où il faut se placer, si l’on veut apprécier justement et respecter comme il convient les droits du prochain : Quæcumque vullis ut faciant vobis homines, et vos facite illis®. Il n’y à là aucune pétition de principe *.

11 Cor., xin, 5. Sunt quædam facta media quæ ignoramus quo animo fiant, quia et bono et malo fieri possunt, de quibus temerarium est jadicare, maxime ut condemnemus. $. Aug., De Serm. Dom. in monte, 1, 60. — ? Matth., vir, 1-5. — 3 Eccli., xxxr, 18. — # Quis enim fur æquo animo patitur furem? S. Aug., Conf., 11, 4. — 5 Matth., vu, 12. Non ait : Quidquid cupitis. $S. Aug., de Civ., x1v, 8. Voluntas enim non est nisi in bonis. In malis cupiditas dicitur, non voluntas. De Serm. Dom. in monte, 11, T4. Cf. Job., 1v, 16; Eccli., xxr, 16. —9S,. Franc. de Sal., Vie dévole, III, xxxvi.

n° 296] SA VIE PUBLIQUE. — SES DISCOURS. 439

3° CONCLUSION, vit, 13-27.

295. — Quand le Sauveur dit qu'il en est peu qui prennent la bonne voie, vu, 13, 14, a-t-il en vue les hommes de son temps auxquels l'Evangile est annoncé, ou bien le genre humain en général, c’est-àdire les adultes de tous les temps et de tous les lieux?

On ne voit rien qui restreigne les maximes du Sauveur au temps ou au lieu où il les prononçait, et nous les voyons allégués indifféremment à toutes les époques, par les Pères de l'Eglise et les Docteurs ‘. Ce n’est pas à dire que toujours et partout, dans l’intérieur de l'Eglise comme au dehors, la plupart des adultes se perdent. Pour avoir droit d’aftirmer ce fait, il faut se placer, comme Notre Seigneur le fait ici, devant la totalité des hommes. Sur le nombre des élus, comme sur l’époque de la fin du monde, ce divin Maitre n’a jamais voulu rien préciser. Lorsqu'on lui demande : Si pauci sunt qui salvantur ?, il se contente de répondre : Contendite intrare per angustam portam *. Ne suffit-il pas en effet de savoir ces deux choses : qu’il dépend de chacun de se sauver, mais que, pour arriver au salut, il faut passer par la porte étroite et marcher dans le sentier le moins

large ?

* 296. — Quels sont les faux prophètes dont parle Notre Seigneur et Prof WP comment veut-il qu'on les reconnaisse, vir, 15-18?

1° Notre Seioneur entend par faux prophètes tous ceux qui s’arrogent, sans aucun titre, le droit de parler au nom de Dieu, et qui donnent l’erreur pour la vérité *.

20 Il recommande de ne pas s’en rapporter aveuglément à leurs paroles, mais de considérer leur vie et celle de leurs disciples, ou de juger des arbres par leurs fruits. C’est le meilleur parti pour la multitude, incapable d'apprécier la doctrine en elle-même. Les imposteurs n’ont pas coutume

1 Vide contra pauca grana quantam paleam leves. S. Aug., {n Ps. cxxix, 3. Cf. Eccli., xv1, 3 ; xxr, 10; Matth., xvur, 14: xx, 16; I Joan., v, 19. S. Th., p. 1, q. 23, a. 7, ad 3. — 2 Luc., xur, 23. — 3 Cf. Matth., vu, 43, 14; 1 Pet., m1, 14. — # Matth., x, 41 ; xux, 57; xx, 34; XX1V, 5, 24; Luc., xt, 49; II Pet., 1x, 4. Cf. Matth., vir, 22.

440 JÉSUS-CHRIST SELON: L'ÉVANGILE. [N° 297 de propager la vertu. En matière religieuse surtout, l’erreur ne manque guère de produire le vice, et si le maître réussit à se cacher, son disciple le trahit : Quod in radice celatur, declaratur in ramis *.

