SUR LES DISCOURS DU SAUVEUR EN GÉNÉRAL
360, — D'où vient le charme attaché aux discours du Sauveur?
Le charme toujours nouveau qu’on trouve dans les discours du Sauveur vient de ce qu’ils sont bien tels que doivent être ceux d’un Dieu fait homme, de ce qu’on y reconnait, dans le fond comme dans la forme, l'esprit et le cœur du Verbe incarné : son esprit avec sa sagesse et ses lumières, son cœur avec sa sainteté et son amour.
I. Si l’on considère le fond ou la doctrine, on y trouve exprimées, dans le moins d'espace possible, les pensées les plus hautes, les plus justes, les plus pratiques sur Dieu et les choses divines, sur l’homme et sa destinée, sur la vie présente et la vie à venir, sur le devoir et sur la perfection *. Les maximes n’ont rien de vague, rien d’oiseux, rien de commun. Elles sont si vraies qu’il est impossible d’en contester aucune, si neuves que nul ne les entend la première fois sans étonnement, si belles qu’on ne peut les oublier quand on les a une fois entendues. Pas une parole qui ne tende à élever l’âme et à la sanctifier, qui ne soit pleine de
1Ego Dominus Deus tuus, docens te utilia. [s., xzvur, 17. Cf, Matth., Nr 226xr, 2x, 26 x VI 026.
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lumière, de grandeur, de pureté, de sainteté : Quæcumque vera, quœcumque pudica, quæcumque justa, quæcumque sancta, quæcumque amabilia ‘. Aussi est-ce le trésor des âmes pures, Valiment de prédilection des cœurs nobles et droits, de tous ceux qui ont faim et soif de la justice et de la vertu. Heureux, disait le Sauveur lui-même, ceux qui entendent ces paroles ?! Ils apprennent à connaître Dieu et tout ce qu’on peut savoir de Dieu sur la terre.
IL. Si l’on envisage la forme, on trouve dans ce langage des beautés incomparables.
1° Un naturel, une netteté et une simplicité inimitables. Pas le moindre appareil oratoire. Rien qui sente l’art, la recherche, l'effort. Les lèvres parlent de l'abondance du cœur. Plus l’objet est sublime, plus le langage est calme, et l'expression facile à saisir, sans devenir pourtant vulgaire ni banale. Jamais le Maître ne fait effort, et jamais il ne s’'épuise. C’est bien là le Verbe incarné, le Dieu fait homme pour devenir la lumière des hommes, le guide descendu du ciel pour nous en montrer le chemin, la charité infinie qui accommode ses enseignements aux besoins de tous les esprits et qui cherche, non à ravir l'admiration, mais à éclairer, à être utile. Les plus savants l’admirent et les enfants même lentendent.
2° Une onction toute céleste. Ses discours coulent de l’abondance de son cœur, aussi sont-ils pleins d’attraits. Sans cesse il répète que Dieu nous aime, qu’il est notre Père, qu'il veut du bien à tous; et l’on sent que lui-même déborde de charité, qu'il n’aspire qu'à nous rendre bons et heureux. Il a soin de présenter la loi sous le jour le plus agréable. C’est la bonne nouvelle : c’est le royaume de Dieu, le salut; c’est le moyen que le ciel nous offre pour nous relever, nous ennoblir, nous rendre parfaits *. Jamais un mot impérieux, si ce n’est contre le démon et ses suppôts. C’est par exhortations, par conseils, par d’affectueuses insinuations qu’il procède et qu'il attire les âmes à lui. « Venez à moi, dit-il, vous qui avez
1 Phil, 1v, 8. — ? Luc., x, 24. —3 Cf. Matth., v, 44, 45, 48; vi, 4; 1x, M2, A9 EU EVE DE Joan MA 28