3° En comparant les hommes à des arbres. Notre Seigneur ne nie pas que l’être raisonnable nait des facultés qui l’élèvent au-dessus du végétal. On n’a donc pas droit de conclure de sa comparaison que nous n’avons aucune liberté, qu’il ne dépend pas du juste de faire mal ou du pécheur de recouvrer la grâce, de faire des œuvres de salut, de se rendre tel qu’il désire *. Tout ce qui résulte de ses paroles, c’est que le juste ne fera le mal qu’en devenant mauvais, et que le pécheur ne fera de bonnes œuvres qu’en devenant bon *. On peut dire encore que tout ce qui est de nature à produire de bons effets est bon, et qu’une institution qui n’a d'elle-même que d’heureux résultats ne peut être mauvaise‘. Appliquez cette maxime à lévangile, à ses dogmes, à sa morale.

291. — Que signifie cette réflexion de l'Evangéliste : Erat docens sicul potleslatem habens 5, vu, 29?

Cette réflexion de S. Matthieu explique l'impression que la parole du Sauveur produisait sur le peuple et l’admiration qu’il inspirait à la foule. » On voyait en lui, dit l'Evangéliste, autre chose qu'un docteur ordinaire, qu’un interprète de la loi. Il ne disait pas, comme les prophètes : Hæc dicit Domius. Il ne recourait pas à la discussion, au raisonnement, au témoignage des hommes, comme les scribes et les pharisiens. Il ne se bornait pas à répéter ce qui avait été dit et à recommander les pratiques reçues. Il parlait en son

1 $S. Aug., in Ps. 11, 12. Brev., Fer. IV post Cineres, lect. 11, 1. — 2 Hoc ubique observandum est, ut similitudines non universim accipiantur, sed quod in illis opportunum est et ad quod declarandum assumptæ sunt, oportet scligere, reliqua vero omnia missa facere. S. Chrys., In Rom., Hom., xvi, 8. —% Matth., x11, 33. Sic potest dici : Non potest nix ficri calida. S. Aug., De Serm. in monte, 11, 19. Mutet cor, et mutabitur opus. Conf. Adimant., 26.— CF, Gal., v,19-23.— 5 Cf. Eccles., vnr, 4,

N° 298] SA VIE PUBLIQUE. — SES DISCOURS. Ah

propre nom, avec indépendance et avec empire; et l’on sentait qu'il avait droit de parler ainsi. »

En effet, qui ne le sent encore? Si simple et si modeste que soit son langage, le divin Maître ne permet pas la discussion. Il juge, définit, ordonne : Ego autem dico vobis… Est, est; Non, non‘. Ses paroles convainquent l’esprit et pénètrent l’âme, sicut stimuli etquasi clavi in altum defiri a pastore uno?. Ab uno magistro, solo docendis tantis rebus idoneo *. Nul ne peut méconnaître le Docteur suprême et le Juge souverain qui prononce et qui prescrit. À moins de se révolter contre lui, il faut baisser la tête et recevoir son joug. Les âmes droites et dociles l’acceptent avec joie *.

298. — Ce discours ne confond-il pas souvent le conseil avec le précepte et la perfection avec le devoir?

On ne peut pas dire que le Sauveur confonde le conseil avec le précepte, en ce sens qu’il donne jamais l’un pour l’autre. Seulement il ne s'arrête pas à les distinguer, et assez souvent il laisse douter s’il commande ou s’il conseille. Mais est-ce un défaut dans cette instruction? Le divin Maître n’est pas, comme un théologien, en présence d’un auditoire instruit, qui demande à connaître avec précision l’étendue et la limite du devoir; c’est un prédicateur qui exhorte en même temps qu'il instruit. Il s'adresse à des âmes simples et ferventes qui l’écoutent avec docilité. Il parle à leur cœur bien plus qu’à leur esprit, et il s'efforce de leur inspirer l’amour de la sainteté. Lui-même compare ses paroles à des grains de froment, à des semences de vertu destinées à germer, à croître, à fructifier ÿ. Ce n’est donc pas seulement le devoir, c'est toute la morale chrétienne, c’est le code même de la perfection qu’il développe. Estote perfecti, dit-il. Luceat lux vestra coram homnibus ‘|

1 Matth., v, 22, 28, 32, 39; wir, 22-21. — 2 Ecclir, xn, 11. — 3 S. Aug, De Serm. Dom. in monle, 1, initio, — # Omnis populus suspensus erat, céexpeuuro, audiens illum. Luc., x1x, 48. Cf. Joan., 11, 31; vit, 46; vut, 41. Bossuet, Médil. Dern. sem. 2° jour, — 5% Matth., v, 16. — 6 Luc, vi, 5, 11.

ne) JÉSUS-CHRIST SELON L'ÉVANGILE. [n° 299:

Qu'on ne s'étonne pas davantage, s’il use d’hyperboles, de figures oratoires, si toutes ses paroles ne peuvent être entendues bien rigoureusement, s’il faut en prendre l'esprit plutôt que la lettre. Tel est notre langage, quand nous cherchons à parler aux cœurs, quand nous voulons toucher. Puisqu’il s’est fait homme, et qu’il s’adresse à des hommes, le Fils de Dieu ne doit-il pas parler le langage des hommes, c’est-à-dire s'exprimer comme tout autre le ferait dans les mêmes circonstances, pour rendre les mêmes pensées et produire les mêmes effets ! ?

Cela n'empêche pas que ce discours ne se ressente de son origine et ne porte, au plus haut degré, l'empreinte de son auteur. Toutes les grandes âmes y ont trouvé une lumière, une élévation, une pureté, un calme, qui ne sont pas de l'homme. « Pour moi, écrit le P. Gratry, je ne puis m’empêcher de dire que plusieurs fois dans ma vie, j’ai vu Dieu dans ces pages : mes larmes d’admiration les ont mouillées, et mes baisers d’adoration les ont usées. »

Discours aux Apôtres sur leur vocation. Matth., 1x, 36-x, 42.

* 299. — Quand Notre Seigneur s'attendrissait sur l’état des âmes, ne considérait-il que les populations dont il était entouré dans les campagnes de la Galilée?

Quand le divin Maitre s’attendrissait ainsi sur l’état des âmes et qu'il gémissait de voir si peu d'ouvriers à la moisson du Seigneur *, on pouvait croire que sa pensée se bornait aux populations qu’il avail sous les yeux; mais elle allait plus loin que son regard : il n°y à pas de doute que le monde entier ne fût présent à son esprit et l’objet de sa compassion. Aussi une grande partie de ses avis s’appliquent-ils moins à la mission qu’allaient entreprendre les Apôtres qu'à celle qu’eux-mêmes ou leurs successeurs accomplirent plus tard ?. Si triste que fût l’état des âmes en Judée, c'était encore la seule contrée où le vrai Dieu fût

1 Nonne talibus locutionibus humana plena est consuetndo? An aliter nobiscum quam nostro more erat locuturus? S. Aug., Cont. Faust., xxx, 7. — ? Matth.,1x, 86-38. Cf. Joan., 1v, 34-38, — 3 Matth., x, 16-31.

connu. Au dehors, tout était Dieu, excepté Dieu même; rien n’était oublié, sauf l'essentiel, le salut, la vie éternelle. N'est-ce pas encore aujourd’hui, malheureusement, l’état de la plus grande partie du genre humain ? Sur un milliard et demi d'hommes qui peuplent le globe, près d’un milliard ignorent Jésus-Christ et ont à peine quelque notion de Dieu. Sur quatre cents millions de chrétiens, plus d’un tiers sont rebelles à l'Eglise et ont perdu la vraie foi. Et même dans les pays les plus catholiques, combien qui vivent en infidèles et qui meurent dans le péché, faute d’assistance extérieure et d'ouvriers apostoliques ‘ !

300. — Ce discours est-il bien différent du Sermon sur la montagne?

Ce discours s'adresse à un autre auditoire que le précédent; il a un autre objet; mais son importance n’est pas moindre. Comme le discours sur la montagne est le code de la morale chrétienne, celui-ci est la règle de la perfection sacerdotale et apostolique. C’est la partie la plus précieuse et la plus féconde de la morale évangélique. Chaque verset rappelle au lecteur mille traits héroïques de la vie des Apôtres ou de l’histoire ecclésiastique; et qui eût bien compris ces maximes et eût réfléchi à la vertu toute-puissante qu’elles portaient en elles, eût vu dès lors dans l’avenir les prodiges de zèle, d’abnégation, de courage auxquels le monde doit sa foi. Aussi les rationalistes ne manquent-ils pas de dire que ces maximes ont été inspirées à l’auteur du premier évangile par la vie des Apôtres, surtout par celle de S. Paul, qu’il connaissait ; comme s’il avait été plus facile

1 Ce qui reste à faire ne doit pourtant pas nous fermer les yeux sur ce qui est fait et sur ce qui se prépare. La France à elle seule, n’a pas moins de deux à trois mille de ses prêtres dans les travaux des missions, sans compter les frères et les sœurs qui les secondent. « Si l’on observe la marche générale de la civilisation sur le globe, on ne pourra guère douter que le christianisme ne parvienne à dominer le monde. Déjà l'Europe et l'Amérique lui appartiennent. L’Asie est entourée de tous les côtés. L'Afrique elle-même commence à s'ouvrir. On peut regarder ce merveilleux spectacle avec sécurité. Le dénouement ne saurait être douteux. » Barth, de Saint-Hilaire. Journal des savants.

L4% © JÉSUS-CHRIST SELON L’ÉVANGILE. [n° 304 de les pratiquer que de les concevoir et de les annoncer.

On distingue trois parties dans ce discours. — La première comprend divers préceptes relatifs à la première mission des Apôtres, x. 5-14. — La seconde a pour objet celle qu’ils auront à remplir après la venue du Saint-Esprit, 16-23. — La troisième s'applique à toutes les missions qui doivent avoir lieu jusqu'à la fin des temps: elle est pleine d’encouragements et de promesses, 24-42. La distinction des parties est marquée par la répétition de cette formule d’affirmation, familière à Notre Seigneur : Amen dico robis.

10 Pour la mission actuelle en Galilée, x, 5-15.

301, — Que signifie ce verset : Infirmos curate; morluos suscitate dæmones ejicile; gralis accepislis, gratis date, 1,18 1?

10 Par les premières paroles, Notre Seigneur communique à ses envoyés le pouvoir de faire les mêmes miracles que lui, cauetx, de guérir les malades, de ressusciter les morts, de chasser les démons ?. Par là, il montre qu’il n’est pas seulement un thaumaturge et un prophète, mais le maitre des thaumaturges et des prophètes *; il donne à ses Apôtres le moyen le plus convaincant de prouver la vérité de leur prédication, et il rend sensibles et croyables ies grâces que ses ministres auront bientôt à conférer aux âmes.

2° Par ces derniers mots : Gratis accepistis, gratis date, le Sauveur défend aux Apôtres de trafiquer de ces pouvoirs ou d'en tirer aucun profit temporel *. Il n’entend pas, sans doute, qu’ils manquent du nécessaire, ou que le soin de leur subsistance les détourne des travaux du ministère. Son intention ést que les disciples subviennent à l'entretien des maitres, ou que les ouailles pourvoient aux besoins dé leurs pasteurs ”; et il ne manquera jamais de mettre cette dispo-

1 Matth., x, 8. — ? Virtutem calcandi supra serpentes et scorpiones. Luc., x, 19. —3 Multa enim distantia est inter habere et tribuere, donare etaccipere. S. Hieron., {n hunc loc. — + Cf. Act., vur, 20; xx, 33; I Tim., in, 8; Il Pet., 11, 15; Jud., 16; IV Reg., v, 16; Dan., v, 17. — 5 Matth.,

sition dans le cœur des fidèles ‘. Mais ce à quoi il tient surtout, pour l'honneur du sacerdoce et pour le bien des âmes, c’est qu’un ministère de charité ne devienne jamais un moyen de lucre; c’est que ses représentants aient dans le cœur et montrent en leur conduite l’esprit de générosité dont il a donné l'exemple et que les infidèles admiraient dans le Pére

des croyants ?.

* 302. — Les recommandations de Notre Seigneur aux Apôtres s’adressent-elles aussi à leurs successeurs ?

Plusieurs de ces recommandations n’avaient pour objet que cette première mission; par exemple :

1° Celle de ne pas s'adresser aux Samaritains et aux Gentils. Il convenait, dit S. Thomas, que lEvangile fût proposé d’abord à l’ancien peuple, et que les infidèles fussent amenés à la foi par les descendants d'Abraham *. D'ailleurs le Sauveur devait ménager les prétentions de ses compatriotes à l'égard des païens, et ne pas exposer prématurément ses Apôtres aux emportements de la Synagogue. Mais il ne faisait que différer l’exécution de ses desseins; car il n’est pas douteux qu’il ne destinât dès lors sa religion au monde entier. Il avait assez fait voir qu’il ne partageait pas les préjugés de sa nation contre les étrangers, et qu’il n’excluait personne du royaume de Dieu *.

2° La pratique qu'il leur impose d’une pauvreté absolue. Plus tard, quand il les enverra parmi les Gentils, il ne leur demandera plus à eux-mêmes un dénûment aussi complet ’; mais ce premier début leur aura appris quel est l'esprit de

Le ME NEuc ele Cor nee 11-15 CGT, 16 Cf IVERer, ivawA 0.

Acta vx, 2PDil 0 29 M0 AG Het EP AGen, x, 24-28. Cf. Luc., 1x, 58; II Cor., vux, 9; S. Thom., 22-28, q. 185, a. 6, — 3 Sjc in cœlesti bierarchia per superiores angelos ad inferiores divinæ illuminationes deveniunt. S. Thom., p. 3, q. 42, a 1. Cf. ACt., xIm, 46, 41; Rom., xv, 8. — # Matth., vin, 10-12; Luc., vir, 4-10; 1x, 52-56; x, 30-37; xun, 29, xvur, 16. Cf. Matth., xx, 38; xx1v, 14; xxvinr, 19; Marc., xvi, 45; Act., 1, 8; xiu, 4, 6; Rom., xv, 8. — 5 Luc., xxu, 35,186 Joan. ex111:129)

leur vocation et jusqu'où ils doivent porter leur confiance en la Providence, avec leur fidélité à s’occuper uniquement des intérêts de leur divin Maitre *.

303. — Ce que le Sauveur dit en $. Matthicu : Neque calceamenta, neque virgam, x, 10, est-il contraire à ce qu'on lit en S. Marc : Calcealos sandaliis.… et vrgam tantum, vi, 9?

Le désaccord entre $. Matthieu et S. Marc n’est qu’apparent, ou plutôt il n’y a de différence que dans les expressions. D’un côté comme de l’autre, la pensée du Sauveur, cest que ses Apôtres partent sans retard pour leur mission qu'ils comptent sur sa Providence pour subvenir à leurs besoins, qu’ils se gardent de toute hésitation et de toute défiance, qu'ils ne perdent pas de temps à s’équiper pour le voyage, ou à visiter leurs amis sur la route *. « Partez surle-champ, leur dit-il, dans l’état où vous êtes. Ne prenez ni argent, ni vivres, ni vêtement. Partez comme des envoyés de Dieu qui mettent toute leur confiance en celui qui les envoie, comme partit Jacob, èn baculo suo *, n'ayant pour lui que la protection du Ciel. Contentez-vous de la chaussure que vous portez, du bâton que vous avez à la main, et même, si vous n’en avez pas, ne vous en mettez pas en peine; n’en cherchez pas : Mn xsr0r00e, nolite comparare *. » Cette recommandation est rendue diversement par les Evangélistes. Les uns saisissent un trait dans les paroles du Sauveur, les autres un autre; mais au fond l’idée est rendue par tous. Or, doit-on leur demander autre chose? Nihil aliud quærendum, dit S. Augustin, quam quid velit ille qui loquitur ÿ.

1 Cela suffit d'ailleurs pour recommander les Ordres mendiants et les missions à l'extérieur. Quis hoc mandaret, nisi qui corvos alit et flores agri vestit? Tert., Adv. Marc., 1v, 21.: Cf. Luc., 1x, 23; 1 Cor.,.4,85; I Thess., 11, 9; S. Thom., 222€, p. 185, a. 6, ad 2, et p. 3, 4:40, a.3. — ? Luc., x, 5. Cf. 1V Reg, 1v, 29. — 3 Gen., xxxn, 10. — # Matth., x,,10. — 5 S. Aug., de Consensu evang., Il, 2, 3. Non mentitur quisquam, si alius verbis dixerit quid alius voluerit, cujus verba non dicit; nec miseri aucupes vocum apicibus litterarum putent ligandam esse veritatem.

Il, 67. Gavenda est sophistica. De doct. christ., 11, 31. Cf. Cont. Faust., xx, 8; Con, Adimant., n, S. Hieron., in Amos, v, 25; Epist. Lvur, 6.

Les interprètes qui ont cherché plus minutieusement à mettre daccord les paroles des Evangélistes, distinguent les sandales, qu'on portait ordinairement, de la chaussure de voyage, et la baguette, dont le voyageur s’aide en marchant, du bâton qu’on prenait en cas de péril pour se défendre. Mais ces distinctions ne paraissent pas nécessaires. Il suffit de ne pas pointiller, comme disent les saints Docteurs ‘.

20 Pour la mission prochaine des Apôtres dans le monde, x, 16-23.

* 304. — Comment les Apôtres devaient-ils joindre la prudence du serpent à la simplicité de la colombe, x, 16?

Les serpents fuient au moindre bruit et se dérobent promptement au péril. Ainsi les Apôtres devaient fuir tous les dangers, ceux de l’âme d’abord et ceux du corps ensuite, sans jamais opposer la force à la force. C’est ce que faisaient les premiers chrétiens, qui se retiraient dans leurs catacombes à la première annonce de la persécution. Remarquez que Notre Seigneur dit serpens, reptile. Il ne parle pas de vipère : genimina viperarum *. Néanmoins, on pourrait penser que les serpents représentent ici comme en beaucoup d’endroits les méchants, ou l’esprit mauvais qui les inspire; de même que les colombes sans fiel et sans malice représentent les âmes droites et Esprit saint qui habite en elles*. Alors le sens serait : Prenez de vos ennemis ce qu’ils ont de bon : leur prudence, leur circonspection naturelle ; mais joignez-y la simplicité toute céleste que donne la divine grâce.

Cavete ab hominibus, ajoute le divin Maître. Dès ce moment, il a soin d’accoutumer peu à peu les Apôtres à l’idée des persécutions qui leur sont réservées. Il veut qu’ils s’y préparent, qu'ils affermissent leurs résolutions, qu’ils ne soient pas surpris.

1 Supra, n. 281. — 2? Matth., xx, 33. Brev. rom., 11 Jun., lect. vir-

1x. — 3 Simplices, axepatou, non altéré ni falsifié par aucun mélange. Simplicité est opposé à duplicité, fourberie, mensonge.

303. — Les prédictions de Notre Seigneur sur l'accueil que le monde fera aux Apôtres, x, 16-22, se sont-elles accomplies?

Les prédictions faites par Notre Seigneur en cette circonstance! se sont accomplies avec tant de précision que, s’il n’était constant que cet Evangile est antérieur à la ruine de Jérusalem, et antérieur de vingt à trente ans, comme l’affirme Eusèbe, on ne manquerait pas de dire que ce passage a été écrit après les premières persécutions.

Les Apôtres ne se sont-ils pas conduits comme des brebis au milieu des loups, et n’ont-ils pas été traités de même? On a créé un mot nouveau pour exprimer leur souffrances et leur courage; car le nom de martyr n'existait pas, ou du moins il n'avait pas sa signification actuelle, quand Jésus- Christ disait qu’il deviendrait le leur?. Si l’un d'eux à échappé à la mort violente, ç’a été par miracle et sans se dérober au supplice. Le Sauveur avait annoncé que ses disciples seraient odieux au monde entier, et qu’on se ferait un mérite de le persécuter : Eritis odio omnibus, 22. Du temps même de S. Paul, tout le monde semblait liguëé pour les combattre, Avant la fin du siècle, Tacite écrivait dans ses Annales que le genre humain voyait dans les chrétiens des ennemis acharnés, odio generis humanti convicti.…, per flagibia invisi*; et l’on ne peut douter que le monde n’eût dès lors pour eux toute la haine qu’il leur attribuait pour Jui. Le Sauveur avait dit qu'ils seraient haïs et persécutés à cause de son nom : Propter nomen meum;: et c’est un fait qu'il suffisait de porter le nom de chrétien pour être dévoué aux supplices, «comme il suffisait d’y renoncer pour être absous et comblé d’éloges : Mors, nominis pretium, disait Tertullien. Christiani, destinatum morti genus$. Répudiés

1 Cf. Joan., xvi, 2, 4, 22. — 2 Act., 1, 8, 22. Cf. Matth., x, 18: Luc. XxIV, 48; Joan., xv, 21. — 3 Act., xx1r, 20; xxvinr, 22-31; Apoc., 1x, 13. — ! Tacit., Ann., xv, 44 (ann. 100-110) ; et Hist., v, 5 (ann. 116-120). Au lieu de convicli, des manuscrits portent conguncli. — 5 Flagitia cohærentia nomini. Plin. jun., Epist. x, 91. Cf. Act., xxvur, 22; I Pet. 11, 12, — 6 Tert., Apolog., 2, 4, 1, 8, 39, 40. Hæc est revera ratio totius

odii vestri adversus nos. Ad nation., 1, 3, 1, 16. Ps. cxxvut, Joan. x y, 215 ACT te MES PEt MALE

par leurs familles, dénoncés par leurs proches, ils se voyaient trainés à tous les tribunaux, condamnés par tous les juges, flagellés par les Juifs, égorgés par les Gentils !, velut bestiarios ?. Pas d’infamie qu’on ne leur imputât#. Pas de torture qu’on ne leur fit subir‘. Dans la seule ville de Rome, Néron en fit mettre à mort une multitude immense, ingens multitudo$, pour détourner de lui un affreux soupcon. Néanmoins, on ne cessa pas de trouver des chrétiens, et les chrétiens ne cessèrent pas de rendre témoignage à Jésus- Christ avec une constance et une sagesse évidemment surnaturelles$. La crainte de Dieu les rendit supérieurs à toute crainte humaine, 28. Ce grand fait, qui a pour monuments le Mar-

1 Tertull., De pudicit., xv; I Cor., 1v, 9. — 2 Matth., 1x, 11, 21. — 3 Matth., x, 25, 26. S. Justin., 1° Apol., 4; Cf. Tacit., Ann., xv, 44; Sueton., Nero, 16; Pline, Epist. x, 91. — # Cf. I Cor., 1v,5; S. Justin., 001,041, 26, 99:01, 12-1%;0Dial.; A0, 17, 108 410, 131: Epist. Fecl. Lugd., 14; Minutius Felix, Octav., 12, 37. Quintilian., Decl., 1x, 6; Brev. rom., Com. Mart., 39 loco, lect. virr. — 5 Tacit., Ann., xv, 44. — 6 Matth., x, 18-20 ; Joan., x, 24, 25 ; Apoc., vir, 9. Ecclesia persecutionibus crevit, martyriis coronata est. S. Hieron., Epist. Lxxxrr, 10, Exitialis superstitio repressa in præsens, rursus erumpebat, non modo per Judæanm, sed per urbem etiam. Tacit., Ann., xv, #4. Socrate, dit S. Justin, n'a jamais eu de disciple qui voulüt mourir pour lui : Jésus-Christ à une foule de témoins, artisans et hommes de lettres, qui soutiennent sa doctrine jusqu'à la mort, sans se laisser arrêter par les préjugés ni par les menaces. ZE Apol., x. Un chrétien, disait Origène (nous pourrions encore dire un missionnaire), donne plus facilement sa vie pour Jésus-Christ qu'un philosophe ne donnerait pour quoi que ce soit un pan de son manteau. Conf. Cels., vir, 39. Tanquam apes ad alvearia, sic illi ad martyria. Julian. Apostala. Si computetur unus dies passionis Martyrum, millia hominum inveniuntur coronatorum. S. Aug, Serm. cour, 3. S. Chrys., Hom. xr, In Invent. Mart., Euseb., E.,1v, 11; vi, 41; vu, 50; vu, 12; 1x, 10; Dictionn. de mystiq. chrét., Martyrs. — 7 Martyr d’une chrétienne, tracé sur une pierre de jaspe, de C. W. King, et donné communément comme une œuvre du quatrième siècle. La colombe est le symbole de l’âme qui va monter au ciel: le monogramme du Christ rappelle que Jésus-Christ veille sur ceux qui confessent son nom. Act., vi, 56. Gravée peu de temps après les persécutions, cette gemme pourrait être un souvenir de famille, porté par les parents de quelque martyre. On ignore ce que signifient les initiales A. N.F T.

Page 1